Spider-Man : Brand New Day : la meilleure réalisation de l’ère Tom Holland

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Tom Holland est de retour dans la peau du tisseur de toiles depuis mercredi, dans nos salles. Il faut le dire : Destin Daniel Cretton frappe fort et signe l’une des meilleures réalisations Marvel de ces dernières années, et surtout le meilleur film Spider-Man avec Tom Holland en tête d’affiche. La production comporte tout de même quelques défauts : voici notre analyse complète de Spider-Man : Brand New Day. Attention, cet article contient des spoilers.

Un Peter Parker plus seul que jamais

Après les événements de No Way Home, Doctor Strange avait lancé un sort pour que plus personne ne se souvienne de l’identité secrète de Spider-Man — y compris les personnes les plus proches de Peter. Ce dernier, qui avait déjà perdu sa tante dans un affrontement tragique, perd alors ce qui lui restait de plus cher : ses amis, mais aussi ses collègues super-héros.

C’est un Peter Parker solitaire que nous retrouvons dans Brand New Day. Il vit sous les combles d’un immeuble, où il a installé son laboratoire. C’est là qu’il développe de nouveaux gadgets et prépare ses missions pour combattre le crime dans les quartiers de New York. Seul, il passe son temps à arrêter les méchants ; son unique contact avec le monde extérieur reste la détective Jean DeWolff, avec qui il échange régulièrement sur les affaires criminelles en cours.

Alors qu’il tente d’empêcher une attaque contre une prison de haute sécurité où sont détenus de grands criminels comme Scorpion, il fait la rencontre d’un ennemi bien particulier. Ce dernier agit dans l’ombre et est capable de contrôler les esprits à distance — un pouvoir redoutable qui met le tisseur à rude épreuve, jusqu’à ce que son adversaire mette la main sur son identité secrète. Les proches de Spidey se retrouvent alors de nouveau en danger.

Ébranlé par cette révélation, par la solitude et par cet acharnement contre le crime qu’il mène sans relâche, Peter voit son ADN muter. Sa santé mentale et son isolement finissent par avoir un impact sur son physique, ses pouvoirs et sa vie tout entière. Spider-Man devra alors mener l’enquête et trouver une réponse à cette mutation soudaine, afin de sauver New York — et de ne pas sombrer lui-même dans les ténèbres.

Un scénario prenant, mais quelques longueurs dans la résolution

On retrouve ici un scénario qui nous tient en haleine : la première partie du film est clairement l’une des meilleures adaptations de comics book de ces dernières années. Le réalisateur ne prend pas les spectateurs et spectatrices par la main, et l’on comprend que Spider-Man a vécu toute une vie entre-temps, à travers quelques scénettes et discussions avec d’autres personnages. On pense notamment au Punisher, qu’il a sauvé par le passé et avec qui il va tenter de faire équipe. L’alchimie fonctionne très bien entre les deux : une affiliation presque paternelle se dégage, même si Frank Castle préférerait envoyer tout le monde six pieds sous terre plutôt que de les arrêter. Cela donne lieu à des scènes touchantes et drôles, sans jamais tomber dans le surplus d’humour comme certaines productions MCU de ces dernières années — coucou Thor: Love and Thunder.

En revanche, certaines parties du scénario sont un peu trop expéditives et auraient mérité davantage de temps à l’écran. Je pense notamment à la résolution des mutations de Peter, ou encore à la résolution finale de l’intrigue.

Ce qui me dérange également, c’est la scène finale : Peter entre dans un commerce et se retrouve face à Ned (qu’il avait déjà croisé plus tôt dans le film, avec et sans son costume). Il vient le saluer, se présente sous le nom de Peter, lui serre la main et amorce leur check habituel. Ned s’en souvient presque naturellement, le regarde dans les yeux et dit : « Peter. » Comme s’il se souvenait de qui il était. J’espère que cette réaction fait simplement écho à une autre scène du film, où Ned apprend que le prénom de Spider-Man est Peter — plutôt que de suggérer qu’il se souvient complètement de Peter Parker. Car tout au long du film, aucune résolution magique n’est apportée à ce sort lancé des années auparavant. Cela donne d’ailleurs lieu à des scènes assez dures, où Peter se confie à MJ sur leur relation passée : il lui avoue qu’il l’aime, mais elle ne se souvient de rien — elle n’a aucun souvenir, il est un parfait inconnu pour la jeune femme. Je trouve que cette toute dernière scène vient un peu gâcher ce choix scénaristique.

Une réalisation qui redonne ses lettres de noblesse à Spider-Man

Le point fort de ce film, c’est indéniablement sa réalisation. Depuis l’arrivée de Tom Holland dans le rôle de Spider-Man, je n’avais pas été pleinement comblé par les productions du tisseur. J’adore Tom Holland, mais je trouvais que les films n’étaient pas à la hauteur. Avec cette dernière production, j’ai retrouvé une partie de ce que j’avais ressenti en découvrant The Amazing Spider-Man au cinéma.

Les plans de voltige sont sublimes, et c’est précisément ce qui fait l’âme d’un film Spider-Man : on chute, on vole, on virevolte aux côtés de Tom Holland. Les plans sont magnifiques ; on passe du plan large au plan serré, puis à la caméra embarquée, pour un résultat ultra immersif. On le ressent dès les premières minutes : l’un des tout premiers plans montre Spider-Man installé à l’envers sur une poutre, mais filmé comme s’il était assis normalement — c’est New York, en arrière-plan, qui apparaît à l’envers. Juste incroyable.

Les scènes de combat sont elles aussi très intenses, et la réalisation se fait à nouveau grandiose, avec des plans magnifiques qui rappellent parfois les doubles planches des comics. Ceci dit, on peut relever quelques faiblesses : si certains effets spéciaux sont dignes d’un blockbuster récent, d’autres paraissent légèrement datés.

On peut également mentionner deux autres points forts : un Hulk vraiment impressionnant, ce qui fait particulièrement plaisir au vu du traitement infligé au personnage ces dernières années dans le MCU. Le combat final, bien qu’il n’affronte pas de méchant digne de ce nom, reste sympathique et surtout visuellement très réussi.

Un casting solide entre valeurs sûres et nouvelles recrues

Côté casting, on est bien servis. On retrouve la bande de Spider-Man habituelle, avec Zendaya en MJ et Jacob Batalon en Ned. D’autres personnages venus d’autres productions viennent agrémenter le scénario : Jon Bernthal, excellent comme à son habitude, campe à nouveau le Punisher. Mark Ruffalo revient sous les traits du docteur Banner pour aider Spider-Man à comprendre la mutation de son ADN — et sous ceux d’un Hulk particulièrement enragé ! Florence Pugh, quant à elle, apporte sa dose d’humour et de nonchalance pour aider le tisseur à enquêter sur les attaques visant le Damage Control.

On retrouve également de nouvelles têtes. Liza Colón-Zayas incarne la détective avec qui Spider-Man entretient un lien assez proche, qui s’apparente parfois davantage à une relation mère-fils qu’à une simple collaboration. Et enfin, Sadie Sink en Jean Grey : quand la révélation a eu lieu, des cris ont retenti dans la salle. Bien évidemment, si vous aviez suivi l’actualité ou si vous êtes fin connaisseurs et connaisseuses de l’univers Marvel, rien d’étonnant à cela. C’est bien elle, l’ennemie capable de contrôler les esprits à distance, que doit affronter Spider-Man dans ce nouvel opus.

Bien évidemment, Jean Grey n’est pas ici un personnage foncièrement méchant : elle est en quête de vengeance et tente de retrouver sa sœur. Ce sera d’ailleurs l’un des retournements du film — Peter comprendra alors que des organisations comme le Damage Control ne sont pas là uniquement pour le bien. Il s’agit de l’un des personnages les plus puissants de l’univers Marvel, et j’ai vraiment hâte de voir ce que cela va donner dans les futures productions du MCU.

Déjà convaincante dans la série Stranger Things, Sadie Sink reste fidèle à elle-même en incarnant une jeune femme en proie aux doutes, à la peur, et prête à tout pour retrouver l’être auquel elle tient le plus. C’est d’ailleurs sur ce point que la résolution finale pèche un peu : un simple discours dans l’esprit de Peter, porté par les paroles de sa tante May, finit par la convaincre de ne pas basculer du côté obscur.

Solitude, santé mentale et acceptation de soi

Une nouvelle fois, on retrouve un film qui aborde des sujets importants, se rapprochant un peu de Thunderbolts, qui traitait déjà de la santé mentale. Ici aussi, c’est un sujet récurrent : la solitude, le fait de s’épuiser à la tâche, de ne pas prendre de temps pour soi. Tout cela se manifeste à travers un Peter qui plonge dans le chaos, ce qui se répercute directement sur sa mutation.

C’est assez intéressant d’aborder le sujet de cette manière, ce qui amène ainsi vers d’autres thématiques : l’acceptation de soi, le fait de s’écouter et de se comprendre. Tom Holland incarne à la perfection ce Peter en transition, qui tente de sortir la tête de l’eau après les épreuves qu’il a traversées.

Une bande-son en retrait, le vrai point faible du film

Pour ma part, le gros point faible du film, hormis certains choix scénaristiques cités plus haut, c’est son OST. Rien de marquant ici, et c’est clairement dommage ! Cette dernière s’efface dans la production et se fait assez en retrait, ce qui inflige un léger manque d’émotion dans certaines scènes. J’ai pourtant tendu l’oreille pendant tout le film, mais aucun thème ne m’a marqué, que ce soit dans les scènes de combat ou dans les moments un peu plus émouvants.

Spider-Man : Brand New Day signe un retour en grande forme pour le tisseur incarné par Tom Holland. Destin Daniel Cretton livre une réalisation inspirée, portée par des plans de voltige à couper le souffle et une mise en scène qui rend enfin justice à l’âme du personnage. Le casting, entre valeurs sûres et nouvelles recrues comme Sadie Sink, tire brillamment son épingle du jeu, tandis que le film n’hésite pas à aborder des thématiques fortes comme la solitude et la santé mentale, en écho à d’autres productions récentes du MCU. La production n’est pas exempte de défauts : quelques raccourcis dans la résolution de l’intrigue et une bande-son trop discrète viennent ternir légèrement le tableau. Mais ces réserves ne suffisent pas à occulter l’essentiel : il s’agit sans doute du meilleur film Spider-Man de l’ère Tom Holland, et l’un des Marvel les plus réussis de ces dernières années. Reste maintenant à savoir comment Jean Grey et les enjeux soulevés par le Damage Control seront exploités dans la suite du MCU — une question qui, à elle seule, donne déjà envie de retourner en salles.

Points forts
Le meilleur film Spider-Man de l’ère Tom Holland

Une réalisation exceptionnelle : plans de voltige sublimes, mise en scène immersive

Le duo Spider-Man / Punisher : une alchimie réussie, presque paternelle, entre Tom Holland et Jon Bernthal

Des thèmes forts et bien traités : solitude, santé mentale, acceptation de soi

Un casting solide
Note de la rédac
8
Note de la communauté
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Le vote est réservé aux membres Premium 💜
Points faibles
Une résolution un peu expéditive : la mutation de Peter et le dénouement final auraient mérité davantage de temps à l’écran

Une bande-son en retrait : aucun thème musical marquant

Des effets spéciaux inégaux

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