Les OVNIs et les extraterrestres n’ont de cesse de fasciner l’humanité. Aberration pour certain·es, véritable eldorado de l’imaginaire pour d’autres, ces créatures venues d’ailleurs occupent depuis longtemps une place de choix dans nos salles obscures. Du film d’horreur destiné à nous faire frissonner, aux blockbusters de science-fiction et de catastrophe, servis à grand renfort d’effets spéciaux et de CGI, le sujet ne cesse de nous captiver. Mais au-delà du spectaculaire, certaines productions choisissent une approche plus sérieuse, plus intime, souvent basée sur des faits scientifiques ou des événements réels.
Et ces films-là, bien que plus discrets, sont parfois de vraies pépites, précieuses pour les amateur·ices d’ufologie et de récits authentiques. C’est précisément le cas de Valensole 1965, réalisé par Dominique Filhol, un cinéaste passionné qui a déjà signé plusieurs projets consacrés aux OVNIs et aux mystères de l’univers. Cette année, il revient avec l’un des cas les plus emblématiques de l’histoire française, un événement qui continue de diviser, d’intriguer et de passionner : l’affaire de Valensole. J’ai eu l’occasion de découvrir le film en avant-première, et je vous propose de plonger ensemble dans ce mystère qui, en 1965, a fait frissonner la France entière.
L’affaire de Valensole : une rencontre du troisième type made in Provence
Le 1er juillet 1965, dans le paisible village de Valensole, dans les Alpes-de-Haute-Provence, un agriculteur du nom de Maurice Masse entre dans la légende de l’ufologie française. Tôt le matin, alors qu’il inspecte ses plantations de lavande, il tombe nez à nez avec un engin ovoïde posé au sol et deux petits êtres humanoïdes à proximité. Selon son témoignage, l’un d’eux aurait pointé un objet sur lui, le paralysant temporairement, avant que les deux créatures ne réintègrent leur appareil et ne s’envolent dans un bruit sourd et une lumière intense.
Masse découvre ensuite au sol des traces étranges, comme des empreintes d’atterrissage, qui seraient restées visibles pendant des semaines. Considérée comme l’une des affaires d’OVNI les plus crédibles en France par plusieurs enquêteurs, elle a suscité l’intérêt du GEPAN et d’ufologues du monde entier.
Un drame humain porté par un récit fidèle aux faits
Le réalisateur Dominique Filhol a tenu à respecter l’authenticité de l’affaire. Le film, d’une durée de 1h30, nous plonge dans le quotidien bouleversé de Maurice Masse, qui décide de confier son expérience à sa femme, puis à un ami proche. Très vite, l’histoire se répand dans tout le village, avant de faire le tour de la France, puis du monde. Les journalistes affluent, les curieux·ses se pressent dans les champs de lavande, et la petite famille est rapidement dépassée par l’ampleur médiatique du phénomène.
La narration s’axe sur Maurice et ses proches, montrant avec subtilité les répercussions humaines et sociales de cette rencontre inexpliquée. Le film met en lumière les moqueries, les remises en question de la police, les enfants mis à l’écart dans la cour de l’école, et les interrogations sur l’intégrité de la famille, suspectée de vouloir attirer les touristes pour faire gonfler les profits. La tension est palpable, la pression médiatique oppressante, et l’intimité de la cellule familiale totalement mise à mal.
Un duo d’acteurs habité pour un film profondément humain
Dans Valensole 1965, Matthias Van Khache et Vahina Giocante livrent une performance saisissante, au service d’un drame ufologique à la fois intime et mystérieux. Les deux acteurs se donnent à merveille la réplique, ils sont très convaincants et, de ce fait, profondément touchants. Matthias Van Khache, qu’on a pu voir dans Brigade Anonyme ou Peur sur le lac, incarne avec intensité un Maurice Masse tourmenté par une expérience inexplicable. Dans son regard, on perçoit le désespoir, la colère et une forme d’amour désespéré, éléments qui donnent toute sa force à son personnage.
Face à lui, Vahina Giocante (La Jeune fille et la nuit, SKAM France) apporte une présence tout en finesse et en tension. Elle incarne l’épouse du protagoniste avec un mélange d’incompréhension, de pitié et de peur, qui reflète parfaitement le poids de l’époque et la solitude des témoins de l’étrange. Les émotions sont bien présentes et portent une réalisation soignée, qui fait la part belle aux silences, aux regards, et à la beauté inquiétante des paysages provençaux.
Une mise en scène immersive signée Dominique Filhol
Avec Valensole 1965, Dominique Filhol signe une réalisation extrêmement travaillée, à la hauteur du mystère et de la charge émotionnelle de cette célèbre affaire d’OVNI. Émotion, suspense et tension sont au rendez-vous dans ce drame familial à la fois sensible et oppressant. Le réalisateur accorde une attention minutieuse à l’ambiance, et il faut bien le dire : on est immédiatement plongé dans le film. Le bruit des insectes, le souffle du vent dans les champs de lavande, la chaleur presque palpable – tout concourt à recréer avec réalisme l’atmosphère unique du sud de la France. Le magnifique accent des personnages ajoute encore à l’immersion, nous téléportant littéralement dans le Valensole de 1965.
Les choix esthétiques renforcent cette reconstitution : voitures anciennes, caméra rétro, estafettes de police d’époque… chaque détail est pensé au millimètre pour ancrer l’histoire dans le XXe siècle. Et la beauté visuelle du film ne s’arrête pas là. Dominique Filhol nous offre des plans d’une grande puissance symbolique, dont certains marqueront durablement les spectateurs et spectatrices. Sans trop en révéler, l’un des plus beaux moments survient lorsque Maurice Masse entre dans une église, en quête de réconfort et peut-être d’un signe. Il se tient seul devant le chœur, la lumière des vitraux baigne l’espace de couleurs spectrales, tandis que la fumée d’encens flotte dans les rayons du soleil. Ce tableau saisissant résume à lui seul la détresse de l’homme et l’importance sacrée que prend ce lieu dans sa quête de sens. Un plan vraiment merveilleux, à la fois esthétique et chargé de spiritualité.
Avec Valensole 1965, Dominique Filhol livre bien plus qu’un film sur un cas d’OVNI : il signe un drame humain d’une grande justesse, porté par une mise en scène soignée, des choix esthétiques forts, et une profonde empathie pour ses personnages. Loin des clichés du genre, le film parvient à mêler réalisme rural, mystère cosmique et tensions familiales, sans jamais tomber dans l’excès ou le sensationnalisme. C’est une œuvre sobre, touchante et viscérale, qui replace l’humain au centre de l’extraordinaire. Que l’on soit passionné·e d’ufologie, curieux·se d’histoire locale, ou simplement amateur·ice de bon cinéma, ce film a quelque chose à offrir. Et peut-être, aussi, à questionner : que ferions-nous, nous, face à l’inexpliqué ? Comment réagirait notre entourage ? Quelles vérités sommes-nous prêt·es à croire… ou à rejeter ? Valensole 1965 est une pépite rare dans le paysage du cinéma français, une expérience à vivre, les yeux ouverts et l’esprit grand ouvert.




Une réponse
film pas mal, intriguant énigmatique avec surtout de beaux payasages
Mais pas un film d’aventures, et on revient 50 ans en arrière à l’époque de marcel pagnol avec les personnages qui ont le même accent d’ailleurs.
Et arrivé à la fin, çà conclue sur affaire inexpliquée dont on aura pas les réponses chacun à son avis là dessus, ou on y croit ou on y croit pas.
C est d’ailleurs ce qu’on dit les personnes qui avaient regardé le film avec moi quand ils étaient sortis de la salle……………
M’enfin bon un petit film sympa sur les OVNIS à voir qd même.