Après avoir franchi le cap du million de wishlists en 2025, Quarantine Zone: The Last Check a rapidement fait parler de lui sur Twitch grâce à une démo virale, attirant plus de deux millions de joueuses et joueurs. Sorti le 12 janvier dernier, le titre est passé entre nos mains via une clé fournie par l’éditeur. Une expérience clairement très efficace en stream, souvent drôle dans ses premières heures, mais qui révèle aussi une certaine répétitivité sur la durée. Aujourd’hui, le jeu s’est déjà écoulé à plus de 300 000 exemplaires : l’occasion idéale de se pencher sur ce que vaut réellement le premier jeu de Brigada Games.
Un concept original au cœur de l’apocalypse
Dans Quarantine Zone: The Last Check, vous vous retrouvez en plein cœur d’une apocalypse zombie, dans la peau d’un·e agent·e du gouvernement stationné·e à un point de contrôle crucial. Votre mission est simple sur le papier, mais redoutable en pratique : scanner les survivant·es, gérer les ressources limitées de la base et enchaîner des décisions morales souvent impossibles, où chaque choix peut avoir des conséquences dramatiques.
L’expérience se distingue par son concept étonnamment original. Là où la majorité des jeux de zombies misent sur la survie pure, la collecte de ressources ou la construction de bases, le titre de Brigada Games adopte un angle différent. Ici, l’objectif n’est pas de survivre seul·e, mais bien de sauver l’humanité. L’action se déroule au tout début de la crise, et votre priorité est de préserver un maximum de personnes non infectées, quitte à prendre des décisions difficiles et parfois cruelles.
Le mode histoire s’étend sur une vingtaine de jours, rythmés par des évacuations tous les cinq jours. Chaque cycle de cinq jours constitue une véritable plage de jeu durant laquelle vous devez identifier un nombre suffisant de survivant·es sains afin de remplir les quotas imposés avant l’évacuation. En parallèle, il faut gérer la base, optimiser les ressources disponibles et remplir divers objectifs secondaires, venant ajouter une couche de pression supplémentaire à un gameplay déjà tendu.
Une gestion de la base sous pression constante
Dans Quarantine Zone: The Last Check, la gestion de la base occupe une place centrale dans la boucle de gameplay. À chaque scan réussi, mission accomplie ou objectif secondaire validé, vous gagnez de l’argent, ressource indispensable pour maintenir l’infrastructure en état. En parallèle, chaque évacuation vous permet de récupérer des points scientifiques, à condition d’orienter certain·es survivant·es vers le service scientifique plutôt que vers les camions classiques.
Ces points scientifiques sont investis dans un arbre de compétences, qui permet d’augmenter le niveau global de la base et d’améliorer vos outils de scan : détection plus fiable, nouvelles analyses disponibles ou réduction des marges d’erreur. À chaque palier franchi, de nouvelles améliorations deviennent accessibles, renforçant progressivement vos capacités de gestion… mais aussi les attentes du jeu envers vous.
Concrètement, il faut passer par le mode base pour dépenser votre argent dans les différents secteurs : ajout de lits, amélioration de l’approvisionnement électrique, extension de la zone de quarantaine ou augmentation du nombre de survivant·es accueillis. Chaque espace dispose de son propre lot d’améliorations, obligeant à faire des choix parfois frustrants faute de moyens suffisants.
C’est également depuis cette interface que vous gérez les ressources vitales : nourriture pour éviter les émeutes, kits de soins pour soigner les malades, ou encore jerricans d’essence pour alimenter le générateur. Une mauvaise anticipation peut rapidement faire basculer la situation. Si un infecté parvient à entrer dans la base, il peut tuer des survivant·es durant la nuit, mais ce n’est pas la seule menace. Une gestion défaillante des ressources ou des conditions de vie peut aussi pousser les survivant·es à s’entretuer, ajoutant une dimension humaine et tragique à un système déjà sous forte tension.
Une touche d’action bienvenue
Sur chaque plage de cinq jours, Quarantine Zone: The Last Check propose une séquence d’action hebdomadaire sous la forme d’un mini-jeu de shoot. Une fois par semaine, une vague d’infecté·es vient s’abattre sur les murs de votre base, et il vous revient de la repousser à l’aide d’un drone de défense.
Aux commandes de cet engin, vous disposez d’un arsenal varié — mitrailleuse, roquettes et canon — pour contenir la horde avant qu’elle ne perce les défenses. Le gameplay reste simple et accessible, mais suffisamment dynamique pour offrir une respiration bienvenue dans un titre globalement lent, très axé sur la gestion et la prise de décision.
Si ces phases ne révolutionnent pas le genre, elles remplissent parfaitement leur rôle : casser la routine, injecter un peu de tension immédiate et rappeler que la menace est bien réelle, même derrière les murs supposément sécurisés de la base. Une parenthèse efficace, même si elle peine, là encore, à se renouveler sur la durée.
Observer, trier, décider… et parfois condamner
Le principe de Quarantine Zone: The Last Check est volontairement simple, mais redoutablement efficace. Chaque jour, des survivant·es toujours plus nombreux·ses se présentent à l’entrée du camp, et votre mission consiste à les répartir correctement en fonction de leur état de santé. Pour y parvenir, il faut faire preuve d’un sens aigu de l’observation et s’appuyer sur un large panel d’outils de diagnostic.
Au fil de la progression, vous débloquez de nouveaux instruments et, avec eux, de nouveaux symptômes à analyser. Ces derniers sont classés en trois catégories :
- les symptômes verts, bénins, qui permettent d’envoyer les survivant·es directement dans le bloc sécurisé ;
- les symptômes orange, plus ambigus, pouvant être liés à une maladie classique ou à une infection en devenir. C’est ici que la zone de quarantaine prend tout son sens : vous pouvez y placer ces personnes pour observer l’évolution de leur état ;
- enfin, les symptômes rouges, critiques et sans appel, qui vous obligent à envoyer immédiatement les survivant·es concernés vers l’abattoir, sans possibilité de retour.
Pour affiner vos décisions, le jeu met à votre disposition une panoplie d’outils médicaux. Le scanner corporel permet de voir à travers les vêtements afin de repérer morsures ou anomalies cutanées. Le matioscope analyse la rétine à la recherche de signes inquiétants, tandis que le stéthoscope sert à écouter la respiration. Le thermo-pulsomètre contrôle température et pouls, le marteau à réflexes teste les réactions physiques, et la machine à rayons X observe le comportement des organes vitaux… tout en révélant d’éventuels objets dissimulés dans le corps.
Car oui, au-delà des symptômes, il faut aussi se méfier de ce que les survivant·es tentent de faire entrer dans le camp. Les sacs doivent être fouillés minutieusement, et tout objet prohibé confisqué ou détruit afin de garantir la sécurité de la base. Un détail en apparence anodin, mais qui ajoute une couche supplémentaire de tension et renforce le sentiment de contrôle permanent imposé au joueur ou à la joueuse.
Une direction artistique au service de la tension
Côté graphismes, le jeu mise sur une approche réaliste et froide, parfaitement alignée avec son propos anxiogène. Les environnements urbains en quarantaine, bardés de grillages, de barbelés et de structures militaires, dégagent une atmosphère oppressante crédible, renforcée par une palette de couleurs désaturées et des éclairages volontairement ternes. Les modèles de personnages, sans être spectaculaires, se distinguent par leur lisibilité et leur diversité, suffisantes pour identifier rapidement civils, scientifiques ou militaires, un point crucial pour la prise de décision. Les intérieurs – laboratoires, bases temporaires, zones confinées – profitent d’un souci du détail fonctionnel, avec interfaces holographiques, équipements médicaux et machines d’analyse qui ancrent solidement l’univers dans une science-fiction proche du réel. Enfin, certaines scènes plus sombres, jouant sur les ombres, les effets de particules et une mise en scène serrée, parviennent à créer de véritables moments de tension visuelle, prouvant que le jeu privilégie l’ambiance et la cohérence artistique à la surenchère technique.
Une expérience accessible, mais qui s’essouffle
Quarantine Zone: The Last Check se montre simple à prendre en main et globalement agréable à jouer. Sur l’ensemble de notre partie, aucun bug majeur n’est venu perturber l’expérience, un point appréciable pour un premier jeu. Il faut compter environ huit heures pour venir à bout de la campagne principale, une durée cohérente avec la proposition du titre.
Une fois cette dernière terminée, le jeu propose un mode sans fin pour celles et ceux qui souhaitent prolonger l’expérience. Toutefois, difficile de nier qu’après la campagne, on a rapidement fait le tour du contenu, aussi bien du côté du gameplay que des améliorations possibles pour la base. Les mécaniques évoluent peu et les nouveautés se font rares sur la durée.
On regrette d’ailleurs que le jeu n’ait pas davantage approfondi cette dimension, notamment en proposant des défis plus corsés ou une montée en difficulté plus marquée, afin de renouveler l’intérêt sur le long terme. Malgré ces limites, le titre reste solide et maîtrisé, mais, à l’image de nombreux jeux de gestion et de simulation, il finit par devenir assez répétitif, surtout pour les joueur·euses en quête d’une expérience plus exigeante ou plus variée.
Avec Quarantine Zone: The Last Check, Brigada Games signe un premier jeu solide et audacieux, porté par un concept original qui renouvelle intelligemment l’imaginaire zombie. Son approche centrée sur le tri, l’observation et la prise de décisions morales fonctionne particulièrement bien, surtout dans les premières heures, où chaque choix semble lourd de conséquences. La gestion de la base, les outils de diagnostic et l’ambiance oppressante forment un ensemble cohérent, efficace et souvent très engageant, notamment en stream où le jeu révèle tout son potentiel ludique et spectaculaire. En revanche, une fois la campagne terminée, le titre montre plus clairement ses limites. Le manque de renouvellement, une montée en difficulté timide et des mécaniques qui évoluent peu finissent par installer une certaine répétitivité, classique mais regrettable pour un jeu de gestion pourtant bien pensé. Malgré cela, Quarantine Zone: The Last Check reste une expérience recommandable, surtout pour les amateur·rices de jeux de simulation atypiques et celles et ceux qui apprécient les dilemmes moraux. Un jeu imparfait, mais prometteur, qui donne surtout envie de voir jusqu’où le studio pourra aller avec une suite ou de futures mises à jour plus ambitieuses.
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