Le projet d’un passionné
Tatoueur néerlandais passionné par l’art japonais, Vincent Penning tient un salon de tatouage dans la ville d’Eindhoven. Embellir les peaux n’est pas le seul passe-temps de Vincent. En effet, ce dernier est également un joueur de jeux vidéo depuis de nombreuses années. Suite au décès de son père avec qui il partageait l’amour du jeu vidéo, Vincent Penning se donne le défi d’enfin créer le jeu qu’ils auraient rêvé de faire ensemble. C’est alors qu’est née l’idée de Super Roboy.
En septembre 2024, Vincent Penning lançait alors un Kickstarter afin de finaliser son jeu finalement sorti en janvier 2025. Metroidvania rétro dans la forme, entièrement dessiné à la main et présentant des particularités de gameplay devant inculquer une identité au titre, Super Roboy est disponible sur Steam pour moins de 15 euros. Super Roboy met le joueur et la joueuse au contrôle d’un robot éponyme amnésique. Bien qu’il ait perdu la mémoire, il est curieux, positif et déterminé à l’idée de comprendre qui il est et d’où il vient. Au départ innocent et naïf, Roboy se transforme progressivement en un personnage plus mature et plus complet à mesure qu’il découvre le monde qui l’entoure et ses secrets.
En premier lieu armé d’un simple blaster, Roboy va arpenter un monde haut en couleur, entièrement dessiné à la main par le développeur et rempli de surprises. En effet, si le monde de Super Roboy semble totalement vide et apocalyptique au départ, notre héros rencontrera plusieurs personnages l’aidant (ou tentant de lui mettre des bâtons dans les roues) dans sa quête de vérité. En plus de la quête principale, Roboy sera amené à résoudre de simples énigmes ou encore accéder à des objectifs annexes.

Super Roboy – Un Metroidvania très classique…
Dans sa forme première, Super Roboy est un donc Metroidvania extrêmement classique. Le joueur se déplace dans un univers contenant plusieurs biomes reliés par différents chemins et raccourcis. Au fur et à mesure de son avancée, Roboy affronte des ennemis et acquiert de nouveaux pouvoirs le rendant plus puissant et lui permettant d’atteindre de nouvelles zones. Si les biomes et ennemis sont tous très colorés et uniques mettant en avant la touche artistique du développeur, ces derniers restent très rectangulaires et ordonnés. Certains décors manquent en effet de rondeurs afin d’en sortir une plus grande crédibilité.
Le jeu est par ailleurs également inégal en ce qui concerne ses personnages. Certains boss sont magnifiques et rappellent directement les œuvres du tatoueur. Par ailleurs, l’esthétique rétro et les sprites d’ennemis animés avec soin offrent au jeu un charme indéniable. Les comics permettant d’illustrer les passages scénaristiques sont originaux. Malheureusement, certains artworks créés dans le but d’illustrer l’histoire du jeu sont moins réussis… Voire enfantins pour certains d’entre eux.


En plus de ces capacités, Roboy s’équipe rapidement d’armes élémentaires. Ainsi, on retrouve rapidement le principe classique du chifoumi : certains éléments sont puissants contre certains ennemis, mais resteront quasi inefficaces face à d’autres. Il est donc impératif d’adapter son arsenal à la zone visitée. Particulièrement pour les boss.
Parlons-en justement de ces boss. Un Metroidvania peut créer une grande partie de sa légende par des combats de boss mémorables. Une nouvelle fois, sur le sujet, Super Roboy a des points positifs. Les boss du jeu sont, pour la plupart, magnifiques et dotés de patterns clairs, même si peu nombreux. Le sujet mettant en avant le principal écueil de ces boss : leur faible nombre de patterns les rendant trop faibles, le développeur a décidé d’en faire des « sacs à points de vie ». Cette particularité, pouvant être frustrante, reste la seule difficulté pour un joueur habitué au genre.

… Mais, finalement, agréable
Si Super Roboy est ainsi loin d’être sans défaut, il n’en reste pas un Metroidvania agréable à parcourir. L’une des grandes réussites de Super Roboy tient à la qualité de son gameplay. Les commandes sont à la fois précises et réactives, offrant une prise en main immédiate et agréable. Saut, tir, glissade : chaque action est finement réglée, ce qui rend le jeu aussi fluide qu’addictif dès les premières minutes. L’introduction des nouvelles capacités de Roboy est bien dosée et permet au joueur de les assimiler une à une, rendant l’exploration et les combats toujours plus dynamiques.
Les phases de plateforme, enfin, sont particulièrement soignées, alternant passages techniques et séquences plus contemplatives. La courbe de difficulté est bien maîtrisée, avec des défis variés et stimulants, sans jamais virer à la frustration. Les personnes en quête de précision apprécieront notamment les sections facultatives, pensées pour tester leur agilité.

Le bestiaire diversifié de Super Roboy constitue un autre point fort du jeu. Chaque nouvelle zone propose des ennemis inédits aux schémas d’attaque spécifiques, obligeant le joueur à ajuster continuellement sa façon de jouer. Un menu dédié, rappelant ceux des jeux de rôle, permet de consulter les caractéristiques et faiblesses des adversaires déjà rencontrés, ajoutant ainsi une touche stratégique bienvenue à l’ensemble.
La bande-son de Super Roboy, aux accents chiptune rétro, s’accorde, par ailleurs, parfaitement avec son univers visuel. Les mélodies dynamiques renforcent l’action et contribuent à l’atmosphère unique de chaque zone. Mention spéciale aux musiques de boss, particulièrement percutantes, qui injectent une tension supplémentaire aux affrontements les plus intenses. Côté sound design, les bruitages sont tout aussi soignés : tirs, explosions et impacts procurent un vrai plaisir auditif. Si le jeu ne propose pas de doublages, il compense intelligemment par des effets de texte expressifs, qui insufflent de la personnalité aux dialogues, malgré leur relative discrétion. À noter tout de même que le jeu n’est actuellement que disponible en anglais, même si sa faible quantité de texte permet une compréhension aisée, même pour les moins anglophones d’entre nous.

Pour un jeu indépendant, Super Roboy offre enfin une durée de vie généreuse, avec environ 15 à 20 heures nécessaires pour venir à bout d’une première partie. Mais l’expérience ne s’arrête pas là : de nombreux éléments incitent à y revenir. Les trois niveaux de difficulté permettent de moduler le challenge, ou de relever un nouveau défi. Le mode difficile, en particulier, se montre bien plus exigeant, avec des ennemis plus robustes et une gestion de la santé plus punitive.
Le système de compétences, quant à lui, ouvre la voie à des builds variés, invitant les joueurs à tester différentes stratégies d’une partie à l’autre. Enfin, la quête du 100 % — entre secrets dissimulés et cristaux à collecter — promet de longues heures supplémentaires aux amateurs/trices de complétion.

Super Roboy s’impose comme une belle réussite sur la scène indépendante, et un hommage sincère au genre Metroidvania. Grâce à un gameplay précis, une exploration gratifiante et une direction artistique rétro pleine de charme, le jeu de Vincent Penning a tout pour séduire les amateurs du genre. Malgré quelques imperfections, l’expérience globale est solide, cohérente et généreuse en contenu. Que vous soyez un vétéran en quête d’un nouveau défi ou un joueur curieux de découvrir ce type de jeu, Super Roboy a de quoi vous accrocher. C’est un titre qui respire la passion et le savoir-faire, et qui réussit à combiner nostalgie et fraîcheur avec brio. Si vous aimez les aventures à l’ancienne, pleines de secrets à découvrir et de mécaniques bien rodées, alors foncez : Super Roboy mérite clairement sa place dans votre ludothèque.


