Sorti en 2017, Hollow Knight est un des jeux indépendants les plus marquants. Hommage à Super Metroid développé par les trois amis australiens de la Team Cherry, Hollow Knight a marqué les joueurs par son ambiance unique, ses décors dessinés à la main fabuleux, son gameplay précis et son exigence. Après sept longues années d’attente, la suite Hollow Knight: Silksong est enfin disponible. Le jeu est-il à la hauteur de son ainé ?

 

La Team Cherry contre le reste du monde

La Team Cherry, c’est un peu les gentils d’un film hollywoodien. Alors que nombre d’éditeurs rivalisent d’imagination pour monétiser la moindre extension, eux vont à contre-courant. Après un premier opus au contenu titanesque vendu à seulement 20 €, assorti de DLC gratuits et mémorables, ils récidivent : Silksong sort au même prix. Plus étonnant encore, le studio a refusé de distribuer des copies anticipées aux journalistes et influenceurs, privilégiant les backers du Kickstarter initial. Un pari risqué, qui pouvait laisser craindre une déception… La réponse fut limpide dès la sortie, malgré un lancement marqué par des crashs de Steam.

Pensé au départ comme un simple DLC, le projet a rapidement pris de l’ampleur, au point que les reports successifs ont nourri les doutes et les blagues dans la communauté. Les développeurs, eux, assuraient travailler à leur rythme, portés par des idées toujours plus nombreuses. Sept ans plus tard, leur obstination a payé.

Test Hollow Knight: Silksong - Beau

L’histoire et l’univers : cryptique, mais incarnés

Côté scénario, Silksong reste cryptique, mais moins impénétrable que Hollow Knight. Hornet, désormais héroïne jouable, est capturée puis s’échappe pour se retrouver à Pharloom, un royaume mystérieux. Grande nouveauté : elle parle, dévoilant enfin une personnalité affirmée. Et si elle impressionne par son arme, c’est autant son caractère que sa maîtrise martiale qui fascine.

Le jeu n’offre que peu d’explications, que ce soit dans son récit ou dans ses mécaniques. Comme dans Hollow Knight, il ne prend pas le joueur ou la joueuse par la main — ce qui charme autant que cela peut rebuter. Les vétérans d’Hallownest (le monde du premier jeu) retrouveront des références et des échos familiers. Mais les nouveaux venus peuvent se sentir un peu perdus en route, faute d’options d’accessibilité.

Test Hollow Knight: Silksong - parle

Un gameplay plus agressif, acrobatique et varié

Le gameplay diffère profondément. Hornet est plus rapide, plus aérienne, et son « pogo » diagonal surprend au départ. Très vite, le jeu propose d’autres approches grâce à un large éventail d’outils et un système d’équipement plus riche que les charmes du premier opus. Hollow Knight: Silksong va encore plus loin en proposant plusieurs variantes de l’arme d’Hornet permettant des gameplay très différents.

Test Hollow Knight: Silksong - PNJ

Le soin change aussi : la jauge doit toujours être remplie en frappant, mais le processus est plus long et restaure trois masques d’un coup. Résultat : on prend plus de risques, on attaque davantage. Silksong encourage l’agressivité et offre, manette en main, une fluidité grisante. Hornet répond parfaitement, et la progression procure une satisfaction rare. Le jeu est exigeant, parfois cruel, mais jamais injuste.

Des boss grandioses, de véritables valses mortelles

Les affrontements contre les boss sont sans doute le sommet de Silksong. Chaque combat est une chorégraphie mortelle où les patterns, lisibles mais redoutables, obligent à une concentration absolue. Rien n’est laissé au hasard : chaque coup, chaque bond, chaque esquive fait partie d’une danse frénétique où la moindre erreur coûte cher.

La difficulté est exigeante sans jamais sombrer dans l’injustice. On apprend, on observe, on retente. Et quand enfin la victoire arrive, le sentiment de triomphe est inégalable. La diversité est impressionnante : aucun boss ne ressemble au précédent, chacun ayant son rythme, sa personnalité, et même une mise en scène qui renforce l’intensité du duel.

Test Hollow Knight: Silksong - Boss

Visuellement et auditivement, ces combats sont un spectacle. Les animations détaillées, l’énergie dégagée par Hornet et ses adversaires, la musique de Christopher Larkin qui s’emballe au fil de l’affrontement : tout concourt à faire de ces moments des sommets de tension et d’émotion. Certains combats resteront gravés dans ma mémoire comme parmi les plus marquants vécus dans un jeu vidéo.

Points faibles & écarts d’équilibrage

Tout n’est pas parfait. Le nombre limité de bancs rend parfois certains retours face à des boss fastidieux, surtout dans la première partie du jeu, et l’équilibrage initial a nécessité un patch rapide — une mise à jour qui aurait sans doute dû être disponible dès la sortie. Certains regretteront aussi l’absence de mode de difficulté allégé, qui permettrait à davantage de joueurs/euses de découvrir cet univers.

L’économie du jeu repose sur des perles à farmer pour acheter de nombreux objets, ce qui peut paraître fastidieux. Enfin, le sentiment de progression est assez lent dans les premières heures. Mais la patience est récompensée, et ces écueils s’estompent au fil du temps.

Test Hollow Knight: Silksong - arme

Un contenu gargantuesque, un monde à découvrir

Car Silksong reste avant tout une ode à l’observation et à l’endurance. Dans l’exploration comme dans les combats, il faut analyser, patienter, trouver le bon moment pour frapper. Beaucoup d’ennemis ou d’obstacles infligent deux points de dégâts, ce qui rend chaque affrontement tendu, mais d’autant plus gratifiant. L’opiniâtreté du joueur est souvent justement récompensée et il semble parfois impossible de lâcher la manette tant le jeu nous absorbe. Hollow Knight: Silksong est certainement l’un des titres les plus appropriés au terme « jeu » : c’est bien simple, le joueur est actif avec sa manette 99 % du temps. Le tout est parfois éreintant, mais si satisfaisant et compensé par un système de quêtes plus avancé et clair que dans le premier jeu.

Les quêtes, qui consistent notamment à reconstruire Pharloom, peuvent sembler laborieuses au départ, mais elles facilitent la découverte des nombreux secrets en fin de partie. Et il y en a une quantité impressionnante. Même après soixante heures de jeu, plusieurs fins vues et 86 % de complétion, j’ai encore trouvé des zones pleines de surprises, preuve du génie de level design de Team Cherry.

Test Hollow Knight: Silksong - quêtes

Le contenu est colossal : plus de 150 ennemis uniques, plus de quarante boss, une trentaine de biomes variés (28 au total), chacun foisonnant de détails et de vie. Le royaume de Pharloom est immense et superbe. Tous les PNJ rencontrés sont uniques, évoluent selon nos actions, renforçant la sensation d’un monde cohérent et habité. Le tout est sublimé par les décors dessinés à la main et une bande-son de Christopher Larkin, magistrale, qui souligne chaque ambiance avec brio.

Tout simplement un chef-d’œuvre ! Le jeu m’a happé de la première à la dernière minute, comme je ne l’avais pas vécu depuis plusieurs années (depuis Elden Ring, certainement). Le monde Hollow Knight: Silksong est magnifique, grand et mystérieux. Son gameplay est tout simplement parfait et saura s’adapter aux joueurs patients. Et puis il y a ce sentiment rare, que peu de jeux savent provoquer : celui du « deuil vidéoludique ». Quand l’écran s’éteint, quand l’aventure touche à sa fin, on se demande comment un autre jeu pourrait offrir un tel niveau de plaisir et d’immersion. Pendant quelques jours, tout semble fade à côté. C’est la preuve qu’on a vécu quelque chose d’exceptionnel. Nous avons dû faire preuve de patience pour pouvoir enfin jouer à Hollow Knight: Silksong. Ces sept années étaient longues, mais nécessaires pour créer un jeu proche de la perfection pour les fans du premier titre. La Team Cherry livre une nouvelle merveille qui fait du bien au monde du jeu vidéo.

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