Avec Transport Fever 2, Urban Games offre une expérience de simulation de transport aussi dense que passionnante, qui s’adresse autant aux amateur·rice·s de maquettes ferroviaires qu’aux stratèges aguerri·e·s. Ce second opus, plus ambitieux que jamais, vous transporte à travers les époques tout en vous mettant au défi de construire un réseau logistique cohérent, fluide… et rentable.
Une simulation immersive au service des transports
Sorti initialement en décembre 2019, Transport Fever 2 poursuit l’œuvre entamée par Train Fever et son successeur direct. Le titre d’Urban Games propose une simulation de transport complète, allant des calèches du XIXe siècle aux avions à réaction du XXIe. Vous êtes à la tête d’un empire du transport à bâtir de toutes pièces, dans un environnement visuellement proche d’un diorama vivant. Et le charme opère.
Malgré l’évolution graphique notable — grâce à un moteur maison — ce n’est pas par ses graphismes que Transport Fever 2 entend impressionner, mais par sa profondeur de gameplay. Routes, gares, ports, aéroports, tout doit être conçu avec soin pour alimenter villes et industries. Le jeu vous oblige à prendre en compte la topographie, la rentabilité des lignes, la consommation de carburant, ou encore les effets sur l’environnement. De quoi ravir les joueur·se·s les plus méticuleux·ses.
Des campagnes scénarisées pour apprendre et rêver
Le titre s’articule autour de deux modes de jeu : le mode campagne et le mode libre. Le premier sert à la fois de didacticiel et d’immersion historique, vous faisant revivre des époques clés telles que la révolution industrielle, la conquête de l’Ouest américain ou encore le décollage économique asiatique. Ces scénarios vous introduisent progressivement les mécanismes de jeu, tout en vous plongeant dans des contextes riches et dépaysants.
Le second mode, le jeu libre, est une véritable toile blanche. Vous y créez votre propre carte ou choisissez parmi trois climats (tempéré, désertique, tropical), décidez de l’année de départ, et composez avec les industries générées aléatoirement. Ce mode s’adresse clairement aux puristes, capables de passer des dizaines, voire centaines d’heures à peaufiner leurs réseaux interconnectés.
Une gestion macro et micro pensée dans les moindres détails
Le cœur de Transport Fever 2, c’est bien entendu sa gestion des flux de marchandises et de passagers. Chaque ville a des besoins spécifiques : nourriture, matériaux de construction, biens industriels. Chaque industrie, elle, nécessite des matières premières précises. Vous devez donc bâtir un réseau capable d’acheminer les bons produits aux bons endroits, dans les bons délais.
Cela implique de choisir entre train, camion, bateau ou avion, de planifier les trajets pour éviter les embouteillages, et d’optimiser les rotations de véhicules. Le système de construction permet une personnalisation très poussée des gares ou stations, et des tableaux de bord financiers vous aident à ajuster votre stratégie. Mais attention : le jeu reste exigeant, avec une interface parfois peu intuitive et des mécaniques complexes à maîtriser.
Une communauté active et un support aux mods exemplaire
Ce qui fait également la force de Transport Fever 2, c’est sa communauté passionnée et active. Grâce à une intégration parfaite du Steam Workshop, les joueur·se·s peuvent télécharger des centaines de véhicules supplémentaires, des bâtiments customisés ou même des cartes historiques fidèlement reproduites. De quoi offrir une durée de vie quasi infinie à un jeu déjà très généreux en contenu de base.
Le studio suisse Urban Games a d’ailleurs conçu le titre avec cette ouverture à l’esprit, en facilitant le modding dès la sortie. Les mises à jour régulières viennent également corriger les petits défauts techniques ou ergonomiques, comme la gestion de la caméra parfois capricieuse, ou les menus encore partiellement traduits.
Une simulation riche… mais pas sans lacunes
Si le contenu est dense, certains éléments laissent un goût d’inachevé. Transport Fever 2 ne propose aucun mode multijoueur, ni même une IA concurrente, ce qui peut rendre les longues parties un peu trop solitaires. On regrette aussi une simulation économique trop légère, avec peu d’enjeux financiers ou de pression extérieure, contrairement à des classiques du genre comme Railroad Tycoon.
Enfin, quelques fonctionnalités de construction manquent encore de souplesse, avec une pose de rails parfois laborieuse, des bâtiments dont la rotation reste contraignante, ou des menus peu explicites pour les débutant·e·s. Un guide plus approfondi aurait permis d’abaisser la courbe d’apprentissage, surtout en mode libre.
Transport Fever 2 est une véritable déclaration d’amour au transport et à la planification. Il s’adresse à une niche bien précise de joueur·se·s : celles et ceux qui aiment prendre le temps, réfléchir, expérimenter, et optimiser chaque centimètre carré de leurs cartes. Le titre n’est pas parfait, mais il est profond, généreux et soutenu par une communauté solide. Ce n’est pas un jeu à consommer rapidement, mais une expérience de longue haleine, presque méditative, que l’on construit ligne après ligne, moteur après moteur. Pour les passionné·e·s de gestion, c’est un incontournable.
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