Overthrown est un titre sorti en early access le 5 décembre 2024. Personnellement, je ne l’ai découvert qu’à l’occasion de sa sortie définitive, le 18 mars dernier. Développé par Brimstone, le jeu mêle construction de ville en bac à sable et gestion. Un concept qui m’attirait particulièrement, étant amateur du genre, mais qui m’a malheureusement laissé sur une certaine déception. C’est d’autant plus dommage que le potentiel est bien réel, mais certains aspects manquent encore de profondeur.

Une prise en main accessible, mais rapidement déroutante

Le but d’Overthrown est de créer une ville en partant de rien. On débarque dans un monde généré aléatoirement, qui évoque immédiatement Minecraft, mais avec des textures plus douces et un rendu moins cubique. Le jeu propose trois niveaux de difficulté. 

Le mode Paisible s’adresse aux joueuses et joueurs qui souhaitent découvrir l’expérience sans pression : les ennemis ne ripostent pas, ne cherchent pas à voler la couronne, et le personnage est plus résistant avec une récupération d’endurance accélérée. 

Le mode Détente introduit un peu plus de tension tout en restant accessible : les ennemis sont plus faibles et n’organisent pas de raids, mais peuvent se défendre et tenter de voler la couronne. 

Enfin, le mode Défi propose une expérience nettement plus exigeante, avec des ennemis plus nombreux et dangereux, ainsi que des raids saisonniers menés par des hors-la-loi, demandant une gestion plus rigoureuse.

Le jeu permet également de choisir la taille de la carte, avec plusieurs archipels allant de petits territoires à des zones beaucoup plus vastes, offrant une liberté d’approche appréciable dès le départ. Une fois la partie lancée, un court didacticiel permet de comprendre les bases des déplacements et de la construction. Mais très vite, le jeu laisse le joueur ou la joueuse livré·e à lui-même, avec peu d’indications sur la suite, ce qui peut rapidement devenir frustrant, surtout lors des premières heures.

Une gestion de ville classique, mais frustrante sur certains aspects

Après avoir construit votre hôtel de ville, de nouveaux villageois arrivent à intervalles réguliers. À vous ensuite de développer votre cité en plaçant vos bâtiments de manière stratégique : une scierie à proximité des forêts, un extracteur près des gisements de minerai, et ainsi de suite. Cette logique de placement fonctionne bien et donne une vraie dimension organisationnelle à la progression. Pour débloquer de nouvelles structures, il faut passer par un système de recherche accessible depuis un menu dédié. En échange de ressources, vous lancez des recherches qui nécessitent quelques secondes ou minutes pour être complétées, débloquant progressivement de nouveaux bâtiments et options de développement.

Au fil de votre progression, votre ville gagne en ampleur jusqu’à permettre la construction de bateaux et même de dirigeables. Le jeu propose ainsi plusieurs branches d’artisanat, allant de la nourriture aux vêtements, en passant par la fabrication d’armures. Sur le papier, l’ensemble est plutôt riche, mais dans les faits, un problème se pose rapidement : ces systèmes profitent uniquement aux habitant·e·s, et très peu au joueur ou à la joueuse. Il n’existe pas de véritable système de craft pour améliorer son équipement ou changer d’armes et d’armures. À la place, ces éléments sont débloqués via la recherche, ce qui enlève une part d’implication et de satisfaction dans la progression personnelle.

Une gestion trop limitée pour vraiment convaincre

Ce qui s’avère assez dommage, c’est le manque global de profondeur dans la gestion. Sur le papier, le jeu demande de veiller à ce que chaque bâtiment dispose des ressources nécessaires pour fonctionner, tout en s’assurant que les habitant·e·s aient un toit et suffisamment de provisions pour subvenir aux besoins de la communauté. Une base solide, qui laisse entrevoir une vraie dimension stratégique.

Mais dans les faits, tout cela reste assez superficiel. Il est par exemple impossible de gérer les villageois individuellement. Un menu permet bien de consulter l’ensemble des citoyen·ne·s, mais il se limite essentiellement à modifier leurs prénoms, ce qui paraît très anecdotique. Cette absence de contrôle devient rapidement problématique : même en construisant de nombreux bâtiments, il est difficile d’optimiser la répartition de la population, ce qui peut mener à un taux de chômage étonnamment élevé. On aurait aimé pouvoir attribuer des rôles précis ou donner des ordres pour orienter les habitant·e·s vers certains postes.

Le constat est similaire du côté des bâtiments, qui manquent eux aussi d’options de gestion avancées. Ce manque de finesse rend l’ensemble parfois frustrant, surtout pour un jeu qui repose en grande partie sur ces mécaniques. À noter que ce ressenti concerne une expérience en solo : le titre propose également un mode multijoueur jusqu’à six personnes, qui peut rendre l’aventure plus dynamique et conviviale, sans pour autant corriger ce déficit de gestion.

Un monde ouvert, mais cruellement vide

Sur le papier, Overthrown propose des cartes plus ou moins vastes, laissant espérer un terrain de jeu riche et varié. Mais une fois en jeu, le constat est assez rude : il n’y a finalement pas grand-chose à faire. L’expérience se résume rapidement à une boucle très répétitive — construire des bâtiments, récolter des ressources, affronter quelques monstres — sans véritable renouvellement. L’absence de donjons, de grottes ou de véritables points d’intérêt se fait particulièrement sentir. La carte donne souvent l’impression d’être vide, se limitant à quelques nids de créatures et des gisements de ressources disséminés ici et là.

Le constat n’est guère plus enthousiasmant du côté du bestiaire. On croise essentiellement des poissons carnivores, des sangliers et des moutons, chacun décliné en version « mutante » plus imposante et plus puissante. Une idée qui aurait pu apporter un peu de variété, mais qui peine à compenser le manque global de diversité. Résultat : malgré un terrain de jeu ouvert, l’exploration manque cruellement de surprises et peine à maintenir l’intérêt sur la durée.

Une direction artistique séduisante

Visuellement, le jeu mise clairement sur une direction artistique colorée et stylisée, presque proche d’un rendu cartoon, qui fonctionne immédiatement grâce à ses palettes chaleureuses et ses environnements lisibles. Les forêts aux teintes automnales, les reliefs en blocs et les bâtiments au design simple donnent un charme indéniable à l’ensemble, avec une lisibilité très appréciable en jeu, notamment dans les phases de gestion ou d’exploration. Cela dit, dès qu’on s’attarde un peu, les limites techniques apparaissent assez vite : les textures restent sommaires, les modèles manquent de détails et certains éléments du décor peuvent sembler répétitifs, voire un peu vides. L’éclairage et les effets, notamment sur l’eau ou les cycles jour/nuit, apportent un vrai cachet, mais ne suffisent pas toujours à masquer une certaine rigidité globale. En somme, un style visuel efficace et agréable à l’œil, mais qui repose davantage sur sa direction artistique que sur une véritable claque technique.

Une déception qui laisse entrevoir un potentiel

Au terme de cette expérience, Overthrown apparaît comme un jeu aux ambitions intéressantes, mais encore loin d’être pleinement abouti. Entre une gestion trop limitée, un monde qui manque cruellement de vie et des mécaniques qui peinent à se renouveler, difficile de rester accroché sur la durée malgré de bonnes idées de départ. Le titre donne souvent l’impression de poser des bases solides sans jamais aller au bout de ses promesses.

C’est d’autant plus frustrant que certains éléments fonctionnent réellement bien, notamment sa direction artistique chaleureuse et accessible. Et il faut aussi souligner un point souvent sous-estimé : la bande-son, particulièrement réussie, qui accompagne agréablement les sessions de jeu et contribue à créer une atmosphère apaisante, presque contemplative par moments.

En l’état, Overthrown ressemble davantage à un jeu en devenir qu’à une expérience totalement aboutie. Reste à voir si les développeur·euse·s sauront enrichir la formule à l’avenir pour exploiter pleinement son potentiel.

Points forts
Une direction artistique agréable

Une bande-son réussie

Une accessibilité bienvenue
Note de la rédac
5
Note de la communauté
Moyenne : 0/10 — 0 vote(s)
Le vote est réservé aux membres Premium 💜
Points faibles
Un cruel manque de contenu

Une progression peu satisfaisante

Une gestion trop limitée

Un bestiaire pauvre

Un gameplay répétitif

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