Subnautica 2 : un accès anticipé déjà solide pour le retour de la licence

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Après plusieurs années d’attente, le phénomène Subnautica est de retour. Sorti en 2018, le premier épisode avait été une véritable petite pépite, un jeu dans lequel j’avais englouti des dizaines d’heures tant son exploration sous-marine m’avait captivé. En 2021, Subnautica: Below Zero est venu prolonger l’expérience sous la forme d’un stand alone, accueilli très positivement par les joueuses et joueurs. Cinq ans plus tard, Unknown Worlds Entertainment replonge enfin avec Subnautica 2. Après une dizaine d’heures passées sur l’accès anticipé et avoir vu tout le contenu actuellement disponible, une chose paraît déjà évidente : les développeur·euses savent exactement ce qu’ils et elles font, et frappent fort une troisième fois.

Un retour aux sources sous l’océan

Cet accès anticipé propose une dizaine d’heures de contenu pour atteindre les limites actuelles du scénario de Subnautica 2. Comme dans les précédents épisodes, l’objectif reste avant tout de survivre, mais le jeu ne nous abandonne jamais totalement sans direction. Une trame narrative discrète accompagne l’exploration et permet progressivement d’en apprendre davantage sur notre mission, le monde qui nous entoure et le lore de cette nouvelle aventure.

On incarne ici un·e pionnier·ère censé·e participer à l’installation d’une colonie sur une planète désertique. Enfin… c’était le plan.

Évidemment, rien ne se passe comme prévu. Un accident survient pendant le voyage et transforme brutalement cette mission de colonisation en opération de survie. Exit le désert : on échoue finalement sur une planète recouverte presque intégralement par l’océan, avec de l’eau à perte de vue et très peu de certitudes sur ce qui nous attend sous la surface.

Les premières heures reprennent alors ce qui fait tout le charme de Subnautica : récolter des ressources, fabriquer ses premiers outils et poser les fondations d’une base sous-marine capable d’assurer un minimum de confort et, surtout, de survie. L’exploration reste constamment encouragée, d’autant plus qu’un mystérieux compagnon mécanique, NOA, le robot embarqué dans la capsule de sauvetage, vient régulièrement orienter l’aventure en indiquant de nouveaux points d’intérêt sur la boussole.

Au fil des plongées, ces expéditions révèlent des boîtes noires abandonnées, des carcasses de vaisseaux engloutis ou encore les vestiges d’anciennes installations humaines. Très vite, une évidence se dessine : vous n’êtes pas le ou la premier·ère à avoir tenté de survivre ici. Peu à peu, les éléments disséminés racontent l’histoire d’une expédition précédente qui aurait noué un lien avec une mystérieuse civilisation alien… avant que, là encore, les choses ne tournent mal.

Le contenu actuellement disponible reste forcément limité, accès anticipé oblige, mais difficile de ne pas voir un potentiel immense derrière ces premières heures. Quand on connaît le travail réalisé par Unknown Worlds Entertainment sur les précédents jeux, la suite a de quoi donner franchement envie de replonger.

Une boucle de survie toujours aussi addictive

Côté survie, Subnautica 2 reprend les fondamentaux qui ont fait le succès de la licence. Il faut surveiller son alimentation, son hydratation et surtout son oxygène, cette ressource qui transforme chaque plongée un peu trop ambitieuse en montée de stress permanente.

Les premières heures reposent sur une boucle immédiatement familière : explorer les environs, récolter des ressources, attraper des poissons et fabriquer ses premiers outils indispensables à la survie. Très vite, on confectionne l’incontournable couteau multifonction, puis le scanner, probablement l’un des équipements les plus importants du jeu. Une fois entre les mains, ce dernier devient rapidement indispensable puisqu’il permet d’analyser la faune, la flore, les fragments technologiques et d’en apprendre davantage sur ce monde inconnu.

Difficile de nier la filiation avec le premier épisode. Une grande partie des outils et mécaniques reviennent presque à l’identique, mais ce n’est pas réellement un défaut. Subnautica 2 ne cherche pas à réinventer brutalement sa formule : il l’affine. Le cœur du jeu reste cette sensation unique d’exploration et de survie sous-marine, portée ici par de nouveaux biomes, une faune inédite et une flore parfois fascinante, parfois franchement inquiétante.

Quelques nouveautés viennent néanmoins enrichir la progression. Parmi elles, les biomods actifs et passifs apportent de petits bonus qui permettent d’adapter légèrement sa façon de jouer ou d’améliorer certaines capacités pendant l’exploration. Rien de révolutionnaire à ce stade, mais suffisamment pour apporter une sensation de progression plus tangible.

Autre grand retour incontournable : le constructeur d’habitat. Une fois les plans scannés, il devient possible d’ériger une base sous-marine presque entièrement personnalisable, depuis les modules les plus élémentaires jusqu’aux équipements plus avancés. Fabricateurs, outils scientifiques, modules utilitaires, rangements ou éléments décoratifs : il y a déjà largement de quoi bâtir un véritable refuge capable de soutenir les longues expéditions à venir.

La gestion énergétique retrouve également une place centrale. Les panneaux solaires répondent toujours présents pour alimenter les installations proches de la surface, mais de nouvelles options viennent enrichir les possibilités. Les turbines placées dans les courants marins offrent une source d’énergie régulière, tandis que les centrales thermiques exploitent la chaleur des zones volcaniques pour faire fonctionner les infrastructures les plus ambitieuses. Résultat : construire une base ne consiste plus seulement à empiler des modules, mais à réellement réfléchir à son implantation et à sa viabilité sur le long terme.

Des profondeurs qui fascinent autant qu’elles inquiètent

Visuellement, Subnautica reste un jeu capable de provoquer ce mélange rare entre émerveillement et anxiété. Chaque plongée donne l’impression de pénétrer un monde vivant, magnifique et profondément hostile, avec une direction artistique qui compense largement les limites techniques d’un titre qui accuse aujourd’hui quelques années.

Les premières heures séduisent immédiatement grâce à des eaux lumineuses, des récifs colorés et une palette presque tropicale, où les coraux orangés et la flore fluorescente transforment l’océan en terrain d’exploration fascinant. Puis, progressivement, le ton change. À mesure que la profondeur augmente, les couleurs se désaturent, la lumière naturelle disparaît et l’eau devient opaque, presque oppressante. Descendre sous les 300 mètres n’a plus rien d’une promenade contemplative : l’environnement se resserre, les reliefs rocheux deviennent menaçants et le simple halo des équipements nourrit une tension permanente.

Cette montée progressive de l’angoisse constitue l’une des grandes réussites du jeu. Subnautica raconte son danger par l’environnement lui-même. Une épave déchirée au milieu d’un désert marin, un gouffre immense avalé par l’obscurité ou une structure technologique rongée par l’océan suffisent à installer une ambiance presque horrifique sans jamais forcer le trait.

La variété des biomes participe aussi énormément à l’identité visuelle du jeu. Chaque zone possède une personnalité claire, immédiatement reconnaissable, entre végétation bioluminescente, formations rocheuses organiques et ruines englouties. Cette cohérence artistique nourrit constamment l’envie d’explorer plus loin, même quand le jeu suggère très clairement qu’il serait peut-être plus raisonnable de faire demi-tour.

Tout n’est évidemment pas irréprochable. Certaines textures apparaissent aujourd’hui assez simples, quelques surfaces rocheuses manquent de détail et certains environnements intérieurs trahissent une technique plus modeste. Le brouillard aquatique masque parfois autant la distance d’affichage qu’il sert l’ambiance. Pourtant, ces concessions passent rapidement au second plan tant la mise en scène lumineuse reste efficace. Les contrastes entre obscurité, lumières artificielles, reflets sous-marins et éléments bioluminescents créent régulièrement des panoramas mémorables.

Une ergonomie pensée pour ne jamais casser l’exploration

Là où beaucoup de jeux de survie finissent par transformer la gestion des ressources en parcours administratif, Subnautica réussit au contraire à maintenir une vraie fluidité.

L’interface reste dense, mais rarement envahissante. En plongée, les informations essentielles — oxygène, profondeur, santé, orientation ou équipements — restent immédiatement lisibles sans monopoliser l’écran. Même dans les zones les plus sombres ou les plus chargées visuellement, l’HUD conserve une bonne clarté et laisse l’environnement respirer.

Le système de fabrication fait partie des réussites les plus discrètes mais aussi les plus importantes du jeu. Les menus du fabricateur sont organisés de manière intuitive, avec des catégories facilement identifiables, des icônes claires et surtout une lecture immédiate des matériaux nécessaires. Trouver ce qu’il faut fabriquer demande rarement plus de quelques secondes, ce qui évite de casser le rythme de l’exploration.

L’un des meilleurs réflexes ergonomiques reste l’affichage direct des ressources manquantes. Avant même de quitter le menu, il devient évident de savoir ce qu’il manque pour construire un objet ou améliorer son équipement. Le système d’épinglage des recettes simplifie aussi énormément la progression, puisqu’il permet de garder un objectif visible sans devoir constamment revenir fouiller les menus.

La construction de base bénéficie du même soin. Poser un module sous l’eau aurait pu devenir un casse-tête dans un environnement entièrement tridimensionnel, mais l’aperçu holographique des structures rend le placement étonnamment lisible. Il devient facile d’anticiper l’espace disponible, les connexions ou l’orientation d’un habitat avant validation.

L’ergonomie montre malgré tout quelques limites, notamment en fin de partie lorsque la quantité de plans débloqués augmente considérablement. Les menus gagnent alors en densité et demandent davantage de navigation. Sur console, certaines manipulations peuvent aussi sembler un peu plus lourdes au stick qu’au clavier-souris.

Malgré ces petits accrocs, Subnautica réussit quelque chose d’essentiel : ses menus accompagnent l’aventure au lieu de la ralentir. L’interface se fait oublier suffisamment souvent pour laisser toute la place à ce qui fonctionne le mieux ici : la sensation grisante d’explorer l’inconnu.

Une feuille de route déjà bien remplie

Unknown Worlds Entertainment ne cache d’ailleurs pas ses ambitions pour les mois à venir et a déjà dévoilé une feuille de route particulièrement claire pour l’accès anticipé. L’idée semble simple : faire évoluer Subnautica 2 par petites touches régulières avant de livrer des ajouts plus massifs. Une première vague de mises à jour doit ainsi améliorer le confort de jeu, avec des ajustements autour des biomods, des épaves, du système de fabrication ou encore de la base de données du PDA, tout en ajoutant de nouvelles options comme davantage d’emplacements passifs, un système de stockage ou encore un sprint. Une seconde mise à jour sera davantage tournée vers la coopération, avec des améliorations demandées par la communauté autour des signaux HUD, de l’outil de construction, des recettes épinglées et quelques ajouts plus sociaux comme le chat vocal, les emotes, le commerce entre joueuses et joueurs ou encore la possibilité de réanimer un partenaire.

Le plus intéressant reste surtout ce qui arrivera ensuite. Le studio promet déjà une extension majeure du contenu, avec de nouveaux biomes, créatures, ressources, outils, véhicules et un nouveau chapitre scénaristique destiné à poursuivre l’aventure. Surtout, Unknown Worlds insiste sur un point essentiel : la feuille de route n’est pas figée. Les retours de la communauté doivent directement influencer les priorités du développement, tandis que correctifs, équilibrages et optimisations continueront d’être déployés tout au long de l’accès anticipé. De quoi rassurer sur le suivi du projet, surtout quand les premières heures donnent déjà envie de voir jusqu’où cette plongée pourra aller.

Un succès déjà colossal pour l’accès anticipé

Difficile d’ignorer l’ampleur du phénomène : Subnautica 2 semble déjà avoir trouvé son public. Depuis son lancement en accès anticipé le 14 mai, le jeu aurait dépassé les 4 millions d’exemplaires vendus dans le monde, après un démarrage particulièrement impressionnant. Le titre avait déjà franchi le million de ventes dès son premier jour, avant d’atteindre les 2 millions en seulement douze heures, un rythme qui confirme à quel point l’attente autour de cette suite était immense.

L’engouement se ressent aussi du côté des joueuses et joueurs. Sur Steam, Subnautica 2 a dépassé les 467 000 joueurs simultanés, tout en conservant une évaluation « Très positive », avec 91 % d’avis favorables sur plusieurs dizaines de milliers d’évaluations. Des chiffres qui, sans garantir la réussite finale du projet, montrent au minimum une chose : Unknown Worlds Entertainment démarre cet accès anticipé avec une communauté déjà massive et particulièrement investie.

Le plus rassurant reste peut-être la manière dont le studio envisage la suite. Les retours des joueuses et joueurs doivent directement nourrir les prochaines mises à jour, avec des ajustements déjà évoqués autour de l’agressivité des créatures, de leur détection, des outils de survie et du confort global de l’expérience. Une approche cohérente avec l’ADN d’un accès anticipé qui, si elle est tenue sur la durée, pourrait permettre à Subnautica 2 d’évoluer bien au-delà d’une simple suite réussie.

Notre test en vidéo

Même dans cet état encore inachevé, Subnautica 2 donne déjà l’impression de savoir exactement où il veut aller. En une dizaine d’heures, l’accès anticipé parvient à retrouver ce qui faisait toute la force de la licence : ce mélange unique entre fascination, exploration et angoisse permanente, où chaque plongée pousse autant à la curiosité qu’à la prudence. Certes, le contenu reste encore limité et certaines fonctionnalités méritent davantage de profondeur avant la sortie finale. Mais les bases sont déjà extrêmement solides. La boucle de survie fonctionne toujours aussi bien, l’exploration reste grisante et la construction de base conserve ce pouvoir presque addictif de vouloir constamment optimiser son petit refuge sous-marin. Surtout, Unknown Worlds Entertainment semble avoir compris qu’il ne fallait pas révolutionner une formule déjà maîtrisée, mais plutôt l’enrichir intelligemment. Difficile, à ce stade, de tirer un verdict définitif sur un jeu pensé pour évoluer au fil de son accès anticipé. Une chose paraît néanmoins évidente : si le studio maintient ce niveau de qualité et étoffe intelligemment son contenu, Subnautica 2 pourrait bien devenir la nouvelle référence de la survie sous-marine. Et honnêtement, après ces premières heures, j’ai surtout une envie : replonger.

Points forts
Une exploration toujours aussi captivante et immersive

Une direction artistique qui renforce constamment le sentiment d’émerveillement et de danger

Une boucle de survie addictive et immédiatement familière

La construction de base toujours aussi satisfaisante
Note de la rédac
8
Note de la communauté
Moyenne : 0/10 — 0 vote(s)
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Points faibles
Un contenu encore forcément limité en accès anticipé

Quelques textures et éléments techniques datés

Des menus plus chargés à mesure que les plans se multiplient

Certaines manipulations un peu moins fluides sur console

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