Dimanche 12 octobre 2025, à la Galerie Joseph (Paris 3e), Aibo Art Auction orchestrera une vente aux enchères exceptionnelle intitulée Masques et matrices, mettant en lumière le savoir-faire unique de la maison César. Véritable immersion dans la mémoire collective, cette exposition célèbre plus de 35 ans de création de masques sous licence ayant marqué l’imaginaire de générations entières.
Une collection unique, témoin d’un art disparu
Dès l’entrée dans la galerie, une sensation familière vous saisit : celle d’un bond immédiat en enfance. Pour les visiteurs et visiteuses, les murs résonnent de souvenirs animés, de héros en plastique aux couleurs vives, et de visages bien connus : Goldorak, Peter Pan, Barbapapa, Astérix, Batman, San Ku Kai, Les Bisounours… Tous les grands noms de la culture populaire, française comme internationale, sont réunis sous forme de masques peints à la main, fabriqués entre les années 60 et 90.
Au total, plus de 800 masques sont proposés à la vente par lots thématiques, accompagnés d’une sélection rarissime de matrices originales en résine d’aluminium, issues directement des ateliers de Saumur, là où tout a commencé.
« Émerveillement, c’est le mot qui résume cette exposition. Même les plus jeunes, sans référence directe, sont happés par la magie de ces objets. » – raconte François, présent sur place.
Le regard du commissaire-priseur : entre nostalgie et transmission
Lors de notre entretien, Guilhem Sadde, commissaire-priseur de cette vente pas comme les autres, nous a livré une réflexion passionnante sur la valeur patrimoniale de ces objets.
« Ces masques, ce sont des morceaux de mémoire collective. Ils racontent notre rapport à l’enfance, à l’imaginaire, à la télévision. Chaque pièce est à la fois un objet de collection et un vecteur d’émotion. »
Il insiste également sur la rareté de cette collection, la qualifiant d’« intégrale quasi exhaustive de l’univers pop des masques sous licence en France », ajoutant :
« Il est extrêmement rare de voir autant de matrices originales conservées en si bon état. Ce sont de véritables sculptures industrielles, des artefacts qui méritent leur place dans des musées autant que dans des collections privées. »
Un patrimoine français à forte valeur émotionnelle
La maison César, fondée en 1885 à Saumur, a marqué l’histoire de l’industrie du jouet en France grâce à ses créations artisanales en PVC, peintes à la main. Un mélange de tradition et de modernité qui a permis à ces objets de traverser le temps. Chaque pièce raconte une histoire, un carnaval, un anniversaire, une fête de fin d’année… Des instants joyeux ancrés dans les mémoires.
Guilhem Sadde résume cette alchimie entre accessibilité et magie :
« Le masque César, c’était une promesse. Celle d’incarner un héros, de jouer à être autre, ne serait-ce que pour une après-midi. »
Les matrices : trésors industriels et œuvres d’art
En plus des masques, les matrices de production seront également mises en vente. Ces moules, utilisés pour façonner plusieurs masques à la fois, pèsent entre 2 et 4 kilos et sont montés sur socles, à la manière de sculptures. Réalisées à partir de modèles en glaise sculptés par des artistes maison, elles incarnent l’héritage d’un savoir-faire industriel aujourd’hui disparu.
Des pièces d’art à part entière, qui attirent autant les collectionneur·ses que les passionné·es de design rétro.
« On est à mi-chemin entre l’objet industriel et la sculpture d’artiste. Ces matrices sont fascinantes pour ce qu’elles disent du processus de création à l’époque. » – ajoute Sadde.
Une madeleine de Proust pour petits et grands
Cette exposition-vente n’est pas seulement un rendez-vous pour collectionneur·ses aguerri·es. C’est aussi un moment de partage familial. À l’image de ce père venu avec sa fille, émerveillée par des figures qu’elle ne connaissait pas, mais dont la puissance visuelle reste universelle. Ou encore ce passant sexagénaire, happé par la vitrine, qui entre pour redécouvrir les visages de son enfance.
Frédéric R., collectionneur à l’origine de cette sélection, confie dans le dossier de presse :
« Chaque masque me rappelle mon enfance joyeuse et insouciante. Ce sont des souvenirs intimes, mais partagés par toute une génération. »
Une dernière occasion avant que le rideau ne tombe
La maison César, après des années de gloire et de production foisonnante, a définitivement fermé ses portes en 2024. Cette vente représente donc l’une des dernières occasions d’acquérir des pièces authentiques de cet univers disparu, à la fois ludique et artistique.
La vente se tiendra le dimanche 12 octobre 2025 à 14h, à la Galerie Joseph, 7 rue Froissart à Paris. Un rendez-vous incontournable pour toutes celles et ceux qui souhaitent revivre leurs souvenirs ou transmettre un fragment de culture populaire à la génération suivante.
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