Kraven The Hunter : Une nouvelle déception signée Sony

Kraven The Hunter

Après Venom: The Last Dance, qui n’avait rien de fameux, Kraven the Hunter est sorti le 18 décembre dernier. S’il avait beaucoup hypé avec une bande-annonce explosive, c’est encore un mauvais film que nous sert l’univers Spidey de chez Sony ! Un film vide, que ce soit au niveau du scénario ou des dialogues, malgré des scènes d’action plutôt bien réalisées. Le film pêche aussi à travers son casting : seuls deux personnages sortent du lot.

Une nouvelle origin story

Kraven the Hunter nous fait découvrir aux grands écrans les origines du chasseur. Il fait sa première apparition dans The Amazing Spider-Man en 1964. Nous avons pu le voir ensuite dans divers jeux vidéo estampillés Marvel. J’avais plutôt hâte de le voir, mais malheureusement c’est une déception.

Le scénario nous plonge au temps présent : nous découvrons Kraven qui part en chasse de sa première cible dans une prison de haute sécurité. Après avoir accompli son assassinat, nous revenons quelques années en arrière pour comprendre comment Sergueï Kravinov est devenu “le chasseur”. Élevé aux États-Unis avec son frère Dmitri par leur père Nikolai, ce dernier, un oligarque russe, est un véritable tyran. Il souhaite que ses fils deviennent de vrais mâles. Plutôt fier de Sergueï, il prend en grippe son petit frère, plus frêle et plus faible.

Durant une partie de chasse, une passion de leur paternel, Sergueï est blessé par un lion. C’est alors que surgit Calypso, en safari pendant ce temps, qui lui donne un remède. Transporté d’urgence à l’hôpital, il guérit miraculeusement de ses blessures. De retour aux États-Unis, il quitte sa famille pour vivre en autarcie dans la forêt. Il se met alors en quête de tuer les braconniers. Sa mission va le conduire à une longue liste de noms, des personnes qu’il tuera une par une. Il retrouvera alors Calypso qui viendra l’aider dans sa quête. Cependant, il sera confronté à un ennemi très puissant : le Rhino.

Malgré un début de film assez intéressant, on finit très vite par s’ennuyer. Les 2h07 se font ressentir, et c’est le gros défaut de ce long métrage. La fin est assez bâclée avec un combat qui ne restera pas dans les annales. Les dialogues sont vides de sens, les blagues passent à la trappe, même si je dois avouer qu’il y a quelques passages plutôt marrants.

Un casting qui ne fonctionne pas

Malgré de bons acteurs et une bonne actrice, beaucoup d’entre eux ne collent pas avec leurs personnages. Cela n’est pas dû à un mauvais acting, loin de là, mais à un mauvais choix d’acteurs.

Commençons par le positif : Aaron Taylor-Johnson (Kick-Ass), malgré une mauvaise VF, le rôle lui va à ravir. Il incarne parfaitement la bestialité de Kraven avec son regard mystérieux et sa coupe de cheveux mi-longue. Ce dernier a d’ailleurs énormément travaillé pour le rôle avec une préparation physique de haut niveau. Cette dernière inclut notamment des mois d’entraînement en musculation, parkour et escalade, afin de refléter la physicalité du personnage. Il a également participé activement aux scènes de combat, travaillant en étroite collaboration avec des superviseurs d’action et des doublures cascades pour assurer des séquences réalistes et dynamiques.

Continuons avec Ariana DeBose (Argylle) qui incarne Calypso. Dommage qu’on ne la voie pas plus à l’écran ! Ses dialogues étaient plutôt bons, et elle ajoute du positif à côté des acteurs qui n’ont pas réellement de rôle à côté. Malgré une faible apparition à l’écran, elle est décisive dans certains moments du scénario. C’est d’ailleurs dommage qu’on n’en apprenne pas plus sur le personnage, car c’est clairement une entité intéressante dans les comics. Malheureusement, on ne risque pas de la revoir de sitôt, je pense, Sony ayant revu sa stratégie pour les films du Spider-Man Universe. Sans l’homme-araignée en tête d’affiche, ces derniers peinent à convaincre.

Ariana DeBose et aaron taylor-johnson

Enfin, les derniers bons acteurs sont Russell Crowe (Gladiator) et Fred Hechinger (Gladiator 2), qui incarnent respectivement le père et le frère de Sergueï. Même si ce sont de très bons acteurs, il faut se le dire, ils ne servent pas à grand-chose dans le film. On peut tout de même retenir un bon casting pour ces deux personnages : le plus vieux incarnant parfaitement la masculinité toxique, et le plus jeune, la douceur et la tendresse.

Après cela, malheureusement, il ne reste que deux acteurs avec de gros rôles dans le film : Christopher Abbott (Pauvres Créatures) qui incarne “L’Étranger” et Alessandro Nivola (L’Étrangleur de Boston) pour le Rhino. Pour le premier, à l’instar de Russell Crowe et Monsieur Hechinger, je n’ai pas grand-chose à dire. En revanche, pour Alessandro, c’est une autre affaire. Alors, je n’ai rien contre l’acteur, qui joue très bien. C’est au directeur de casting qu’il faut rejeter la faute sur ce coup. L’acteur n’est clairement pas assez impressionnant pour incarner le rôle d’un méchant comme le Rhino. C’est vraiment dommage : c’était un antagoniste que j’avais hâte de revoir.

Des combats et cascades au rendez-vous

C’est le point fort du film. Entre deux trois dialogues ennuyeux, ce dernier nous offre de belles scènes de combat et parkour. Le deuxième est d’ailleurs bien retranscrit à l’écran avec un Kraven qui se déplace tel un félin traquant sa proie et qui grimpe et se balance comme un singe. Pour le coup c’est assez impressionnant, surtout qu’Aaron Taylor-Johnson a exécuté lui-même certaines de ces séquences donnant une authenticité et une dynamique accrues aux scènes d’action du film.

Côté combats, on est assez bien servi aussi, de véritables chorégraphies bien sanglantes ! Le film est d’ailleurs classé R aux États-Unis en raison de sa violence, on n’est pas loin d’un Deadpool. Malgré de bons combats tout le long du film, on se retrouve in fine avec un combat final bien en deçà des espérances. Ce dernier est très court et n’a rien d’époustouflant, dommage quand deux bêtes comme Kraven et le Rhino s’affrontent.

Les références de Kraven

On peut noter plusieurs références dans ce film qui feront sûrement plaisir aux fans, mais nous allons commencer par une référence plus écologique.

Sony nous plonge au début du film dans ce que l’humain peut faire de pire aux espèces qui l’entourent : la chasse. Ici, on ne parle pas de chasse pour se nourrir, mais comme d’un sport, le but étant de récolter des trophées sur les animaux et d’en retirer une certaine gloire. On nous parle aussi de braconnage, avec deux scènes assez heurtantes où l’on voit des troupeaux de gnous massacrés pour en récupérer leurs cornes. J’ai trouvé ça assez intelligent de la part de Sony de sensibiliser à cette cause, qui fait encore beaucoup de ravages de nos jours.

Pour les plus novices, parlons un peu de Calypso. Si, ici, elle est un personnage principal, elle ne reflète pas vraiment son personnage dans les comics. Apparu pour la première fois dans le tome 16 de New Mutants en juin 1984, elle est en réalité une sorcière vaudou aux pouvoirs assez sympathiques. Elle combine potions et sortilèges pour désorienter ses ennemis et peut même prendre le contrôle de ses adversaires grâce à l’esprit du tambour Yorumba.

Calypso

Nous entendons aussi parler de Miles Warren. Dans le film, il est cité comme étant le scientifique ayant donné ses pouvoirs au Rhino. Plus connu sous le nom de Chacal, il fait sa première apparition en 1965 dans le n°31 de The Amazing Spider-Man. Il est le professeur de chimie de Peter et Gwen. Il est d’ailleurs très obsédé par la jeune femme. C’est un expert du clonage et il possède des griffes enduites de poison.

On peut aussi voir apparaître le nom de Hitman à la une du journal. Bien qu’il y ait eu plusieurs individus qui ont porté ce nom, l’original est un ancien vétéran de la guerre du Vietnam. Il est ensuite devenu tueur à gages. C’est en rentrant aux États-Unis qu’il prend le nom d’Hitman et devient tueur à gages. Petite anecdote : durant la guerre, il a servi dans la même unité qu’un certain Frank Castle.

Le chacal et Hitman

Kraven est une déception sur plusieurs points, je n’ai même pas abordé la musique. Avec Benjamin Wallfisch aux commandes, pourtant excellent dans Ça et d’autres productions, ici ses compositions se font discrètes. Rien de bon pour la dernière production Sony/Marvel de l’année 2024. Cette dernière réalise d’ailleurs le pire lancement de l’univers Sony Spider-Man avec seulement 11 millions de dollars au box-office domestique pour son premier week-end. Avec un coût de production de 110 millions de dollars et un box-office mondial de seulement 43 millions, le film est un énorme gouffre financier. Tony Vinciquerra, PDG de Sony Pictures, blâme la presse pour cet échec, affirmant que les critiques ont « détruit » les films comme Madame Web et Venom. Malheureusement, il faut parfois remettre en cause la production plutôt que la critique.

La note de la rédac
0 /10

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Aller au contenu principal