Depuis 1988, Ninja Gaiden – connu à ses débuts sous le nom de Shadow Warrior lors de sa sortie sur Commodore 64 et d’autres plateformes de l’époque – perpétue un savoir-faire unique en matière de beat them all et de jeux de baston survitaminés. Après dix ans d’absence, la licence co-développée par Team Ninja et PlatinumGames signe enfin son grand retour. En janvier dernier, nous avons eu droit à Ninja Gaiden 2 Black, un remaster musclé, et plus récemment, le 20 octobre, c’est un tout nouvel opus inédit qui a débarqué : Ninja Gaiden 4 ! Alors, que vaut ce nouvel épisode de la saga culte, entre bains de sang, combos dévastateurs et un Tokyo au bord du chaos ? Plongeons ensemble dans cette nouvelle aventure !
Une histoire en deux temps qui divise
Dans ce nouvel opus, vous n’incarnez pas le légendaire Ryu Hayabusa, mais un tout nouveau personnage : Yakumo, un ninja aussi mystérieux que redoutable. Enfin… pas tout à fait. Le récit prend place après les événements de Ninja Gaiden 3, dans un Tokyo futuriste envahi par des démons. Durant 14 chapitres, vous explorerez des environnements variés tout en massacrant des hordes de créatures à l’aide d’armes dévastatrices.
Mais une fois le quatorzième chapitre terminé, retour aux sources : vous reprenez le contrôle de Ryu Hayabusa. L’action se déplace alors dans le passé, pour revivre les événements ayant conduit à la chute de Tokyo. Si le retour de Ryu ravira sans doute les fans de la première heure, ce changement de perspective narrative a un revers.
Le principal souci ? Sur les cinq derniers chapitres, le jeu nous fait reparcourir les mêmes niveaux que ceux explorés avec Yakumo, presque à l’identique, et nous confronte aux mêmes boss. Une redondance scénaristique qui casse le rythme et provoque une certaine lassitude.
C’est d’autant plus regrettable que Yakumo est un personnage très agréable à jouer, grâce à un gameplay nerveux et varié, notamment via un arsenal de quatre armes distinctes. Bien sûr, retrouver Ryu et son katana tranchant reste un plaisir, mais la répétition nuit à l’expérience sur la fin du jeu.
Yakumo, un ninja moderne au gameplay explosif
Yakumo, jeune ninja promis à un destin de leader du mystérieux clan du Corbeau, incarne la relève dans Ninja Gaiden 4. Dès les premières minutes, il se démarque par sa vitalité, sa polyvalence, et un gameplay aussi fluide que brutal.
Au départ, Yakumo ne manie qu’un katana classique. Mais très vite, au fil de votre progression, vous débloquez un arsenal de quatre armes qui viennent enrichir et diversifier l’expérience de jeu. En plus du katana, vous aurez accès à :
- Une épée foreuse, idéale pour percer les défenses ennemies
- Un bâton de combat, rapide et parfait pour les enchaînements
- Une arme hybride, mêlant attaque à distance via des shurikens et puissance au corps à corps avec une masse
Chaque arme possède ses propres animations, combos et sensations, rendant les affrontements toujours dynamiques et stratégiques.
Mais ce n’est pas tout : Yakumo peut également activer sa forme de corbeau, une transformation mystique qui déchaîne toute sa puissance intérieure. Dans cet état, ses attaques deviennent plus puissantes, de nouveaux combos sont disponibles, et il peut utiliser des capacités magiques dévastatrices. Attention cependant, cette forme nécessite de remplir une jauge de mana, que l’on recharge en attaquant les ennemis.
Pour soutenir votre progression, vous croiserez dans chaque niveau des zones de ravitaillement, véritables hubs d’amélioration. Deux personnages clés vous y attendent :
- Une marchande, qui propose des objets utiles au combat et vous confie des missions secondaires à accomplir pour gagner de l’argent
- Un maître d’armes, qui vous enseigne de nouvelles compétences en échange de monnaie gagnée en jeu
En parallèle, il est également possible de débloquer des capacités supplémentaires directement dans le menu, via un système de points de compétence.
L’ensemble donne lieu à une jouabilité extrêmement riche, avec une infinité de possibilités pour créer des combos spectaculaires. Que vous soyez adepte de la force brute ou des attaques rapides et précises, Yakumo s’adapte à tous les styles de jeu et s’impose comme un héros à la hauteur de la légende de Ryu Hayabusa.
Des combats intenses, aériens et ultra dynamiques
Parlons maintenant du cœur de Ninja Gaiden 4 : les combats. Et bonne nouvelle, le jeu est d’une fluidité exemplaire. Aucun bug majeur n’a été constaté durant notre session de test, et l’ensemble tourne de manière stable, rapide et ultra nerveuse.
Il faut un petit temps d’adaptation pour maîtriser pleinement les mécaniques : entre les différentes armes, les transitions entre attaques au sol et aériennes, la forme de corbeau, les enchaînements de combos et les contre-attaques, le gameplay demande un certain niveau d’investissement. Mais une fois les bases assimilées, c’est un vrai festival.
Enchaîner les ennemis et voir le compteur de combos exploser procure un plaisir immédiat, digne des meilleurs beat them all du genre. Le tout repose sur un système de combat fluide et réactif, qui tire pleinement parti de la verticalité des arènes. Vous serez régulièrement amené·e à combattre dans les airs, à utiliser votre grappin pour bondir vers les ennemis ou vous propulser via le décor pour atteindre des plateformes.
Ces transitions entre sol et ciel donnent lieu à de véritables ballets d’action chorégraphiés, où chaque esquive, chaque coup porté et chaque parade participe à un rythme effréné mais lisible. Même lors des séquences les plus intenses, l’action reste parfaitement compréhensible et visuellement très lisible.
Le tout est enrichi par un bestiaire inspiré et cohérent, qui se renouvelle régulièrement tout au long de l’aventure. Chaque chapitre introduit de nouveaux ennemis, avec des attaques, des faiblesses et des comportements différents. Le jeu puise profondément dans le folklore japonais, ce qui donne un univers cohérent et une identité visuelle forte à chaque affrontement.
Des niveaux variés, colorés et riches en exploration
Les niveaux de Ninja Gaiden 4 sont plutôt bien optimisés. Bien que le jeu reste essentiellement linéaire, les développeur·euses ont intégré de nombreux embranchements optionnels, qui encouragent l’exploration. Ces zones secondaires permettent de trouver du matériel, des objets à collectionner ou encore de relever des défis supplémentaires, ajoutant ainsi une vraie profondeur de gameplay.
Comme pour les combats, la verticalité est au cœur de la progression. Grâce à votre grappin, vous pouvez grimper sur des plateformes en hauteur, et certains niveaux nécessitent également l’usage d’un planeur pour traverser des gouffres ou atteindre des zones autrement inaccessibles. En plus des armes, vous débloquez aussi divers équipements qui viennent enrichir votre manière de jouer. Petite mention spéciale à la planche de surf, utilisée dans certains niveaux aquatiques — une idée originale qui apporte un vent de fraîcheur à l’ensemble.
Chaque chapitre possède sa propre ambiance visuelle, en lien direct avec le boss final du niveau. Un très bon exemple : le quartier submergé, une zone inférieure de Tokyo inondée après la « pluie du Dragon Noir ». Ici, vous affrontez un démon-requin aux couleurs flashy, dans un décor qui évoque une boîte de nuit nichée dans les égouts. L’atmosphère y est étrange, oppressante mais captivante, et donne au chapitre une identité unique.
De manière générale, chaque niveau bénéficie de sa propre colorimétrie, de son bestiaire dédié et de son architecture spécifique. Cela permet d’éviter la lassitude et de maintenir une immersion constante tout au long des 14 chapitres principaux. On sent que le level design a été pensé pour surprendre, tout en s’intégrant harmonieusement à l’univers narratif du jeu.
Une bande-son rock et métal qui envoie du lourd
À la bande-son de Ninja Gaiden 4, on retrouve Masahiro Miyauchi, fidèle compositeur de la saga. Et une chose est certaine : il livre une prestation plus que solide, taillée sur mesure pour accompagner l’intensité du gameplay.
La musique est percutante, punchy, et retranscrit à merveille la rapidité et la violence des combats. On y retrouve les instruments phares du rock, notamment une batterie énergique et des guitares électriques puissantes, qui donnent naissance à des morceaux entraînants et nerveux.
Sur certains titres, des voix japonaises viennent pousser dans leurs retranchements, apportant un côté métal assumé, brut et viscéral. Le résultat : une ambiance sonore à la fois intense et immersive, qui colle parfaitement à l’univers du jeu.
Et même si je ne suis pas un grand fan de métal à la base, je dois bien l’admettre : la bande-son envoie du lourd. Elle réussit à sublimer l’action, à donner du rythme aux affrontements, et participe pleinement à l’identité nerveuse et stylisée du jeu.
Une suite maîtrisée qui relance la saga avec panache
Concrètement, Ninja Gaiden 4 est une recette qui fonctionne. Même sans être un·e spécialiste de la licence, le jeu reste accessible, intense et diablement efficace. Le changement de personnage principal ne m’a pas particulièrement déstabilisé, et au contraire, Yakumo apporte une fraîcheur bienvenue, avec un gameplay varié et nerveux.
Le duo Team Ninja / PlatinumGames signe un retour réussi pour cette saga mythique. Le système de combat est maîtrisé, fluide et jouissif, les niveaux sont inspirés, et la bande-son électrisante fait honneur à l’univers de Ninja Gaiden.
Le seul véritable bémol reste le scénario, qui s’essouffle dans sa seconde moitié, notamment après le retour de Ryu Hayabusa. Le recyclage des niveaux et des boss dans les derniers chapitres apporte une certaine lassitude, là où l’introduction de Yakumo avait su renouveler l’expérience.
Mais dans l’ensemble, Ninja Gaiden 4 réussit ce que l’on attendait de lui : relancer une licence culte avec brio, tout en modernisant sa formule. Un retour sanglant, spectaculaire et solide, qui saura satisfaire les fans de la première heure comme les nouvelles joueuses et nouveaux joueurs en quête d’action pure.
Suivez-nous sur TikTok






