Après deux premiers opus sortis respectivement en 2018 et 2021, Frontier Developments est de retour depuis octobre dernier avec un troisième volet pour sa saga phare de jeux de gestion. Jurassic World Evolution, c’est un peu comme un bon vin : il se bonifie avec le temps. J’avais adoré le premier épisode, et le deuxième l’avait surpassé à tous les niveaux. Ce troisième opus ne marque peut-être pas une révolution, mais il continue sur sa lancée en affinant la formule et en enrichissant encore son contenu. Entre gestion de crise, soins aux dinosaures et émerveillement face à ces créatures mythiques, que vaut vraiment Jurassic World Evolution 3 ?
Un scénario post-films au service de la découverte
Côté scénario, Jurassic World Evolution 3 prend place après les événements des derniers films. Les dinosaures ont désormais colonisé le continent, et les humains doivent apprendre à cohabiter avec ces espèces ressuscitées. Le mode histoire vous fait voyager à travers dix cartes différentes, réparties entre l’Amérique, l’Europe et l’Asie, où vous devrez relever un défi principal : construire et gérer des parcs tout en suivant une trame narrative.
Comme dans les opus précédents, le scénario reste minimaliste. Il sert avant tout de prétexte pour vous introduire progressivement aux mécaniques de jeu. Il n’est pas là pour bouleverser les codes, mais plutôt pour accompagner vos premières heures et vous familiariser avec les nouvelles fonctionnalités.
La vraie bonne surprise, c’est la richesse du contenu disponible dès le lancement. Le premier Jurassic World Evolution proposait six cartes, le deuxième seulement cinq. Ici, Frontier Developments nous gâte avec dix environnements différents, autant d’occasions de bâtir des parcs uniques, de relever des défis variés et surtout de profiter d’un contenu plus dense et généreux que jamais. C’est donc dix parcs à construire de A à Z, avec une rejouabilité accrue et de longues heures de jeu à la clé.
On note toutefois un léger bémol : certaines cartes sont recyclées du deuxième opus. Il ne s’agit que de deux ou trois environnements, mais on aurait aimé un peu plus de fraîcheur à ce niveau-là.
Enfin, côté bestiaire, le jeu affiche un total impressionnant de plus de 90 créatures terrestres, marines et volantes, dont quelques hybrides. Dommage cependant que la sélection soit quasiment identique à celle des précédents jeux. On aurait adoré découvrir de nouveaux hybrides, notamment aquatiques ou volants, pour varier un peu les plaisirs et renouveler la surprise.
Un contenu riche et personnalisable pour les architectes de parcs
En plus de la campagne scénarisée, Jurassic World Evolution 3 propose une belle variété de contenus pour prolonger l’expérience de jeu. Les modes Défis font leur retour, fidèles à ce que la série a proposé jusqu’ici. Neuf défis sont disponibles, dont huit d’une durée moyenne supérieure à une heure, offrant aux joueurs et aux joueuses des objectifs corsés à atteindre dans des conditions spécifiques. Un excellent moyen de tester vos compétences en gestion et en optimisation.
Mais ce n’est pas tout. Le mode Bac à sable, véritable terrain de jeu pour les créateurs et créatrices de parc, vous permet de laisser libre cours à votre imagination. Toutes les cartes de la campagne sont disponibles, mais ce n’est pas tout : huit cartes supplémentaires issues des anciens opus sont également incluses, portant le total à 18 cartes différentes. Une sélection généreuse qui donne envie d’expérimenter encore et encore.
Et la vraie nouveauté de cet opus, c’est le tout nouveau générateur d’îles procédural. Dans ce mode, vous choisissez votre biome préféré (forêt, désert, tropical, etc.) ainsi que le type de jeu (bac à sable, défi, etc.). Le système génère alors automatiquement une île unique, que vous pouvez ensuite modifier à votre guise : relief, plages, plans d’eau, végétation, forme du terrain… tout est personnalisable.
Résultat : chaque île devient un terrain de jeu unique, et aucune partie ne ressemble à une autre. Ce générateur ouvre la voie à une créativité quasi infinie, idéale pour celles et ceux qui veulent repousser les limites de l’aménagement de leur parc préhistorique.
Des bébés dinosaures, un Workshop communautaire et une interface modernisée
La grande nouveauté de Jurassic World Evolution 3, c’est l’arrivée des dinosaures juvéniles. Dès les premières missions de la campagne, vous êtes amené·e à en accueillir quelques-uns. Désormais, les dinosaures ont évolué et sont capables de se reproduire naturellement. Cette mécanique introduit un nouveau système de gestion : il faudra adapter vos enclos en y installant des zones de nidification, indispensables pour voir naître ces adorables bébés dinosaures.
Le cycle de vie est désormais plus poussé : les juvéniles grandissent pour devenir adultes, et ces derniers peuvent à leur tour se reproduire, créant ainsi un véritable arbre généalogique dynamique au sein de votre parc. Cela apporte une profondeur inédite à la gestion des espèces, renforçant à la fois l’immersion et la stratégie à long terme.
Autre ajout très apprécié : l’intégration du Workshop communautaire directement dans le jeu. Ce nouveau menu vous permet d’accéder à des plans et créations partagés par la communauté, que vous pouvez intégrer facilement dans vos propres parcs. On y trouve des bâtiments personnalisés, des décorations originales, voire des reproductions iconiques comme le célèbre enclos des raptors du premier film. Un excellent moyen de donner vie à vos idées tout en profitant du talent des autres joueuses et joueurs.
Côté technique, si le moteur graphique reste globalement le même, l’aspect visuel continue de s’améliorer. Les dinosaures n’ont jamais été aussi réalistes, et les environnements gagnent en richesse. Mais ce sont surtout les menus et l’interface utilisateur qui bénéficient d’une refonte bienvenue : plus modernes, clairs et intuitifs, ils rendent la navigation bien plus fluide, en particulier pour les néophytes de la série.
Une gestion affinée et plus immersive que jamais
Côté gestion, Jurassic World Evolution 3 reste fidèle à ses racines tout en apportant quelques ajustements bienvenus. On retrouve les mécaniques classiques de gestion du parc et des dinosaures, avec toujours ce savoureux mélange entre stratégie, anticipation et émerveillement.
Les équipes de réaction sont toujours là, avec leurs jeeps et hélicoptères. Elles permettent d’observer les dinosaures, d’analyser leur état de santé et d’intervenir en cas de comportement dangereux. Un dinosaure agité ? Un petit coup de tranquillisant, et le problème est réglé — du moins temporairement. Le centre paléomédical complète ce dispositif en prenant en charge les soins des animaux blessés ou malades, avec des équipes spécialisées prêtes à intervenir rapidement.
Une nouvelle mécanique de maintenance
La grande nouveauté de cette édition, c’est l’introduction du centre de maintenance. Désormais, vos équipes disposent de petites voiturettes électriques qui sillonnent le parc pour réparer les bâtiments et maintenir un bon niveau de performance globale. Contrairement aux opus précédents, où les structures étaient surtout endommagées par les intempéries, ici, l’usure est progressive : chaque bâtiment se dégrade avec le temps.
Il faut donc placer stratégiquement des postes de maintenance dans tout le parc, pour permettre à vos technicien·nes d’intervenir efficacement. Ce nouveau système apporte une couche de gestion supplémentaire, plus réaliste et immersive, qui pousse à mieux planifier l’organisation de vos installations.
Des visiteurs plus exigeants, des attractions plus variées
La gestion des besoins des visiteurs et visiteuses reste essentielle : il faudra toujours s’assurer de leur bien-être grâce à des magasins, des toilettes, des abris d’urgence et des transports bien placés. Mais cette fois, plusieurs nouvelles attractions font leur apparition pour améliorer leur satisfaction et diversifier l’expérience :
- Le tour en montgolfière, pour une vue aérienne spectaculaire du parc
- Le Vactrain, une sorte de métro futuriste qui prend moins de place que les monorails, mais ne permet pas d’observer les dinosaures
- Les tyroliennes et les balades en kayak, pour une immersion encore plus proche des créatures
- Les dômes panoramiques, que l’on peut placer directement dans les enclos, lagons ou volières, offrant une vue à 360° depuis l’intérieur même des habitats
Ces ajouts rendent le parc plus vivant et plus interactif, et offrent une grande liberté de conception.
Le bien-être animal toujours au cœur du gameplay
Du côté des dinosaures, les bases restent inchangées : chaque espèce a ses propres besoins, qu’il faudra apprendre à connaître pour éviter les conflits ou les fuites. Certaines créatures sont solitaires, d’autres préfèrent vivre en groupe. Certaines peuvent cohabiter, d’autres non. Et bien sûr, il faut nourrir tout ce petit monde :
- Mangeoires adaptées pour les carnivores et piscivores
- Biomes végétalisés pour les herbivores, avec des plantes spécifiques selon les préférences
- Adaptation de l’enclos selon les besoins (prairies, marécages, forêts, etc.)
La grande différence, cette fois, vient des dinosaures juvéniles, qui apportent une gestion plus organique de la population animale. Le parc devient un véritable écosystème évolutif, où les dinosaures naissent, grandissent, interagissent… et parfois se reproduisent.
Une campagne plus accessible mais quelques regrets sur le lore
L’un des changements notables dans Jurassic World Evolution 3, c’est la baisse de la difficulté dans le mode campagne. Dans les opus précédents, atteindre la note maximale de cinq étoiles relevait presque de l’exploit : il fallait que tout soit parfait — bien-être des dinosaures à 100 %, satisfaction totale des visiteur·euses, infrastructures impeccables, etc. Cela représentait un véritable défi, parfois frustrant.
Désormais, l’approche est plus souple. Pour atteindre les cinq étoiles, il suffit de remplir quatre objectifs principaux, clairement indiqués dans le panneau de gestion. Ces objectifs varient selon les cartes : faire cohabiter quatre espèces différentes dans un même enclos, atteindre un certain nombre de naissances naturelles, diversifier les espèces présentes, etc. Ce système rend la campagne beaucoup plus accessible, sans pour autant sacrifier la richesse de la gestion.
C’est un choix qui plaira sans doute aux nouveaux joueurs et nouvelles joueuses, tout en laissant aux fans de la première heure la possibilité de corser l’expérience via les modes Défis ou Bac à sable.
Une encyclopédie absente qui laisse un vide
En revanche, une fonctionnalité appréciée des fans a disparu : l’encyclopédie intégrée. Dans Jurassic World Evolution et Jurassic World Evolution 2, chaque découverte — qu’il s’agisse d’un dinosaure, d’un bâtiment ou d’un site — était ajoutée à une encyclopédie interactive, enrichissant le lore du jeu tout en offrant une dimension ludique et éducative.
Ici, cette encyclopédie n’est plus présente. Certes, on peut encore consulter les informations de chaque dinosaure directement via la couveuse, mais cela reste moins immersif. C’est une petite perte pour celles et ceux qui appréciaient cette touche pédagogique, et qui voyaient dans le jeu une belle occasion d’en apprendre plus sur la paléontologie.
Une première vague de DLC prometteuse pour enrichir l’expérience
Comme les précédents opus, Jurassic World Evolution 3 est pensé pour évoluer dans le temps avec de multiples contenus téléchargeables (DLC) qui viendront étendre considérablement sa durée de vie. Si les deux premiers jeux avaient respectivement proposé trois et deux extensions scénarisées, accompagnées de nombreux packs d’espèces et d’objets, ce troisième épisode suit une trajectoire similaire, avec déjà plusieurs contenus supplémentaires disponibles.
Dès le lancement, l’édition Deluxe propose déjà quatre espèces exclusives, un petit bonus appréciable pour les passionné·es de diversité paléontologique.
Deux DLC majeurs sont également disponibles à ce jour :
Le Badlands Set : retour aux origines
Ce pack rend hommage à l’univers du tout premier Jurassic Park, avec une sélection d’objets d’environnement inspirés des sites de fouilles emblématiques. Il inclut notamment :
- Une pergola, un mobil-home, des fossiles, des ordinateurs vintage, un détecteur de fossiles et un 4×4 décoratif.
- Cinq plans de paysage typiques des Badlands.
- Une apparence exclusive de 4×4 pour les équipes de maintenance.
Un petit ajout purement cosmétique, mais parfait pour les fans du film original qui souhaitent recréer l’ambiance des premiers instants de la franchise.
Le Pack des marécages (Wetlands) : des espèces inédites et une ambiance bayou
Plus complet, ce DLC introduit une nouvelle ambiance marécageuse et surtout trois espèces préhistoriques inédites, accompagnées d’un large panel d’objets de décoration et d’infrastructures typiques des zones humides. On y découvre :
- Irritator : un spinosauridé semi-aquatique au crâne effilé et aux couleurs vives, capable de chasser aussi bien dans l’eau que sur terre. Il se distingue par ses motifs dimorphes et son comportement féroce.
- Austroraptor : cousin plus grand du Velociraptor, ce carnivore piscivore rôde près des zones aquatiques et se révèle redoutable dans les enclos palustres.
- Hypsilophodon : un petit herbivore grégaire au bec puissant et à la crête hérissée, qui s’épanouit dans les milieux chauds et marécageux.
Le pack inclut également :
- Treize plans pour construire des éléments inspirés du bayou : pontons en bois, cabanes rouillées, hangar à bateaux, etc.
- Une multitude d’objets d’environnement : lanternes, désinsectiseurs, épaves décoratives, barbecues rouillés et autres bicoques pour renforcer l’immersion.
- La possibilité de créer des enclos brumeux et luxuriants offrant un véritable changement d’ambiance par rapport aux environnements plus classiques du jeu de base.
Ces premiers DLC confirment l’ambition de Frontier Developments de continuer à enrichir son titre avec du contenu à la fois esthétique et ludique. On peut s’attendre à voir arriver dans les mois à venir de nouvelles espèces, de nouveaux biomes et peut-être même des extensions scénarisées comme ce fut le cas avec Return to Jurassic Park dans l’opus précédent.
Une évolution maîtrisée, mais pas une révolution
Jurassic World Evolution 3 ne chamboule pas la formule établie par ses prédécesseurs, mais il parvient avec brio à l’enrichir et à la peaufiner. Plus accessible, plus généreux en contenu, et doté de nouvelles mécaniques immersives comme la reproduction naturelle des dinosaures ou le générateur d’îles procédural, il confirme le savoir-faire de Frontier Developments en matière de jeux de gestion.
Le titre brille par sa richesse de contenu dès le lancement, son interface modernisée, et une volonté assumée de laisser plus de liberté aux joueuses et joueurs dans la construction de leurs parcs. La présence d’un Workshop communautaire est une excellente idée qui prolonge l’expérience de manière créative et collaborative.
Cependant, tout n’est pas parfait : l’absence de l’encyclopédie enlève une dimension éducative et immersive que beaucoup regrettaient déjà dans le deuxième opus. Le bestiaire, bien que conséquent, manque de vraies nouveautés, et la réutilisation de certaines cartes pourra laisser un léger goût de déjà-vu chez les habitué·es.
Mais malgré ces quelques points faibles, Jurassic World Evolution 3 reste une expérience particulièrement plaisante pour les fans de dinosaures, de gestion et de personnalisation. Si vous rêvez de créer le parc préhistorique parfait, de voir naître vos propres bébés tricératops ou de construire une volière suspendue au-dessus d’un marais embrumé… ce jeu est fait pour vous. Et avec les DLC déjà disponibles et ceux à venir, il y a fort à parier que l’aventure ne fait que commencer.
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