Video Games History : La saga Batman Arkham

Au début des années 2000, les super-héros et les jeux vidéo ont rarement fait bon ménage. En effet, mis à part les jeux Spider-Man basés sur les films de Sam Raimi, les jeux sur les Tortues Ninja et Marvel vs Capcom qui surnagent, les jeux de super-héros sont régulièrement moqués par leur audience. Personne n’a oublié le jeu Superman de 1999. Pourtant, dans l’ombre, un studio inconnu s’apprête à changer la tendance avec pour héros le chevalier noir, Batman.

Batman et le grand public

Batman a toujours su s’attirer la sympathie du grand public. Il était donc inévitable de le voir investir des médias plus populaires que les bandes dessinées. 

C’est dans cette logique que fut créée la série de 1966 (après plusieurs tentatives sous forme de serials). Batman étant incarné par le fameux Adam West. Le succès fut au rendez-vous, la série devenant culte au fil des ans.

Batman (1966) © Wikipédia

L’adaptation au cinéma a également suivi. En effet, la première incursion de Batman au cinéma (gérée par la Warner qui détient les droits de la licence) est confiée à un certain Tim Burton. Ce dernier décide de constituer un casting cinq étoiles.

Il recrute Michael Keaton pour incarner le justicier, Kim Basinger dans le rôle de la journaliste Vicki Vale et bien sûr, le légendaire Jack Nicholson pour jouer le meilleur ennemi de Batman, le Joker. Le style unique de Tim Burton a su conquérir le public et l’industrie du cinéma, gagnant de nombreuses récompenses.

Batman (1989) © Rotten Tomatoes

Les premiers jeux vidéo

Durant les années 1990, la licence Batman fut victime d’un phénomène bien connu de nos jours : les jeux vidéo qui accompagnent la sortie des films. Mais Batman étant l’exception qui confirme la règle, certaines de ses apparitions vidéoludiques font partie des plus appréciées.

Sorti sur NES, le jeu accompagnant le film de 1989 est un platformer d’action (ou “run and gun”) en deux dimensions. Les cinématiques du jeu sont constituées d’images du film. Le gameplay est similaire à celui de Castlevania.

Batman peut taper avec ses poings et dispose de trois armes à distance. Celles-ci consomment des munitions qui peuvent être trouvées dans les différents niveaux. Ces derniers, au nombre de cinq, consistent en une phase d’exploration se concluant par un boss. Le dernier n’est autre que le Joker évidemment.

Le jeu Batman (1989) © Amazon

La chute du chevalier noir

Après un deuxième film chapeauté par Tim Burton, la saga cinématographique de Batman va connaître une phase des plus troubles. Tim Burton était partant pour réaliser un troisième film mais la Warner estimait que ses idées étaient bien trop sombres pour attirer un large public.

C’est pourquoi les suites de la franchise changèrent de réalisateur. Batman Forever, sorti en 1995 sous la direction de Joel Schumacher, sera très mal accueilli par son public et par la critique. Le coup de grâce sera apporté par sa suite, le célèbre Batman & Robin en 1997.

Ce fut un échec cuisant qui amena Warner Bros à plonger la franchise dans un sommeil profond

Mais au milieu des années 2000, la Warner estime que le temps est venu pour Batman de faire son grand retour. Cependant, pas question de repartir sur les fondations des précédents films. Au revoir donc l’univers excentrique de Joel Schumacher et le monde gothique de Tim Burton. Le projet sera confié à un jeune réalisateur, jusque-là habitué à des projets indépendants plus modestes, un certain Christopher Nolan.

En 2005 sort donc Batman Begins. Un film bien plus sombre et mature que les précédents. Batman est bien plus ancré dans la réalité. Cette nouvelle version parvient à reconquérir le public grâce à de nombreux éléments tels que son casting cinq étoiles, la vision de son réalisateur, le réalisme de l’univers… Cette nouvelle incursion cinématographique va engendrer dans son sillage une révolution dans un autre médium : le jeu vidéo

Batman Begins (2005) © Amazon

Rocksteady Studios

Urban Chaos Riot Response © Amazon

En effet, pendant que Batman renaissait au cinéma, un studio légendaire allait voir le jour. En 2004, Jamie Walker et Sefton Hill quittent Argonaut Games, le studio ayant développé les deux premiers jeux Harry Potter. Ils entraînent des collègues avec eux et le 13 décembre, ils fondent Rocksteady Studios.

La création du studio est due en partie à SCi entertainment, qui sera rebaptisé Eidos après les avoir racheté en 2005. En 2006, Rocksteady sort son premier jeu: Urban Chaos: Riot Response sur Xbox et PlayStation 2. Comme son nom l’indique, le but est de mettre fin à une série d’émeutes dans une ville sans nom.

Le jeu reçut un accueil mitigé de la critique, atteignant la note de 72/100 sur Metacritic pour la version Xbox et 73/100 pour la version PlayStation 2. Les joueurs, en revanche, lui ont accordé la note moyenne (toujours selon Metacritic) de 8.3/10. Un succès plutôt honorable pour un premier jeu.

La naissance d’une saga culte

Au printemps 2007, deux ans après la sortie de Batman Begins, Eidos obtient le droit de produire un jeu Batman. Ils se tournent alors vers Rocksteady afin qu’ils leur présentent leur vision du projet. Le résultat est tel que la pré-production est lancée dès le mois de Mai 2007. L’été 2009 fut donc l’occasion pour les joueurs du monde entier de découvrir Batman: Arkham Asylum.

L’histoire du jeu est écrite par Paul Dini, le co-scénariste de la mythique série Batman des années 1990. Et son influence se ressent très fortement dans le jeu. La direction artistique du jeu se veut très orientée comic books. Les teintes de couleur, les designs des personnages, même les dialogues, tout est fait pour nous immerger dans le monde de Batman tel que dépeint dans les comics.

Le jeu se déroule au sein de l’asile d’Arkham, un lieu bien connu des fans de la chauve-souris. Il se compose de plusieurs bâtiments concentrés dans une zone restreinte. Chacun ayant sa propre ambiance, le jeu réussit habilement à conférer un sentiment de grandeur et de diversité à l’asile.

Le jeu bénéficie également d’une bande originale signée Nick Arundel et Ron Fish qui vient sublimer les autres atouts du titre. Et parmi ces atouts, il y a le casting exceptionnel qui donne vie à ces personnages cultes. Le titre propose en effet un doublage de qualité aussi bien en anglais qu’en français grâce à des comédiens dont le talent n’est plus à prouver.

Les rôles de Batman, de Harley Quinn et du Joker en version originale sont confiés respectivement à Kevin Conroy, Arleen Sorkin et Mark Hamill. Soit les mêmes interprètes que dans la série des années 1990. En français, ces mêmes rôles sont assurés par Adrien Antoine, Valérie Siclay et le regretté Pierre Hatet

Mais le succès du jeu repose avant tout sur son gameplay. Il se présente comme un TPA, un jeu d’aventure à la troisième personne dans un environnement en 3 dimensions.

Cela offre aux développeurs de nouvelles possibilités de level design, l’environnement 3D permettant d’exploiter bien plus de gadgets de Batman tels que le grappin, la tyrolienne et bien sur, la cape du chevalier noir.

La légende dit d’ailleurs qu’un développeur aurait passé environ six mois à modéliser la cape, ses mouvements, la texture, les effets des particules…

Cependant, la plus grande prouesse du gameplay de Batman: Arkham Asylum est sans aucun doute son système de combat. Baptisé “Free Flow Combat”, celui-ci offre une perspective globale des scènes de combat en surélevant la caméra.

En la combinant à la fluidité des animations, leur rapidité et à la capacité de passer rapidement d’un ennemi à l’autre, ce système permet de gérer des groupes conséquents d’ennemis sans perdre en lisibilité ni en dynamisme.

Cependant, le gameplay du jeu ne repose pas uniquement sur les combats. En tant que prédateur, le chevalier noir peut également user de ses talents de discrétion. Les phases d’infiltration sont elles aussi très bien pensées. Le level-design permet de prendre les ennemis à revers, de même que les iconiques gargouilles. Celles-ci offrant la possibilité d’éliminer les ennemis par-dessus. Les sbires vont réagir au silence radio de leurs camarades.

Ils iront même jusqu’à placer des pièges sur les gargouilles, surveiller les grilles au sol et même se déplacer deux par deux afin de ne pas être pris à revers. Ils changeront également d’état au cours de l’infiltration. Au début, ils sont calmes. Mais plus leurs amis disparaissent, plus ils sont terrifiés, rendant leurs mouvements imprévisibles. Ils iront même jusqu’à tirer aléatoirement dans la panique. Certains gadgets comme le gel explosif, déclenchable à distance, ont  aussi leur utilité dans les phases d’infiltration.

Batman suspends un ennemi au-dessus d'une gargouille © Steam

Le studio a également compris l’intérêt de l’appropriation de l’espace. C’est pour cela qu’ils ont disséminé des énigmes (liées à un célèbre ennemi de Batman) sur toute la carte. Ces dernières, consistant en un trophée à trouver ou un objet à scanner, nous permettent d’en apprendre plus sur la vision qu’à Rocksteady de l’univers de Batman.

En effet, la résolution des énigmes nous permet de débloquer des biographies de personnages, présents ou non dans le jeu. Il est même possible de découvrir des entretiens des médecins de l’asile avec certains patients.

De plus, le jeu est sorti peu de temps après le deuxième film de Christopher Nolan sur Batman. Celui-ci étant considéré comme le meilleur de la saga, les joueurs souhaitant prolonger le plaisir sur leurs consoles furent nombreux.

Le succès fut considérable, hissant immédiatement Rocksteady au rang de studio star. Le jeu intégra même le Guiness Book des records en tant que “Jeu de super héros le plus acclamé par la critique de tous les temps”. Rocksteady gagna ainsi le respect de la critique, du public et de la profession. Cependant, certains doutaient tout de même du talent de Rocksteady. Considérant Batman: Arkham Asylum comme un coup de chance.

Essai transformé

Il ne faudra pas plus de deux ans à Rocksteady pour prouver qu’ils ont réellement compris l’univers du chevalier noir. En effet, en 2011, débarquait sur nos machines Batman: Arkham City. Le jeu récolte la moyenne Metacritic de 91,5/100 sur toutes les plateformes. Il est salué par la presse pour son innovation.

Le jeu apporte à la franchise une formule open-world qui ne la quittera plus. L’intrigue prend place à Arkham City. Une prison à ciel ouvert directement intégrée à la ville de Gotham.

Toujours écrit par Paul Dini, le scénario de cet opus en a fait le préféré de la majorité des joueurs. L’approche mature et crédible de la saga fonctionne toujours aussi bien. Le casting principal reste toujours aussi exceptionnel et Rocksteady intègre parfaitement les nouveaux venus dans leur vision.

Batman Arkham City (2011) © Warner Bros.

La formule open-world permet de développer plus encore le level-design, et le contexte carcéral permet d’intégrer des affrontements ponctuels pour rythmer les déplacements dans la ville.

Cependant, les ennemis vaincus reviennent au bout d’un certain temps. Ce qui, vers la fin du jeu, peut être frustrant.

En revanche, placer l’intrigue au sein de la ville de Gotham City donne aux joueurs l’occasion de visiter des lieux iconiques de l’univers de Batman et de ses antagonistes.

Le problème de ce monde ouvert concerne la manière dont on s’y déplace. Les déplacements étant les mêmes que dans le précédent opus. Ils étaient adaptés pour l’asile car la zone était plus condensée.

Mais leur lenteur est bien plus flagrante dans un open world. Pour pallier ce défaut, les équipes de Rocksteady mirent à la disposition des joueurs un “boost de grappin”. Permettant de reprendre son envol après utilisation du grappin.

Cependant, la vitesse de vol ainsi que l’altitude ne varient pas

Le boost de grappin © Reddit

La critique salue également l’attention aux détails dont a fait preuve le studio dans sa conception du monde. Et bien que l’effet de surprise soit atténué par rapport à son prédécesseur, le titre améliore grandement les combats de boss, l’une des critiques les plus récurrentes adressées à son grand frère. Ceux-ci sont bien plus intéressants et variés, offrant parfois même des boss à énigmes.

Concernant le gameplay, le jeu ajoute des gadgets utiles dans et en dehors des combats. Comme par exemple la bombe fumigène, la grenade givrante (utile pour certaines énigmes) ou encore le brouilleur, permettant de saboter les armes à feu, les mines… Le “Free Flow Combat”, quant à lui, est toujours aussi fluide et permissif.

Le jeu introduit également de nouveaux combos qui éliminent plusieurs ennemis d’un seul coup. Les phases d’infiltration se sont également développées en même temps que le level design. Celui-ci offrant des environnements plus grands, avec plus de possibilités tactiques. L’intelligence artificielle, sans être irréprochable, est toujours aussi réactive et cohérente dans ses réactions.

Globalement, Batman: Arkham City est une amélioration de Arkham Asylum sur presque tous les points. Y compris la musique. Nick Arundel et Ron Fish sont de retour à la composition et ils réussissent à transcender leur propre travail sur Arkham Asylum.

Le jeu bénéficie également d’un DLC prenant place après l’histoire principale. Il offre pour la première fois la possibilité de jouer Robin. Le succès critique et commercial est au rendez-vous et Rocksteady réconcilie définitivement jeux vidéo et super-héros.

Robin dans Arkham City © YouTube Batman Arkham Videos

Le faux pas de la saga

Suite à ce succès qui conforte la place de Rocksteady au panthéon des studios cultes, ces derniers décidèrent de se concentrer sur la conclusion de leur saga.

Amélioration de la formule, histoire épique et gameplay poussé à l’extrême sont au programme. Ce qui implique un temps de développement bien plus long que celui des jeux précédents.

Mais pas question pour la Warner de laisser leur poule aux œufs d’or au repos pendant si longtemps. C’est pourquoi Warner Bros. Games Montréal se voit confier la conception d’une suite juste après la sortie de Batman: Arkham City.

Batman Arkham Origins (2013) © Instant Gaming

En 2013, le studio nous présente donc Batman: Arkham Origins. Ce dernier constituera le premier (et dernier) faux pas de la saga. En effet, la presse, comme les joueurs, le voient comme un simple copier-coller du gameplay d’Arkham City. De plus, le jeu prend place avant Arkham Asylum. Pourtant, Batman dispose de gadgets apparus dans Arkham City.

Le jeu apporte tout de même quelques nouveautés. Il dispose par exemple des meilleurs combats de boss de la série (celui de Deathstroke notamment). Il apporte également des phases d’enquête bien plus développées que dans les opus précédents.

Batman: Arkham Origins a également le mérite de nous montrer la naissance de la légende de Batman. Il est également le seul jeu de la franchise à nous proposer d’explorer la batcave. La bande son, cette fois confiée à Christopher Drake s’accorde parfaitement au style plus impulsif et explosif de ce jeune chevalier noir. Il est également le seul opus de la série à posséder un mode multijoueurs. Dont la qualité prête toujours à débat mais qui a le mérite d’exister.

Cependant, le jeu ne parvient pas à fédérer son public, ni la critique. Ses qualités étant noyées sous les problèmes tels que le monde ouvert copié sur Arkham City et son histoire jugée moins impactante. Le titre obtient la moyenne de 73/100 sur Metacritic.

De plus, le manque de nouveautés dans le gameplay et l’open world fait remarquer que la formule de la saga a peut-être atteint ses limites. Il fallait donc un miracle pour redorer le blason de la franchise.

Le retour du roi

Et deux ans plus tard, en 2015, miracle il y eut. Rocksteady sort du silence pour nous présenter Batman: Arkham Knight. Mais avant de parler du jeu en lui-même, il convient de parler de la version PC. Celle-ci, confiée à Iron Galaxy Studios, est sortie dans un état scandaleux. À tel point qu’elle a fini par être retirée des ventes.

Ce détail témoigne de la volonté de Warner Bros. de privilégier les versions consoles, plus intéressantes d’un point de vue financier. Heureusement, les nombreux patchs déployés depuis ont stabilisé cette version. Elle est aujourd’hui parfaitement jouable et est même la meilleure version pour profiter du jeu.

Ceci étant dit, passons au titre en lui-même. Le jeu repousse les limites de l’Unreal Engine 3. La direction artistique est splendide. Les textures, les graphismes sont d’une finesse inégalée sur cette version du moteur graphique.

Le jeu relève même l’exploit de tenir la dragée haute à des titres sortis huit ans plus tard. Cette nouvelle direction artistique s’accompagne d’une volonté d’ancrer le jeu dans un monde plus terre-à-terre. Ce qui se ressent dans le contenu du jeu et notamment le secondaire.

Rocksteady a annoncé dès le début que Batman: Arkham Knight serait le dernier jeu de la série. Et ils nous le rappellent dès les premières secondes du jeu. Pas de panique, aucun spoiler en vue.

Cependant, l’intrigue principale ne recèle d’aucun rebondissement pour qui connaît l’univers du chevalier noir. Mentionnons toutefois la prouesse du studio d’avoir intégré sa narration dans son gameplay, dans son open world et globalement dans tous les aspects de son jeu.

Le contenu secondaire quant à lui développe l’univers de Batman. Introduisant de nouveaux ennemis et réhabilitant même Batman: Arkham Origins. Cependant, son côté légèrement répétitif pourra en rebuter certains.

Ces missions secondaires permettent toutefois de s’approprier le monde ouvert du jeu. Celui-ci est cinq fois plus grand que la ville-prison d’Arkham City. La ville de Gotham est découpée en trois îles reliées par des ponts. Il y a également une statue au milieu de l’île faisant office de raccourci. Cette conception permet d’exploiter au mieux les améliorations apportées au système de déplacement du jeu.

Batman peut désormais améliorer son grappin afin de se propulser depuis le sommet d’un immeuble. Une compétence déjà présente dans Arkham City mais contrairement à ce dernier, le grappin bénéficie désormais de cinq niveaux d’amélioration. Ce qui permet une propulsion bien plus rapide et un regain d’altitude et de vitesse significatif

Et puisque nous en sommes aux déplacements, parlons de la grosse nouveauté du titre: la batmobile. La première apparition du véhicule iconique dans la franchise remonte à Batman: Arkham Asylum. Cependant, étant donné la taille de la carte, cette dernière n’était pas jouable.

Et pour sa première apparition concrète, la batmobile a eu droit à un nouveau design plus en accord avec la direction artistique du jeu. Afin que les déplacements en voiture n’éclipsent pas ceux de son propriétaire, la vitesse du véhicule n’est pas plus élevée que celle de Batman planant dans les airs. En revanche, les sensations que l’on ressent au volant confèrent tout son intérêt au véhicule. Il est possible de détruire des pans de murs entiers mais aussi les autres véhicules plus classiques. L’intérêt du véhicule est donc déjà prouvé.

Pourtant, les déplacements sont loin de représenter toutes les capacités du véhicule mythique. En effet, le nouveau design n’est pas seulement esthétique. La voiture du justicier peut maintenant se transformer en un tank surarmé. Et il va de soi que ses capacités sont au centre du gameplay.

La batmobile © wallhere.com

Le jeu comporte en effet de nombreux tanks sans pilote à affronter. Le gameplay en batmobile a fait l’objet de nombreuses controverses. En effet, aux yeux des joueurs, le véhicule prend bien trop de place dans le jeu. Certains allant même jusqu’à remettre en cause sa présence dans le jeu. Pourtant, le gameplay est très bien conçu et très dense.

L’armement principal du véhicule se compose d’un canon 60 mm, d’un canon anti-émeutes et d’un minigun pour des tirs à haute fréquence. L’armement secondaire, quant à lui, met à disposition du joueur une charge IEM, un virus qui prend le contrôle des tanks ennemis ainsi qu’un barrage de missiles allant jusqu’à dix éliminations d’un coup.

La batmobile dispose également d’un treuil capable de conduire une charge électrique. Celui-ci est mis à contribution pour la résolution de certaines énigmes.

Cependant, il est vrai que ces combats de tanks prennent une place prépondérante dans le jeu. Et ce parfois au détriment du gameplay de Batman lui-même.

⚠️Attention Spoilers⚠️L’une des plus grosses erreurs en rapport avec la batmobile est le combat contre Deathstroke. Celui-ci, pourtant bien exploité dans Arkham Origins, est ici réduit à un simple combat de tanks semblable en tout point au combat contre le chevalier d’Arkham dans son tank du déluge. ⚠️Fin de l’alerte spoiler⚠️

Passons maintenant au gameplay de Batman lui-même. Celui-ci, à l’image du reste du jeu, est poussé à son paroxysme. Le justicier arrive à la fin de sa carrière. Et pourtant il n’a jamais été aussi rapide, fluide et puissant.

Rocksteady a développé de nouvelles animations et a réuni presque tous les gadgets apparus dans les trois opus précédents. Beaucoup d’ajouts viennent également faciliter les phases d’infiltration. En résulte un gameplay complet mais parfois déstabilisant par sa complexité.

Le jeu étant des plus généreux, il offre également la possibilité de jouer une myriade d’autres personnages de l’univers du chevalier noir. Certains sont jouables lors de combats, en duo ou non, dans l’histoire principale.

C’est le cas de Catwoman, Robin, Nightwing et Azrael. D’autres, comme Batgirl, Harley Quinn et Red Hood disposent de leur propre histoire dans les DLC du jeu. Ils sont également tous jouables dans le mode défis. Celui-ci étant bien fourni, il propose des défis d’action, des défis prédateurs et même des courses en Batmobile.

À noter que chacun dispose de ses propres gadgets et animations de combat.

L’héritage du studio

L’impact des jeux

Au fil des ans, beaucoup de studios ont utilisé les fondations que Rocksteady a gravées dans le marbre. En particulier le système de combat, son efficacité n’étant plus à prouver. L’empreinte des jeux du studio britannique se retrouve dans un nombre incalculable de jeux.

Parmi lesquels Sleeping Dogs, The Witcher 3 et bien sûr, Marvel’s Spider-Man. Chacun reprenant à sa façon l’invention de Rocksteady. Le système de Marvel’s Spider-Man, par exemple, est basé sur l’esquive et non le contre, Spider-Man étant plus agile que Batman.

Warner Bros. Games eux-mêmes se sont laissés séduire par les prouesses techniques de Rocksteady notamment dans leur diptyque “La Terre du Milieu”. Ils ont essayé de s’en détacher avec le récent Gotham Knights, qui ne s’inscrit pas dans la continuité des jeux Arkham tant dans son histoire que dans son gameplay.

Le jeu, confié à Warner Bros. Games Montréal propose un titre marqué par l’empreinte des light-RPG et en particulier des ennemis dont les PV semblent infinis. Le jeu manque de justesse technique mais aussi mécanique. Tant et si bien que l’inévitable comparaison avec Batman: Arkham Knight vient achever ce jeu déjà boudé par les fans avant même sa sortie.

L’avenir de Rocksteady

Depuis Batman: Arkham Knight, sorti en 2015, Rocksteady s’est fait discret. Ni eux, ni Warner Bros. Games ont communiqué sur le prochain projet du studio. Les rumeurs irent donc bon train. La plus persistante d’entre elles concerne un jeu Superman. Le succès des jeux Batman du studio laisse penser qu’ils sont les seuls à pouvoir rattraper le naufrage du jeu de 1999. Ce projet aurait cependant été annulé par la Warner

Il faudra attendre la conférence DC Fandom du 22 Août 2020. Conférence pendant laquelle Rocksteady dévoile la bande annonce de Suicide Squad: Kill the Justice League. Ce nouveau jeu nous permettra comme son nom l’indique d’incarner la Suicide Squad chargée de neutraliser la Ligue des Justiciers. Le jeu prenant place dans le même univers que la saga Arkham.

La perspective de voir un studio légendaire revenir sur le devant de la scène est des plus réjouissantes. Cependant, la communication qui a suivi laisse à penser que le jeu s’oriente vers un modèle “Game As A Service”. La bande-annonce de gameplay dévoilée plus tard n’a pas arrangé les choses. Cupidité de Warner ou mauvais pari de Rocksteady ? Impossible de le savoir à l’heure actuelle.

Cependant, leur contribution au monde du jeu vidéo mérite qu’on leur accorde notre confiance au moins jusqu’à la sortie, prévue pour le 2 Février 2024.

Vous l’aurez compris, la franchise des Batman: Arkham a marqué durablement l’industrie du jeu vidéo. Rocksteady a réussi le tour de force de réconcilier super-héros et jeux vidéo. Pavant la voie à une nouvelle génération de jeux tels que le Wolverine d’Insomniac Games, mais aussi les jeux Iron Man et Black Panther annoncés par EA. Pour tout ce qu’ils ont apporté au jeu vidéo, souhaitons-leur le meilleur pour leur prochain jeu.

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