Speak No Evil est de base un film danois sorti en 2022. Un film que j’ai regardé il y a deux ans, une véritable claque avec une pression qui monte crescendo et un super scénario. Le 18 septembre dernier est sorti un remake du film produit aux États-Unis par Blumhouse Productions. Si le long-métrage original est un chef-d’œuvre, son remake est loin de lui arriver à la cheville. C’est assez dommage, car il reprenait cette fameuse pression qui nous tend durant tout le film. De plus, il y a en tête d’affiche James McAvoy un excellent acteur dans ce genre d’exercice. Malheureusement, les Américains ont décidé de remanier la fin du film et le final glaçant que nous offrait l’œuvre original à complètement été écarté !
Une mauvaise rencontre
Nous suivons un couple en crise et leur fille durant leurs vacances en Italie. Pendant leur séjour, Ben, Louise et leur fille Agnès font la rencontre de Paddy, Ciara et Ant. Une famille séduisante avec qui le couple se lie d’amitié assez rapidement. Leurs fils Ant, ne peuvent communiquer à cause d’une malformation, sa langue est plus courte que la normale. Cela n’empêche pas Agnès de se rapprocher de ce dernier.
En rentrant chez eux après leurs vacances, la famille reçoit une carte postale de leurs nouveaux amis. Ces derniers les invitent à venir passer des vacances dans leurs maisons de campagne en Angleterre. C’est alors qu’ils vont voir le vrai visage de Paddy et Ciara.
Pour le moment, le scénario est assez similaire au premier film. Mis à part qu’à la base, ce sont deux familles danoises qui se rencontrent. Ici, il s’agit d’une famille américaine et anglaise. Une modification qui n’apporte pas grand-chose à l’histoire, ce n’est donc pour le moment pas impactant.
Un scénario qui tourne mal
Pour des raisons de compréhension, je vais être obligé de vous spoiler, le twist et la fin des deux films. Si vous souhaitez voir le film avant, je vous conseille de commencer par le film original puis de regarder le remake après.
Pour les plus téméraires, voici le magnifique twist du film. En arrivant chez leurs amis, la famille se rend compte qu’ils ont un comportement un peu bizarre que je détaillerai dans le prochain paragraphe. Ant est assez distant d’Agnès contrairement à son comportement durant les vacances. Ce dernier tentera de faire comprendre certaines choses à la petite fille. Sans parler cela est compliqué, il décide alors de lui montrer. Prenant son courage à deux mains, il vole les clés de la grange à son père et y emmène Agnès.
Dans le sous-sol, elle découvre des affaires, des valises et plusieurs téléphones. Ant lui montre un album photos. La dernière, est une photo de Paddy et Ciara ainsi qu’un autre couple. Sur l’image, les parents d’Ant sont accompagnés d’une jeune fille et le père du second couple tient Ant dans ses bras. Il fait défiler alors les autres photos, sur chacune d’elles Paddy et sa femme ont un enfant différent. Ant revient alors sur la première photo pour montrer un détail glaçant. Sur cette dernière, il tire la langue. Agnès comprend que les vrais parents d’Ant sont le deuxième couple et que Paddy et Ciara ont enlevé ce dernier et lui ont coupé la langue.
Jusqu’ici, une nouvelle fois, le scénario est respecté, le twist est aussi fort dans l’œuvre originale que dans son adaptation. Les actes de ce couple barbares sont horribles et le fait que ce soit la petite fille qui découvre ces horreurs renforce la tension palpable.
Dans le scénario d’origine, le couple tente de s’enfuir avec leur fille et le petit garçon. Malheureusement, ils n’y parviennent pas, les ravisseurs coupent alors la langue de leur fille devant leurs yeux. Ils les emmènent ensuite dans un endroit désert, les déshabillent puis les tuent, lentement en leur jetant des pierres sur le corps. Christian Tafdrup, le réalisateur, ne nous épargne pas ! Il ne nous laisse pas imaginer ce qu’il passe en changeant d’objectif, il nous montre toute l’horreur de son scénario et c’est assez difficile à regarder.
C’est ce que j’ai aimé dans cette histoire, les gentils ne s’en sortent pas et surtout, le scénariste n’épargne pas les enfants. Alors je ne suis pas un psychopathe et je ne veux pas qu’on fasse du mal à des enfants. Mais après tout, c’est ça l’horreur et Tafdrup n’a aucune peine à nous le montrer. C’est typiquement le genre de fait divers que l’on peut retrouver aux informations ! Une scène horrible qui se déroule sous les yeux des parents impuissants, on aimerait faire quelque chose, mais c’est impossible. On sait de plus que la jeune fille devra vivre un enfer avec ces fous qui vont lui servir à présent de parents.
Passons maintenant au remake, cela va être assez rapide. La famille parvient à se barricader dans la maison, tuer Ciara et Paddy puis s’en sort en vie. Une fin de scénario plus que décevante tant le film original nous plongeait dans une tension infernale qui montait crescendo jusqu’à l’épouvantable scène finale. C’est vraiment dommage, car James Watkins, le réalisateur du remake, parvient à garder cette tension durant tout le film. Malheureusement, cette dernière est gâchée par un final trop gentillet pour un film classé dans la catégorie horreur.
Une tension qui grimpe !
C’est un des points forts du film, il arrive à dépeindre l’ambiance originale de l’œuvre danoise. Si au premier abord, Ciara et Paddy ont l’air sympathique. Une fois arrivé chez eux, on redescend complètement et l’ambiance des vacances nous refroidit d’un coup.
Le couple est très intrusif, ils espionnent leurs invités, Ciara donne des ordres et des leçons d’éducation à Agnès comme si c’était sa propre fille devant les yeux effarés de sa mère. Ils font des sous-entendus assez bizarres et lancent des regards glaçants à leurs invités.
Ils ont aussi des comportements assez bizarres, il force Louise à manger de la viande alors qu’elle est végétarienne. Un soir, ils partent dîner en couple en laissant les enfants à la maison. Durant le dîner, une discussion tourne autour des ébats sexuels du couple. Les Anglais, précise qu’ils aiment faire des jeux de rôles. Ces derniers partent alors dans un jeu ou Ciara joue une serveuse et Paddy un client. Ils poussent la scène assez loin, en faisant semblant de faire une fellation sous la table.
Des comportements bizarres, loufoques, qui instaurent un sentiment de malaise durant plusieurs scènes. Un sentiment qui vient renforcer la tension déjà très présente !
James McAvoy toujours aussi exceptionnel !
Ce long-métrage américain est porté par James McAvoy, un acteur incroyable connu pour son rôle de Professeur X dans les derniers X-men. Mais aussi pour un rôle plus similaire, celui de l’antagoniste principal dans Split. Il avait été excellent, dans cette œuvre de M. Night Shyamalan, il incarnait un personnage atteint de trouble dissociatif de l’identité. En un seul personnage, il en interprétait plusieurs, c’était assez bluffant.
Ici, on le retrouve dans le rôle de Paddy, le père fou, une nouvelle fois, il crève l’écran. L’acteur américain parvient avec des rictus sur le visage et des regards perçant à faire monter la tension instauré par le scénario.
On retrouve à ses côtés, Scoot McNairy (Blood For Dust) qui incarne Ben. Un père tiraillé par ses échecs et en colère face à l’adultère de sa femme. On sent une grande frustration en lui et Paddy va l’aider à se libérer de ses démons. C’est aussi là toute la perversité de ce film, les antagonistes entrent dans la tête du couple. Sa femme Louise est campée par Mackenzie Davis, une actrice canadienne très talentueuse que nous avons pu voir dans Seul sur Mars ou en tête d’affiche de Station Eleven.
Il faut aussi parler de Alix West Lefler, cette jeune actrice âgée de seulement 13 ans a déjà joué dans plusieurs séries comme Riverdale ou Resident Alien. Ici, elle incarne l’innocence dans le rôle d’Agnès, une petite fille très talentueuse et bluffante dans les émotions qu’elle nous transmet.
Tout n’est pas à jeter dans ce remake ! Le casting est excellent, on retrouve la tension instaurée dans l’œuvre d’origine. Il se peut que vous aimiez sûrement le film, il est plutôt bon dans son ensemble. Malheureusement, ce retournement de scénario m’a vraiment déplu, le film danois ayant vraiment réussi à me mettre mal à l’aise devant ses scènes torturantes. Ça n’a pas été le cas dans ce remake américain, c’est vraiment dommage ! Des petits changements dans un remake peuvent se faire, en revanche, des changements d’une telle ampleur, c’est à éviter !







2 réponses
Je comprends votre déception de voir les « gentils » s’en tirer; même si j’ai apprécié ce film (sans avoir vu l’original). Alors, je n’irai pas jusqu’à dire que cela gâche le film, car la tension et le mal-être qui montent crescendo sont impeccablement réussis, il me semble. Et j’ai trouvé assez génial et glaçant le fait que, lorsque Ant achève Paddy, celui-ci grommelle « That’s my boy! », soit, « Bien joué, fiston! » ou quelque chose d’approchant. C’est comme si, en obligeant un enfant innocent à le tuer à coups de pierre, Paddy se réjouissait de lui avoir transmis sa propre brutalité.
Par contre, un remarque importante… le brilliant James McAvoy n’est pas du tout Américain ! Il est Ecossais et très fier de l’être.
Je vous conseille grandement l’œuvre originale, j’avais vraiment adoré le film. Je suis totalement d’accord avec vous sur le fait que la tension monte, c’est d’ailleurs ce que je dis dans l’article, en revanche, je trouve que ça gâche le final par rapport à l’œuvre originale. On comprends assez vite que les gentils vont s’en sortir dans le film.
En revanche que je disais, américain, je parlais de la production et non de James McAvoy qui est vraiment incroyable comme d’habitude ! Merci pour votre commentaire, cela fait toujours plaisir d’avoir l’avis de nos chers lecteurs et lectrices !