Avec Daimon Blades, le studio français Streum On nous plonge dans un univers de dark fantasy aussi fascinant qu’impitoyable. Fusion audacieuse entre FPS, RPG et roguelite, le jeu nous propulse au cœur d’un monde corrompu, habité par des démons, des factions mystiques et des armes… qui parlent. Dès les premières minutes, l’ambiance est posée : brutalité, tension et immersion totale dans un chaos organisé où la moindre erreur peut vous coûter cher. Accessible en accès anticipé, Daimon Blades promet une expérience intense, construite sur une narration fragmentée, un gameplay exigeant et une rejouabilité quasi infinie. Mais malgré sa richesse indéniable, tout le monde ne ressortira pas indemne de cette descente aux enfers…
Une expérience personnelle mitigée
À titre personnel, je n’ai pas accroché au jeu. Il a ses points forts et ses faiblesses, mais quelque chose m’a dérangé au point de rendre l’expérience désagréable. À chaque session, que ce soit seul dans un environnement calme ou en vocal avec des amis sur Discord, une étrange sensation de malaise s’installe rapidement, jusqu’à provoquer une migraine puis un mal de crâne persistant.
C’est un phénomène qui m’arrive très rarement, généralement lié à certains types de déplacements dans les jeux. Daimon Blades adopte un style nerveux à la Vermintide, avec des mouvements très rapides et une bande-son très présente, parfois assourdissante. Ajoutez à cela la voix de votre arme qui est vraiment désagréable. Bien sûr, il est possible de réduire le volume sonore, mais cela nuit à l’immersion, déjà mise à mal par cette gêne physique.
Personnalisation du personnage : style et puissance
Côté personnage, Daimon Blades mise sur une approche RPG complète, avec une personnalisation en deux volets. Le premier est cosmétique : au fil de vos expéditions, vous récolterez des ressources vous permettant de forger de nouvelles armures pour modifier librement l’apparence de votre personnage. Ces armures n’ont aucun impact sur le gameplay, laissant libre cours à votre créativité visuelle. Le second volet concerne la progression permanente, via les Pierres Célestes que vous pourrez dépenser pour améliorer vos points de vie, endurance, chances de coups critiques, et autres attributs clés. Vous pourrez également débloquer des artefacts puissants, comme des livres, des textes sacrés ou des parchemins corrompus, enrichissant votre arsenal et votre expérience narrative.
Les classes de Daimon Blades
Incarner une foi, un ordre, une philosophie du combat
Avant même de lever l’épée, Daimon Blades vous interroge : « Qui es-tu vraiment ? » Le choix de votre faction n’est pas anodin. Chaque ordre possède ses codes, ses secrets, et sa manière de survivre — ou de dominer — dans la Zone Daimon. Voici les classes disponibles, toutes rattachées à l’un des trois grands ordres sacrés : Culter Dei, Jian Shand Di et Saif al-Haq.
🛡️ Culter Dei – Les Croisés Mystiques
Faction religieuse et martiale, le Culter Dei est une organisation sacrée aux ramifications multiples. Ses membres sont à la fois soldats et dévots, guidés par une foi rigide et une hiérarchie militaire implacable.
• Hatsya – Les Sœurs Stratèges
Des guerrières d’élite à l’intelligence tactique redoutable. Leur force vient de leur capacité à anticiper, piéger et manipuler l’espace. Elles livrent bataille comme on écrit un traité : chaque geste est précis, chaque mouvement est doctrine.
🕯️ Elles déplacent une armée comme on tourne une page.
• Asellus Primus – Les Lames Fanatiques
Premiers à frapper, derniers à tomber. Les Asellus Primus forment la branche la plus radicale du Culter Dei. Leur foi se mesure à la netteté de leurs lames et à leur silence après le carnage.
⚔️ Ils ne parlent pas, ils prient avec leurs épées.
🏯 Jian Shand Di – Les Guerriers Mystiques d’Orient
Nés d’une tradition orientale millénaire, les membres de Jian Shand Di pratiquent un art du combat spirituel, mêlant techniques martiales, alchimie et mysticisme.
• Xuange – Les Lames de l’Ombre
Recrutés dans le secret et initiés aux arts mystiques, les Xuange frappent vite, fort et sans jamais être vus. On les surnomme la Sombre Lance — là où ils passent, rien ne repousse.
🌘 Ils ne cherchent pas la lumière, ils sont l’ombre du doute.
• Tian Bang Wu – Les Alchimistes de l’Extrême
Érudites, distantes, mais terriblement efficaces. Les Tian Bang Wu manipulent poisons, souffles et géométries interdites. Leur science est leur religion, leur précision, leur foi.
🜃 Elles parlent peu. Leur silence est radioactif.
🏜️ Saif al-Haq – Les Gardiennes du Désert
Nées dans les sables de la Haute-Terre, ces factions mêlent foi, ésotérisme et arts martiaux. On dit qu’elles sont les seules à comprendre l’Hermite. Ou à pouvoir l’arrêter.
• Al Sharatan – Les Guerrières Occultes
Caste exclusivement féminine, les Al Sharatan sont les gardiennes de deux sceaux sacrés. Fidèles à la tradition, elles jurent allégeance au temple — mais leur foi peut se retourner si l’Hermite trahit sa voie.
🜏 Elles servent la prophétie. Ou l’étouffent dans l’œuf.
• Alhakim – Les Exécuteurs Silencieux
Guerriers d’élite au passé effacé, les Alhakim sont redoutés pour leur brutalité froide et leur silence total. On les appelle les Brutal Wise Men. Ils ne cherchent ni gloire ni rédemption : seulement la vérité cachée dans la Zone Daimon.
🌓 Ils frappent sans colère, exécutent sans haine. Seul le savoir les intéresse.
Des armes vivantes au cœur du gameplay
Dans Daimon Blades, les armes ne sont pas de simples outils de combat : ce sont des entités vivantes, chacune infusée par un Daimon, une entité démoniaque dotée de sa propre personnalité, voix et comportement. Ces armes commentent vos actions, se lient à votre style de jeu… et peuvent même vous piéger si votre relation avec elles se dégrade. Chaque arme propose un set de compétences unique, et fait partie d’une des six familles d’armes disponibles au lancement, offrant ainsi des styles de jeu variés et complémentaires.
En cours d’expédition, il est possible d’améliorer vos armes en utilisant des Orbes de Daimon ou en absorbant le sang des ennemis vaincus, débloquant ainsi des buffs permanents, effets élémentaires et nouvelles capacités.
Une rejouabilité roguelite poussée à l’extrême
La force de Daimon Blades réside aussi dans sa rejouabilité quasi infinie, héritée des mécaniques de roguelite. Grâce à une technologie de génération procédurale, chaque expédition dans le Royaume des Daimons est entièrement unique, avec des objectifs aléatoires, des trésors cachés, des biomes variés (neuf au lancement) et des obélisques de puissance à activer pour ajuster votre build en temps réel. Même la mort ne signe pas la fin : votre arme vous ressuscite, au prix d’une corruption progressive.
Une mécanique particulièrement stratégique, car le taux de corruption est partagé en coop, rendant la coordination entre les joueurs cruciale. Votre but ultime ? Traquer le mystérieux Ermite, votre ancien mentor devenu antagoniste, et l’empêcher de mener à bien un sombre rituel de moisson d’âmes.
Les qualités : une dark fantasy brutale, riche et immersive
Daimon Blades impose rapidement son ambiance unique : sombre, mystique et impitoyable. L’univers visuel, inspiré des croisades et baigné dans la dark fantasy, captive dès les premières minutes. Loin d’un simple enrobage, cette direction artistique est solidement portée par un level design procédural, des biomes variés et une atmosphère lourde qui rappelle les pires cauchemars gothiques. Chaque run est différent, chaque couloir dissimule une menace imprévisible.
Côté gameplay, le mélange FPS – RPG – roguelite fonctionne à merveille. Les combats sont nerveux, sanglants et techniques, avec une panoplie de mouvements fluides (dash, double saut, grappin) et un arsenal démoniaque qui conditionne notre manière de jouer. Chaque arme est possédée par un daimon unique, qui offre des pouvoirs spécifiques à mesure que l’on se corrompt. C’est non seulement original, mais aussi stratégiquement riche.
La progression est également bien pensée : au fil des missions, le joueur débloque de nouveaux éléments dans le hub (comme la forge ou des marchands), et peut acquérir des améliorations permanentes. Le jeu récompense l’apprentissage, l’observation et la prise de risque. Chaque mort apprend quelque chose. Et le système de corruption ajoute un enjeu narratif et tactique supplémentaire, ce qui pousse le joueur à faire attention à la façon dont il utilise ses pouvoirs.
Les défauts : une formule exigeante… parfois frustrante
Si Daimon Blades séduit par son exigence et son univers, cette même rigueur peut aussi rebuter. La difficulté est élevée dès les premières minutes, avec des ennemis qui ne laissent aucun répit et une barre de vie qui fond à vue d’œil. On peut parfois avoir l’impression d’être puni trop vite, sans avoir le temps d’apprendre. Pour les néophytes du genre, l’entrée en matière est rude — d’autant que le tutoriel reste sommaire.
Autre point à revoir : l’ergonomie des menus et de l’interface, encore un peu brouillonne en accès anticipé. Certains textes ne s’affichent pas entièrement, et la navigation dans les informations reste peu intuitive. C’est un défaut purement technique, certes, mais qui nuit à l’immersion, surtout dans un jeu où chaque amélioration ou effet d’arme peut faire la différence.
Enfin, si le système de génération procédurale fonctionne bien, on note parfois une répétition dans les objectifs secondaires ou certaines configurations de salles. Ce n’est pas encore un frein majeur, mais à terme, il faudra que la variété des missions continue de s’enrichir pour maintenir l’intérêt sur le long terme.
Daimon Blades est un jeu de niche, pensé pour les amateurs de défis corsés, de lore ésotérique et d’univers visuellement marquants. Sur bien des aspects, il impressionne : direction artistique soignée, système de corruption original, classes variées et gameplay affûté. Il réussit à captiver par sa brutalité assumée et sa profondeur stratégique. Mais il faut aussi être honnête : Daimon Blades ne conviendra pas à tout le monde. Sa difficulté immédiate, son ergonomie encore perfectible, et son ambiance oppressante peuvent rebuter, voire provoquer un certain inconfort physique pour les joueurs sensibles. Une chose est sûre : on ne ressort pas indemne d’une expédition dans la Zone Daimon. À vous de voir si vous avez l’étoffe pour manier une lame démoniaque… ou si vous préférez rester à l’abri des ténèbres.
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