Mouthwashing : un huis clos sans pareil

Mouthwashing

Mouthwashing est un jeu indépendant développé par Wrong Organ et édité par CRITICAL REFLEX. Ce jeu d’horreur psychologique sorti le 26 septembre 2024 vous plonge dans une narration non-linéaire courte mais haletante abordant des sujets tels que le poids des responsabilités, le sentiment d’impuissance ou encore la culpabilité. Avec une mise en scène qui mélange l’angoisse du huis clos et le jusqu’au boutisme de personnages qui alternent entre le désespoir de leur situation et l’illusion de pouvoir s’en sortir. Je vous invite à vous plonger dans ce récit angoissant garanti sans spoil majeur !  

Une direction artistique qui joue avec vos nerfs

Dans un monde où les jeux d’horreurs veulent à tout prix tout miser sur la fidélité visuelle et le réalisme. Le pari de Wrong Organ avec ce jeu était de transmettre l’horreur avec des graphismes que n’aurait pas reniée la PS1. Le choix du low poly n’est pas due au hasard puisqu’elle vient toucher son audience en s’adressant à sa nostalgie des premiers jeux d’horreurs, mais aussi en accentuant un sentiment d’étrangeté durant toute l’aventure.

Les expressions faciales ne changent pas ou peu, des distorsions et des glitchs servent de transition entre les éléments d’histoire. La distance d’affichage vous fait vous demander ce qu’il y a au fond d’un couloir. Pour le savoir, il vous suffit d’avancer (à vos risques et périls).

Mouthwashing, dans une direction artistique maîtrisée vous tient sur vos gardes en permanence avec l’ambiance dérangeante qui en découle. Comme quoi, pas besoin de voir la sueur couler sur le front de votre personnage pour transmettre un véritable sentiment de peur.

Un gameplay simple mais efficace

Le gameplay de Mouthwashing ramène un peu au point and click avec son inventaire contextuel et ses objets avec lesquels on interagit en les survolant de sa souris avant le clic satisfaisant notre curiosité.

Ici pas de combat (j’ai menti, il y en a un seul dont je ne vais pas vous gâcher la découverte), le gros du gameplay repose surtout sur des dialogues et de la résolution de puzzles qui vous sont présentés de manière assez logique et organique. Par exemple, pour administrer une pilule au capitaine agonisant du Tulpar, il vous faut des antidouleurs et il faut lui ouvrir la bouche. Pour faire un gâteau, il vous faut des matières premières à mélanger, puis il vous faut un couteau pour le couper.

Ce gameplay simple peut sembler répétitif de prime abord, mais il va en réalité soutenir la narration en vous faisant ressentir la lourdeur d’avoir à effectuer des tâches lorsque tout semble perdu et que vous souhaiteriez juste vous rouler en boule dans un coin.

Une partie du jeu traîne cependant en longueur. Vous devez échapper à un monstre que vous hallucinez en marchant très lentement dans un immense dédale. Si vous faites trop de bruit vous vous faites prendre et vous devez recommencer depuis le dernier checkpoint.

L’histoire : du génie de narration

Dans Mouthwashing, vous jouez à la fois le capitaine du Tulpar, Curly mais aussi son second, Jimmy. Votre mission originelle : livrer une cargaison tenue secrète pour le compte d’une compagnie de livraison interspatiale plus que douteuse, Polly Express.

À bord il y a Anya, une jeune infirmière, Swansea, le vieux briscard responsable de l’entretien du vaisseau et son stagiaire Daisuke, le capitaine Curly et son second Jimmy. Tout se passe bien jusqu’à ce que Curly fasse rentrer le vaisseau en collision avec un objet spatial et condamne l’équipage à une mort lente. Dans un espoir de survie, c’est Jimmy qui prend les rênes du vaisseau et essaie de tout arranger (« I can fix it » comme il répète à tout-va).

Des soins au capitaine Curly jusqu’à la gestion des crises d’angoisse d’Anya vous essayez de vous frayer un chemin dans le profond mal être qui s’installe au sein de l’équipage. La cerise sur le gâteau, la cargaison est en fait entièrement comprise de bain de bouche dont le taux d’alcool est de 12 %. Les chances de survies semblent bien minces. L’histoire est racontée avec brio grâce à des sauts dans le temps qui viennent compléter des trous dans la trame narrative qui bénéficie en plus d’une écriture donnant vie à ses personnages et vous plongeant un peu plus à chaque fois dans l’horreur.

J’aimerais pouvoir vous en dire beaucoup plus mais je pense qu’il vaut mieux que vous en fassiez l’expérience par vous même. Les apparences sont parfois trompeuses. 

En somme, Mouthwashing, c’est un jeu très court (une durée de vie de 3h) qui allie un storytelling habile et des graphismes en low poly pour un résultat vous plongeant dans le mal psychologique profond qui submerge cet équipage. C’est à mes yeux une petite pépite à découvrir à tout prix. Son prix est de plus très abordable et ses graphismes font qu’il est jouable même sur les configs les plus modestes ! Mes remerciements à ma copine sans laquelle je n’aurais peut être jamais fait l’expérience de ce jeu. 

La note de la rédac
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