Il y a des jeux qui sont faits pour marquer les joueuses et les joueurs, une histoire, un personnage, des thèmes abordés qui vous touchent, peut-être avez-vous vécut ce que vit le personnage. La saga de jeux Life Is Strange fait partie de ces jeux qui vous marquent, le premier fut clairement une révélation pour ma part et l’histoire de Max me scotcha au fond de mon siège jusqu’au final, où là, je ne pus retenir mes larmes. Aujourd’hui, nous ne parlerons pas du premier opus mais du deuxième, plus précisément de son adaptation sur Nintendo Switch sorti en janvier dernier. Si ce deuxième chapitre n’efface pas ce que m’a fait vivre le premier, il fait cependant mouche avec une nouvelle fois un duo de personnages très touchants.
Deux frères, deux fauves !
Dans Life Is Strange 2, vous incarnez Sean Diaz, un adolescent américain d’origine mexicaine. Il vit avec son père et son petit frère, leur mère, les a abandonnés quand ils étaient petits. Octobre 2016, Halloween approche à grands pas, vous êtes justement convié à une fête ce soir. Alors que vous préparez vos affaires pour ce soir, votre petit frère confectionne son costume de zombie. C’est en allant essayer son costume dans le jardin qu’il se fait embêter par votre voisin qui lui est un Américain pur souche et par conséquent, cela lui donne tous les droits.
Alors que le ton monte entre vous deux, une voiture de police s’arrête, un agent seul pointe alors votre arme sur vous. Votre père arrive, le policier panique, il tire, c’est alors qu’une vague télé kinésique ravage les alentours. Dans la cohue qu’il règne, vous vous enfuyez avec votre petit frère qui est tombé dans les pommes. Vous laissez le cadavre de votre paternel derrière vous et jamais vous ne pourrez lui faire vos adieux.
C’est ainsi que se déroule les premières minutes de Life Is Strange 2, le scénario campe le décor directement, à l’instar de son petit frère, le jeu aborde des sujets tout aussi touchy.

Partir loin de Seattle, c’est votre objectif ! À travers chaque chapitre, d’une durée variant entre deux heures à quatre heures (si vous explorez bien). C’est un road trip clandestin que nous propose DON’T NOD, avec votre frère, vous traverserez différentes régions de l’Amérique tout en faisant de plus ou moins belles rencontres.
À contrario du premier jeu sorti en 2015, vous n’avez pas de pouvoirs, c’est votre petit frère qui en a. Il est capable de déplacer des objets par la pensée, les faire léviter et repousser ses ennemis avec des vagues télés kinésiques. Laisser des pouvoirs aussi puissants dans les mains d’un enfant est assez compliqué, il passe son temps à vouloir les utiliser, mais cela n’est pas possible. Vous êtes recherchés, vous devez rester discret, cependant pouvoir et discrétion ne font généralement pas bon ménage.

La recette du premier épisode
Comme dans Life Is Strange premier du nom, on retrouve dans ce deuxième épisode des sujets sensibles et de la bonne musique. À travers vos différents voyages, vous rencontrerez divers personnages, chacun possédant sa propre histoire. Certains tenteront de vous aider, d’autres de vous arrêter. En rencontrant tout un tas de personnages d’horizon différents, vous serez forcément amené sur des sujets sensibles. Le premier est le racisme envers la communauté hispanique au États-Unis, le jeu prend place en 2016, lorsque Trump avait annoncé son projet de construire un mur séparant les frontières du Mexique et des États-Unis. Les violences policières sont aussi présentes. Vous y ferez face dès le début du jeu avec les insultes de votre voisin et la mort de votre père.
Plus tard dans l’aventure, vous rencontrez d’autres personnages, alors d’autres thématiques seront abordées. L’alcoolisme, l’abandon, le deuil, la vie en tant que sans domicile fixe, etc. Des sujets qui poussent à réfléchir, on se met à la place du personnage, que ferions nous à leur place ? Auriez-vous agi autrement ? Dans cette cacophonie qu’est votre vie, pousserez-vous votre frère à faire le bien, le mal ou rester neutre afin que personne ne découvre votre secret ?
Côté musique, on retrouve les mélodies feel good et mélancolique qui ont fait le succès de la série. Les premières, aux notes parfois énergiques, vous donnent envie de passer un bon moment avec vos amis, votre famille, les gens que vous aimez. Elle donne envie de sourire à la vie, un air joyeux même si celle-ci ne dure qu’un instant et que la réalité du jeu vous rattrape. Les autres au style plus mélancolique sont là pour vous faire réfléchir, elles vous touchent au vif dans des moments d’émotions intenses. Ce sont parfois ces douces notes de piano qui accompagneront vos larmes le long de vos joues lors des moments les plus tristes de l’histoire de ses deux frères.
Des déplacements un peu hasardeux
Le problème du jeu réside dans les déplacements de Sean, premièrement le gameplay est assez lent ce qui n’est pas dérangeant en soit mais pourra en refroidir plus d’un. Le gros problème des déplacements, c’est le fait que la hitbox des collisions n’est pas très bien optimisée. Certains objets nous touchent alors que l’on est à quelques centimètres d’eux, d’autres nous empêchent de passer alors que Sean pourrait clairement les enjamber. Combiner ce défaut avec le gameplay assez lent, c’est là que celui-ci lui fait malheureusement défaut.
Enfin, notre test a été réalisé sur Nintendo Switch Lite, le jeu est très fluide et nous n’avons eu aucune baisse de FPS ou de bug, cependant les temps de chargements reste assez long.
Life Is Strange 2 est un excellent jeu qui reprend les ingrédients d’une recette qui a déjà fonctionné. Une nouvelle histoire, de nouveaux personnages, une nouvelle aventure à vivre qui ne vous laissera pas de marbre à la fin. La pâte graphique et les musiques sont elles aussi présentes pour le plus grand plaisir de nos yeux et nos oreilles. Le jeu tourne parfaitement sur Nintendo Switch, c’est un portage réussi pour le studio Français.


