En 2018 est sorti Kingdom Come Deliverance, premier du nom. Ce dernier a su séduire les joueurs et les joueuses grâce à son gameplay exigeant, son réalisme et une histoire digne de ce nom. Nous suivions à cette époque les aventures du jeune Henry, un fils de forgeron qui a tout perdu lorsque son village a été attaqué. Cette année, Warhorse Studios, les développeurs, reviennent à la charge avec, sans aucun doute, le jeu le plus attendu de ce mois de février. Alors, ont-ils réussi à faire mieux ? Kingdom Come Deliverance II est-il à la hauteur de nos attentes ? Réponse dans notre test !
Les mésaventures d’Henry
Dans le premier jeu sorti en 2018, nous quittions Henry et Hans Capon, tous deux en route avec une escorte pour chercher des alliés dans une région voisine. C’est donc tout naturellement que nous retrouvons nos deux compères fraîchement arrivés dans la région de Trosky.
Vous connaissez notre bon vieux Henry, il s’attire toujours des ennuis. Lors d’un arrêt pour se reposer, votre groupe est attaqué, et les seuls rescapés sont Capon et vous-même. Vous n’en ressortez pas indemne, car vous prenez une flèche dans l’épaule. Capon parvient à vous sauver grâce à la rencontre d’une guérisseuse dans la forêt.
Après avoir repris des forces, vous décidez de continuer votre mission. Cependant, vous ne ressemblez plus à des chevaliers ni à des nobles : les preuves de votre identité ont disparu. Personne ne vous fait confiance, il faudra redoubler d’efforts pour accomplir votre tâche.
Je ne vous en dirai pas plus, mais voici une petite mise en bouche de cette histoire qui vous attend. Une nouvelle fois, les scénaristes ont fait un excellent travail : entre retournements de situation, trahisons et nouveaux alliés, vous aurez bien du mal à décrocher !
Cette histoire est sublimée par des cinématiques splendides et surtout une bande-son à couper le souffle. Il faut souligner le travail méticuleux de Jan Valta et Adam Sporka pour les musiques. Que ce soit pendant vos phases d’exploration ou les cinématiques, elles vous accompagnent à merveille. De l’envie de se battre aux larmes, vous passerez par diverses émotions.
Un monde ouvert toujours aussi riche
En ce qui concerne la région de Trosky, vous y trouverez sensiblement les mêmes éléments que dans le premier opus : villes et villages animés par leurs habitants et diverses échoppes. Le territoire est quant à lui légèrement différent, avec une région magnifique et vallonnée, où les vastes prairies se mêlent aux versants abrupts des vallons et aux canyons labyrinthiques des montagnes.
Dans la nature, les bandits parsèment les montagnes avec leurs campements, et il est possible de s’adonner à diverses activités : exploration, chasse, cueillette quand les temps sont calmes ; combat et survie lorsque les brigands vous tendent moult embuscades.
Dans les villes, vous trouverez divers personnages avec qui converser ou commercer. Les quêtes secondaires et tâches annexes viendront grossir un temps de jeu déjà bien conséquent avec l’histoire principale. C’est un monde vivant qui vous attend : brigands et chariots sur les routes, beuveries à l’auberge et rencontres en tout genre.
Il est toujours possible de cuisiner, de préparer des potions et de commettre des larcins en tout genre. La grande nouveauté de Kingdom Come Deliverance II, c’est le forgeage ! Avant, il était seulement possible d’acheter des armes et armures ou de les faire réparer chez les commerçants. Désormais, il est possible de s’adonner aux joies de la forge.
Une nouvelle fois, le titre brille par son réalisme : comme avec la concoction de potions, vous allez devoir tout faire de A à Z. Chauffer le fer, le battre sur l’enclume pour lui donner sa forme… Une activité très plaisante qui, contrairement à la plupart des autres jeux, nous propose de participer activement plutôt que de simplement sélectionner un objet dans un menu.
Des combats légèrement revisités
C’était l’un des points forts du premier titre, mais aussi un point faible qui en a rebuté plus d’un. Les combats sont réalistes et le gameplay rigoureux. Ici, on n’abat pas une dizaine d’hommes à tour d’épée : il faut savoir être patient pour donner le coup au bon moment et surtout maintenir sa garde.
Les affrontements demandent toujours autant de rigueur mais sont légèrement plus faciles que dans le premier opus. Effectivement, dans Kingdom Come Deliverance, nous pouvions frapper en haut, à gauche, à droite et en diagonale vers le bas, soit six points d’attaque différents et tout autant de positions de garde. Dans cette suite, les frappes en diagonale disparaissent, ce qui simplifie un peu les combats.
Pour les nouveaux venus, le jeu sera plus simple à prendre en main. Attention toutefois, ce n’est pas une promenade de santé : il faudra s’entraîner et trouver du bon matériel pour devenir meilleur.
Kingdom Come Deliverance II nous propose également de varier les gameplays avec de nouvelles armes : arbalètes, armes d’hast et même premiers pistolets !
Sors ton épée, mon brave !
RPG oblige, vous allez pouvoir équiper Henry et, bien évidemment, lui attribuer des points de compétence.
Côté équipement, on retrouve sensiblement la même chose que dans le premier opus. On peut s’équiper d’une armure complète en respectant les codes de l’époque : braie matelassée, cotte de mailles, plastron, gants, etc. On retrouve ce qui avait été fait dans le premier jeu.
En revanche, nous avons accès à de nouveaux types d’équipements, comme les ceintures et les bourses. La première permet de s’équiper de plusieurs armes et de changer rapidement d’équipement en combat. Un précieux ajout qui permet de varier le gameplay. La seconde était ce qu’il manquait cruellement au premier opus. La bourse permet de transporter et d’utiliser rapidement des potions ou des aliments afin de se soigner en combat.
En ce qui concerne les points de compétence, c’est exactement la même mécanique que dans le premier jeu. Vous gagnez des niveaux en réalisant des actions liées à chaque compétence. Il est également possible d’acquérir des connaissances en payant des experts. Chaque montée de niveau vous accorde un point à dépenser comme bon vous semble. Nous retrouvons les mêmes atouts que dans le premier opus, avec des ajouts liés aux nouvelles armes et aux nouvelles activités.
La grande nouveauté est la compétence de maître-chien. Effectivement, vous êtes accompagné de Cabot, votre fidèle toutou. Ce dernier vous sera utile en toute circonstance : exploration, chasse et même combat. Une superbe nouvelle fonctionnalité qui apporte un réel plus à l’immersion et à la diversité du gameplay !
Un titre magnifique
Kingdom Come Deliverance II est une véritable claque graphique ! Le jeu est somptueux : les décors sont splendides, les paysages à couper le souffle, rendant l’exploration bien plus agréable. Les développeurs ont fait preuve d’une minutie impressionnante : chaque arme, armure et vêtement est détaillé, nous plongeant encore plus dans cette ambiance médiévale.
L’ondulation des plantes, le mouvement des cottes de mailles… rien n’est laissé au hasard.
On peut également noter une nette amélioration au niveau des expressions faciales durant les cinématiques. Les personnages sont bien plus convaincants et transpirent d’émotions. Ceci est aussi dû à une synchronisation labiale beaucoup mieux travaillée que dans le jeu de 2018, renforçant encore davantage l’immersion.
Une VF en dents de scie
L’un des points faibles du jeu réside malheureusement dans sa version française. Pour les personnages du premier opus, nous retrouvons les mêmes voix, ce qui est agréable car elles étaient convaincantes.
En revanche, pour le reste, c’est plus inégal. Ce qui est assez surprenant, c’est que généralement, ce sont les voix des personnages secondaires ou anecdotiques qui sont les moins travaillées. Ici, ce n’est pas le cas : certains protagonistes ou antagonistes principaux n’ont pas de voix correspondant bien à leur physique, alors que certains personnages secondaires bénéficient d’un doublage excellent.
Kingdom Come Deliverance II est une véritable œuvre forgée par les talentueux développeurs de Warhorse Studios. Le titre est splendide, il nous fait voyager, et on en prend plein les yeux ! L’histoire, une nouvelle fois bien ficelée, nous apporte de beaux messages, notamment sur le fait que la vie n’est ni noire ni blanche, mais bien une nuance de plusieurs couleurs. Mention spéciale au sound-design, qui a été travaillé avec brio, pour une immersion toujours plus intense dans le Royaume de Bohême au début du XVe siècle.








