Dans Bloody Fury, Jordan Inconstant, réalisateur français passionné, livre un court métrage poignant mêlant l’univers du western et une cause essentielle : la protection des loups rouges et la dénonciation du commerce de la fourrure. Porté par un casting prestigieux avec des figures emblématiques du cinéma comme Bill Nighy et des acteurs de Pirates des Caraïbes, ce film à la portée internationale a déjà été sélectionné dans plus de 75 festivals et récompensé à 45 reprises. Une œuvre qui mêle symbolisme et engagement pour une cause universelle. Notre avis sur le film arrive très prochainement !
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Jordan Inconstant, je suis réalisateur indépendant. Cela fait plus de 10 ans que j’évolue en tant que freelance dans le monde du cinéma et de l’audiovisuel. Au fil des années, j’ai réalisé et produit plusieurs courts-métrages qui ont été sélectionnés dans de nombreux festivals à travers le monde.
Parlez-nous un peu de votre parcours !
J’ai été diplômé de l’ESRA (Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle) à Paris en 2014, mais dès mes études, je réalisais déjà des courts-métrages. L’un de mes premiers projets, en 2013, était un fan film sur Pirates des Caraïbes qui a pas mal tourné sur le net. Aujourd’hui, avec Bloody Fury, mon septième film, est un western où plusieurs acteurs originaux de Pirates des Caraïbes ont prêté leur voix et sont apparus dans le film. C’est un peu comme si la boucle était bouclée, et c’est hyper gratifiant de travailler avec des gens qui m’ont inspiré au départ.
Pourquoi avoir choisi le thème des loups rouges spécifiquement ?
J’ai voulu aborder un sujet qui me tient vraiment à cœur : la protection animale et la dénonciation du commerce de la fourrure. En choisissant un animal en voie de disparition comme le loup rouge, mon objectif était d’attirer l’attention sur cette espèce oubliée. Aujourd’hui, les loups rouges ont disparu de l’état sauvage et ne survivent qu’en captivité. Au-delà de leur cas spécifique, c’est aussi une manière de souligner l’importance de mieux protéger et respecter les loups en général. Ce sont des animaux essentiels pour l’équilibre de la nature, et ils méritent qu’on s’y intéresse davantage.
Pourquoi avoir choisi l’univers western comme période pour le film ?
J’ai choisi l’univers western parce qu’il reflète parfaitement la violence et la brutalité des thèmes abordés dans le film, tout en créant un écho avec la lutte pour la survie des loups rouges. Le western, c’est une époque de conquêtes, de conflits et d’injustice, ce qui en fait un cadre idéal pour explorer des sujets comme la vengeance et la quête de justice, des thèmes classiques du genre.
C’est aussi un hommage aux films de western iconiques qui ont marqué le cinéma, mais ici, je voulais revisiter ces codes en apportant une approche différente : un loup comme personnage principal. Cette inversion des rôles permet de mettre en lumière des problématiques contemporaines comme la protection animale, tout en conservant l’esprit épique et intemporel du genre. Le western, avec ses grands espaces et ses dilemmes moraux, offre une toile de fond idéale pour raconter cette histoire sous un nouvel angle.
Pouvez-vous nous raconter des anecdotes sur le tournage de Bloody Fury ?
Nous avons eu la chance incroyable de tourner sur des lieux emblématiques qui ont marqué l’âge d’or du western. Parmi eux, le légendaire cimetière de Sad Hill, rendu célèbre dans Le Bon, la Brute et le Truand. Marcher sur ces terres mythiques, là où Clint Eastwood et Eli Wallach ont joué des scènes cultes, était un moment chargé d’émotion.
Nous avons également tourné à Fort Bravo, une autre icône du western spaghetti. Ce lieu a accueilli tant de productions emblématiques qu’il semble imprégné de l’esprit des cow-boys et des duels au soleil. L’atmosphère y est unique, presque magique.
Est ce que tourner en fursuit était un défi ? Si oui pourquoi ?
Tourner en fursuit a été un véritable défi, autant sur le plan technique que physique. Pour donner vie au loup rouge, nous avons dû concevoir deux masques distincts. Le premier était un masque animatronique, spécifiquement conçu pour exprimer toute la gamme d’émotions du personnage. Doté de moteurs pour les yeux et de câbles pour les différentes expressions dans les gros plans. Ce travail minutieux a été réalisé par Nicolas Fournelle, un maquilleur et créateur d’effets spéciaux talentueux.
Le second masque, utilisé pour les plans larges, était porté directement par le comédien. Bien que moins complexe techniquement, il était tout aussi contraignant. Les deux versions du masque étaient lourdes et limitaient considérablement le champ de vision, ce qui rendait chaque mouvement délicat, surtout dans les conditions extrêmes du désert où nous avons tourné.
Le comédien, Maxime Dollo, a fait preuve d’une grande endurance et de beaucoup de patience pour s’adapter à ces contraintes. Entre la chaleur écrasante, le poids du costume et la vision limitée, chaque scène demandait une concentration et une préparation supplémentaires.
Pouvez-vous nous parler de vos futurs projets ?
Actuellement, je viens de terminer l’écriture de mon prochain film, Welcome to the Moonlight Palace. Il s’agit d’un whodunit se déroulant dans les années 50, qui rend hommage aux films de genre de cette époque tout en y insufflant une touche de modernité. C’est un projet qui me tient particulièrement à cœur, mais pour l’instant, je ne peux pas trop en révéler. En parallèle, je continue de gérer mon festival de cinéma, les RED MOVIE AWARDS, qui se tient chaque année. La prochaine édition aura lieu les 23 et 24 mai à l’Opéra de Reims. C’est toujours une joie de célébrer le cinéma et de mettre en lumière des talents du monde entier.
Avec Bloody Fury, Jordan Inconstant réinvente les codes du western pour transmettre un message fort sur l’importance de préserver la faune et de lutter contre les injustices. Soutenu par une vision artistique unique et une équipe talentueuse, le film se démarque comme un appel à la réflexion, mais aussi à l’action. Une œuvre qui, à travers la quête d’un loup pour la justice, interpelle et sensibilise les spectateurs du monde entier à des problématiques écologiques et éthiques actuelles.