Le début des années 2010 a été un tournant pour l’industrie du jeu vidéo. Grâce au Xbox Live Arcade, de nombreux jeux indépendants envahissaient nos ludothèques et ouvraient la porte à un pan de l’industrie très intéressant. Autour de Fez ou encore Super Meat Boy, sortait un dénommé Limbo. Excellent jeu d’action/plateforme/puzzle, Limbo a marqué les joueurs et les joueuses. Il fut très compliqué de trouver un jeu comparable dans les années suivantes. C’est dans ce contexte qu’arrive en 2025, Demon Quest, un jeu développé par un seul développeur et a l’ambiance unique.
Un univers cryptique et mystérieux
De manière générale, Demon Quest est un jeu qui ne prend pas le joueur par la main. Que ce soit dans son scénario ou son gameplay, Demon Quest demande au joueur de faire preuve d’adaptabilité, pour le pire comme pour le meilleur. Le joueur prend le contrôle d’Eden, un mystérieux personnage gardé captif par un esprit malveillant. Le début du jeu est simplifié au maximum. Eden peut se déplacer, sauter et a un objectif principal : la fuite !

Rapidement, Demon Quest fait comprendre son idée principale au joueur : les explications et indices seront minimes et il faudra se débrouiller par soi-même. Si le principe peut effrayer certaines personnes, j’ai adoré la liberté laissée par le jeu rendant chaque victoire et résolution particulièrement gratifiante. En effet, Demon Quest est un jeu de plateforme/puzzle dans lequel Eden arpente différents tableaux dans le but de comprendre comment atteindre le suivant.
Demon Quest est un jeu à l’ambiance unique. Présenté dans un environnement particulièrement sombre, le jeu joue avec des effets de lumière et de profondeur très agréables. Si le jeu peine par la suite à se diversifier dans ses décors, il reste agréable et travaillé. L’ambiance sonore n’est pas en reste. Présentant une atmosphère inquiétante agrémentée de quelques effets sonores bien choisis, l’ambiance générale du jeu est excellente et fait bien comprendre au joueur qu’il pénètre dans un monde très mystérieux.

Un gameplay effrayant au premier abord, mais qui s’améliore rapidement
Manette en main, les premières minutes de Demon Quest peuvent être inquiétantes. Le bouton de saut est étonnement placé (« Y » sur une manette Xbox !) et impossible de rebinder les touches. Les mouvements d’Eden semblent imprécis et le titre est très avare en explication. En un mot, Demon Quest n’est pas accueillant.
Malgré ce premier avis, le jeu parvient à très rapidement attiser l’intérêt du joueur. Après quelques tableaux, Eden se voit offrir un arc qui sera son principal outil dans les premières heures de jeu. Utilisé en tant qu’arme et outil afin de résoudre des énigmes, l’arc est le premier élément marquant du jeu… Qui en proposera de nombreux par la suite. L’arc peut en outre être amélioré via des capacités qui ne sont pas de trop pour réussir à survivre dans un univers particulièrement inhospitalier.

Si les ennemis qu’Eden rencontre sont relativement rares, ils n’en restent pas moins menaçants. Chaque ennemi croisé one-shot Eden et il faudra souvent faire preuve d’ingéniosité et de réflexes afin d’éviter l’écran de mort. Le sujet est d’autant plus mis en avant lors des combats de boss particulièrement ardus. Une nouvelle fois, Demon Quest n’est pas à mettre entre toutes les mains, mais apporte des moments de satisfaction lors des victoires qui sont particulièrement gratifiants.
Sans trop en dire pour ne pas spoiler Demon Quest, Eden récupérera au fur et à mesure de son aventure de plus en plus d’objets différents lui permettant d’être d’autant plus mobile et protégé. Après quelques heures de jeu, Eden devient équipé de nombreux objets rendant l’avancement dans le jeu de plus en plus plaisant. Le gros écueil que j’ai rencontré après les premières heures de jeu venait simplement de la compréhension du game-design. Les mécanismes sont souvent très (trop ?) bien cachés, et il m’est souvent arrivé de rester bloqué, car je n’avais pas compris la présence d’un mécanisme ou par l’imprécision de certaines mécaniques de jeu (les tirs à l’arc demandent parfois une précision chirurgicale).
Demon Quest a, en outre, la bonne idée de présenter certaines phases de jeu différentes permettant de chambouler la boucle de gameplay. En plus de se renouveler par ses différentes mécaniques, le jeu propose régulièrement des puzzles afin de débloquer sa suite. Sans être particulièrement originaux, ces phases de jeu permettent de renouveler le gameplay de manière bienvenue.

Présenté comme un Metroidvania, Demon Quest est finalement un jeu de plateforme/énigmes, mais un très bon jeu du genre. Si son aspect cryptique dans son scénario et ses mécaniques font de ce jeu un titre à ne pas mettre dans toutes les mains, il n’en reste pas moins un très bon jeu pour qui voudra s’investir un minimum. Si j’ai arpenté le jeu durant une dizaine d’heures, cette durée de vie dépendra fortement de votre capacité à comprendre ses énigmes. Malgré quelques imprécisions dans son gameplay, Demon Quest est un jeu particulièrement satisfaisant par son ambiance unique et la satisfaction rare qu’on ressent lorsqu’on déjoue ses pièges. Demon Quest est un inratable pour qui a apprécié Limbo.




