C0DA : la fin du lore, ou le début de toutes les fins ?

Entre manifeste cyber-fantasy et déclaration d’indépendance narrative, C0DA de Michael Kirkbride chamboule la vision traditionnelle du lore des Elder Scrolls. Œuvre expérimentale, non officielle mais profondément influente, elle réinvente Tamriel comme un espace de narration infinie, où chaque version du monde est valide. Plongée dans un texte aussi déroutant que révolutionnaire.

Qu’est-ce que C0DA ?

Publié en 2014 sur le site officiel c0da.es, C0DA est une œuvre de fiction libre écrite par Michael Kirkbride, ancien auteur principal du lore chez Bethesda, notamment sur Morrowind. Ce texte, présenté comme une bande dessinée numérique avec des extraits en prose, ne fait pas partie du canon officiel de la saga Elder Scrolls, mais il s’inscrit dans une continuité métaphysique et post-lore qui fascine une large partie de la communauté.

Dans C0DA, Kirkbride adopte une position claire : le canon est mort, vive les histoires que l’on choisit d’écrire. Il n’y a plus un seul Tamriel, mais une infinité de versions du monde, toutes valables, toutes possibles. C0DA n’est donc pas un simple récit de science-fantasy se déroulant dans un futur lointain — c’est un manifeste de narration participative.

Source : https://lagbt.wiwiland.net/index.php?title=M%C3%A9ta:Michael_Kirkbride

Un Tamriel du futur, une Morrowind cybernétique

L’histoire de C0DA se situe bien après les événements de Skyrim, dans un futur où les technologies, les intelligences artificielles et les cyber-races ont transformé Tamriel en un monde post-singularité. Le récit suit Vivec, l’ancien dieu de Morrowind, revenu pour achever ce qu’il n’a pas pu accomplir : une reprogrammation totale de la réalité.

Les éléments clés :

  • Numidium (le golem divin) est revenu et a détruit la structure même de la narration linéaire.

  • Vivec crée Amaranth, une nouvelle “rêverie” ou univers personnel, dans lequel il devient le rêveur du monde.

  • CHIM, concept central du lore, devient ici le pouvoir de comprendre que l’univers est soi, sans cesser d’accepter l’existence de l’autre.

  • Le texte évoque des versions alternatives de personnages et d’événements, comme Dagoth Ur reprogrammé en IA ou les Dwemers revenus sous forme de données numériques.

L’esthétique est un mélange de lore TES, de cyberpunk, de poésie mystique et de manifeste politique sur la narration libre.

Une déclaration d’indépendance narrative

Plus qu’un simple récit, C0DA est une prise de position forte sur la manière dont nous devrions interagir avec les univers de fiction.

“C0DA isn’t your story. It’s mine. But now it’s yours, too.”

Pour Kirkbride, le lore ne doit pas être figé par un éditeur ou un studio. Le véritable cœur des Elder Scrolls, ce sont les histoires que les fans créent, les interprétations qu’ils proposent, les mods qu’ils construisent. C0DA est une ouverture du monde à la multiplicité, un “multivers narratif” où tout est canon — ou rien ne l’est, selon votre propre CHIM.

Ce positionnement a radicalement influencé les cercles de fans, qui y voient soit :

  • Une libération du carcan du canon officiel, et un appel à la création libre.

  • Un délire ésotérique incompréhensible, qui détruit la structure établie du lore.

Pourquoi C0DA est-il culte ?

Malgré (ou grâce à) sa nature non canonique, C0DA est devenu une référence incontournable dans la communauté lore des Elder Scrolls, pour plusieurs raisons :

1. Un texte signé par Kirkbride

Michael Kirkbride reste l’un des architectes les plus respectés du lore de Morrowind, avec une approche poétique, provocante et mystique de l’univers TES. Son influence est telle que ses textes non officiels sont souvent pris au sérieux.

2. Une œuvre ouverte

CODA est publié sous Creative Commons (BY-NC-SA 3.0), ce qui signifie que tout le monde peut le modifier, le republier ou le transformer, tant que l’auteur est crédité. C’est un monde que vous pouvez habiter.

3. Une révolution philosophique

Le cœur de C0DA, c’est l’idée que le canon n’existe que si vous y croyez. Cela pose des questions passionnantes sur le rôle des fans, la validité des fictions et le pouvoir créatif individuel dans les univers partagés.

Ce qu’il faut comprendre pour aborder C0DA

Tu veux t’y plonger ? Voici quelques notions clés à garder en tête :

  • CHIM : état mystique de compréhension de l’univers comme un rêve, tout en maintenant l’individualité. Permet de modifier la réalité.

  • Amaranth : le rêve personnel ultime, une création de monde propre, différente de celui des autres.

  • Numidium : divinité-machine chaotique capable de briser le temps.

  • Post-lore : idée que le lore s’auto-détruit pour mieux se réinventer.

  • Narration ouverte : toute histoire a le droit d’exister dans le monde de TES.

Faut-il lire C0DA ?

Oui, mais pas comme un roman. C0DA se lit comme un texte rituel, un code-source narratif, un cadre poétique. Il est cryptique, non linéaire, parfois volontairement obscur. Mais il propose une vision unique de ce que peut être un univers de fiction en constante évolution.

Il n’est pas fait pour tout le monde. Mais pour celles et ceux qui aiment creuser, déconstruire, réinventer… C0DA est une œuvre fondatrice d’un nouveau rapport entre créatrices·teurs et univers partagés.

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