Bleak Sword DX est un jeu indépendant sorti le 6 février 2023 sur Nintendo Switch et PC. Développé par More8Bit, il reprend littéralement les codes de l’opus précédent sorti en 2019, tout en venant rajouter des chapitres au jeu, quelques mods, ainsi qu’une difficulté plus accrue. On se situe dans un univers médiéval dark fantasy, qualifiable de Dark Souls 8bit, comme l’indique la boîte de développement qui aime particulièrement mettre l’accent sur des graphismes de ce genre.

Un royaume déchiré, un héros destiné

La première cinématique du jeu apparaît dès lors qu’on clique sur « lancer la partie », on nous met alors dans le contexte, en nous indiquant que 2 siècles auparavant, lors d’un sombre jour, le roi Eric ainsi que le prince Daeric firent trahis par le cadet, le prince Rhael. On apprend alors que le prince Rhael, désormais auteur de deux meurtres, celui de son père et de son frère, était corrompu par une épée maudite.

Désormais, roi tyrannique, Rhael décide de faire régner la terreur. Il a été donné comme nom à cette période celui de « Age Pourpre« , rappelant le sang d’innocents qui a été versé, mais aussi la souffrance ainsi que la haine ressentit envers le roi Rhael. Cette période a duré deux siècles, puisque à la fin de ces deux siècles, quelqu’un fait une découverte. Il existerait trois pierres qui auraient un pouvoir magique tellement puissant, qu’une fois réunies, les pierres pourraient détruire la lame contrôlant l’esprit du Roi Rhael.

Sans transition, on fait la découverte de notre personnage, un jeune guerrier, qui, dans ses rêves, aurait découvert l’emplacement des 3 pierres. Il décide donc de s’armer de son courage et de partir aller chercher ces pierres pour mettre fin à la terreur du Roi Rhael.

 

Une aventure ficelée

Notre personnage va donc partir à l’aventure et traverser 12 zones différentes dans lesquelles, il devra terrasser les vagues d’ennemis, autant composées de fantômes, que de chevaliers ou de monstres, répartis sur 10 niveaux. Le dixième niveau étant un boss de zone, qui une fois vaincu, permet d’accéder à la zone suivante. Parmi ces zones, une diversité de gameplay vous est proposée, puisqu’il existe deux types de zone :

  • Les zones de combat à pied : ici, pas de surprise, des ennemies viennent de toutes parts et vous devez les vaincre, roulade, parade et attaque sont les compétences qui vous permettront de l’emporter


  • Les zones de combat à cheval : tandis qu’ici, à dos de cheval, vous êtes poursuivi par vos ennemis. Alors que le décor défile, des obstacles pouvant vous faire baisser votre barre de vie apparaissent. En termes de compétences, vous ne pouvez qu’attaquer à l’épée ou bien faire une ruée avec votre cheval, mais impossible de parer !

Vous obtenez une des trois pierres toutes les quatre zones complétées, pour qu’à la fin, vous en sortiez avec 3 au bout des 12 niveaux, et ainsi défaire le Roi Rhael, contrôlé par l’épée sombre.

Un Souls Like cheap

Comme dans chacun des Souls Like, le but est de donner de la difficulté. Bien qu’ayant testé le jeu avec un mode de difficulté normal, le challenge est déjà plus ou moins présent. Sachant qu’il y a trois modes de difficulté, le normal étant le premier, je pense que le dernier vous donnera l’envie de lancer la manette contre le mur le plus proche de la pièce.

Puisque oui, le jeu est plus simple à la manette. Il existe peu de contrôles, qui d’apparence paraissent simples, mais vous allez comprendre. Concernant les touches nous avons donc :

  • La touche d’attaque : Basique, elle permet d’asséner un coup d’épée dans la direction souhaitée.
  • La touche de parade : Généralement située sur l’une des gâchettes de votre manette, il faut un bon timing pour réussir une parade, ce qui bien sûr, vous avantagera en combat.
  • La touche d’esquive : Elle permet de se sortir des situations complexes surtout quand on est encerclés par les ennemis. En revanche, si vous êtes pris dans un combo adverse…. Bon courage
  • L’attaque chargée : Sur le même bouton que la touche d’attaque, il suffit simplement de presser le bouton plus longtemps afin qu’un timing apparaisse. A l’utiliser à bon escient, sinon les adversaires ont le temps de vous attaquer.

Mais évidemment, ce n’est pas aussi facile, utiliser seulement quatre touches ne demande pas de grosses ressources mécaniques, alors il faut corser les choses de manière à ne pas découper tous les ennemis d’un coup.

Dans Bleak Sword DX, il y a en dessous de votre barre de vie, une barre d’endurance, qui contrairement à l’autre n’est pas en mesure de s’agrandir au fur et à mesure des niveaux. Le hic là-dedans, c’est qu’il faut savoir alterner entre attaque et parade, car ces actions consomment de l’énergie. On ne peut donc pas attaquer sans cesse et parer une attaque après si on ne possède plus d’endurance. Il faut donc élaborer une petite stratégie contre chacun des ennemis, et s’adapter selon le nombre qu’ils sont. En revanche, l’esquive ne consomme pas d’énergie mais elle la bloque, donc dès qu’on a fini de faire toutes nos cabrioles, il faut s’assurer qu’on en avait avant si l’on veut attaquer !

 

Comme dans tout souls like qui se respecte, dans le jeu, il existe aussi une notion de « Tu meurs ,tu perds » dans le sens où, si l’on meurt dans le niveau, on perd tout nos items ainsi que l’expérience accumulée. Fort heureusement, vous avez la possibilité de les récupérer dans le niveau dans lequel vous êtes mort en le complétant. En revanche, si vous mourrez une seconde fois d’affilée… Adieu l’équipement et l’exp.

En quelques mots, le jeu se veut plutôt frustrant que difficile puisque la barre d’endurance est limitée et parfois on peut être pris dans un tourment d’attaques adverses. De plus, les ennemis ont un pattern bien précis et une fois qu’on est mort sur un niveau, on sait d’où les ennemis arrivent et c’est dès lors bien plus facile.

Un jeu moche… mais beau ?

Je l’ai énoncé dans le début de cet article, mais en effet le jeu se déroule dans un univers Dark fantasy médiéval, qui plus est en 8bit. Le 8bit est un système de graphismes qui n’est pas très demandant, que ce soit en termes de ressources du point de vue du joueur ou de l’éditeur. Certains jeux développés en 8bit ont très bien fonctionné, mais à notre époque, ils se font de plus en plus rares. Si l’on prend l’exemple de Dead Cells, on utilise des graphismes pixelisés, mais qui sont loin du 8bit, à vrai dire plutôt proches du 32/64 bits. Certes, c’est un look rétro, mais il reste plutôt détaillé.

Dans Bleak Sword DX, les « sprites » des personnages sont vraiment très minimalistes. (Petite précision, par sprite, on entend un élément graphique animé. Donc, ici, l’apparence des personnages.) Les sprites des personnages sont là pour désigner une entité et définir sa « hitbox » (Boîte invisible en 2D ou en 3D qui permet de détecter la collision avec une arme ou un projectile.).

Aucun effort n’est fait de ce côté-là, et c’est justement fait exprès. En revanche, question décor, on a le droit à de la 3D pour définir les espaces des niveaux, un look qui n’est pas en 8bit et des apparences bien plus détaillés. Il existe mine de rien plus de 120 zones différentes, issus de biomes différents et certaines comportent un décor interactif. Il faut parfois prendre en compte les détails du décor pour mener à bien un niveau.

 

Au fond, c’est ce décalage entre les personnages simples et monochromes et les décors détaillés et réfléchis qui crée le charme de ce jeu. Derrière un message est laissé, par les développeurs : « On peut faire beaucoup avec peu. » En effet les personnages sont juste des gros tas de pixels, mais à chaque fois on distingue, ce que c’est, puis cela montre aussi que nous n’avons pas besoin de graphismes dernière génération pour pouvoir apprécier un jeu. D’après mon avis, les pixels sont intemporels.

Un  jeu à faire ?

Personnellement, j’ai trouvé le jeu plaisant. La Direction Artistique est assez atypique et les mécaniques sont assez simples.

Mais peut-être un peu trop simple… En effet, le jeu est bon, mais il existe plusieurs points sur lesquels le jeu pourrait être amélioré. Le jeu est décrit comme un Souls-Like un peu frustrant, mais au final certaines zones se font très rapidement. Les boss (hormis un ou deux) ne sont pas vraiment un grand défi, les patterns sont basiques et n’instaurent aucune notion de RNG (Random Number Generator est un outil qui permet de créer un nombre aléatoire, l’exemple le plus connu étant le dé à six faces.).

L’attirail de notre personnage pourrait être revu afin de proposer une variété d’équipements, par exemple un arc ou d’autres armes de mêlée qui auraient des propriétés différentes type vitesse d’attaque et dégâts. On pourrait aussi rajouter des pièces à l’élimination des ennemis qu’on récolterait qui nous permettrait d’acheter de l’équipement à un marchand qu’on rencontrerait à certains points de l’aventure. En revanche, je pense que c’est une bonne idée de ne pas donner d’amélioration de la barre d’endurance, puisque cela nous force à ne pas simplement foncer dans le tas et à mettre des coups d’épées à tire-larigo.

En conclusion, j’ai aimé faire le jeu, l’univers est plaisant et les mécaniques simples à prendre en main, malgré le fait qu’il ait besoin de quelques améliorations, il reste un bon jeu indé surtout pour les amateurs de pixels comme moi !

Outre ces quelques détails, Bleak Sword DX est un jeu plaisant, qui ne restera pas encré dans vos mémoires à jamais certes, mais qui saura vous divertir l’espace d’un temps. C’est un jeu qui ne trouera pas votre portefeuille puisqu’il vaut environ dix euros, sachant qu’il y a souvent des ristournes, donc le jeu n’est pas une mauvaise option pour faire passer le temps. Je le recommande surtout pour ceux qui peuvent le prendre sur Switch, cela donnera sûrement plus de challenge et vous pourrez y jouer dans les transports ou autres vu que c’est une console portable.

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