Le premier S.T.A.L.K.E.R. avait été une véritable claque à sa sortie, notamment grâce à l’invention de A-Life, un système d’IA conçu pour recréer une réalité vivante, logique et cohérente, où la zone et ses habitants évoluent indépendamment des actions du joueur et de manière aléatoire d’une partie à l’autre. Après quelques épisodes annexes, la saga s’était tue pendant plusieurs années. C’est en 2012 que l’on entend parler pour la première fois d’un second opus, mais il fut annulé. Lors de l’E3 2018, GSC Game World revient à l’assaut avec ce fameux S.T.A.L.K.E.R. 2. Après de multiples reports dus à la guerre en Ukraine et à l’incendie de leurs locaux, le titre sort finalement le 5 septembre dernier.
Un territoire hostile
S.T.A.L.K.E.R. 2 s’inscrit comme la suite directe de la saga, déroulant son intrigue après les événements des premiers opus. En 2006, soit deux décennies après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, la région est frappée par une seconde explosion. Celle-ci engendre d’étranges anomalies et des mutations, transformant la Zone en un lieu particulièrement hostile à l’être humain.
C’est dans ce cadre post-apocalyptique que Skif, un stalker ayant récemment tout perdu, s’aventure dans la Zone d’exclusion, espérant y faire fortune en dénichant de précieux artefacts, tout en cherchant à percer le mystère derrière ces phénomènes inquiétants.
GSC Game World a eu la bonne idée de ne pas lier l’histoire de Skif à celle des précédents opus, permettant ainsi aux nouveaux joueurs et joueuses de découvrir S.T.A.L.K.E.R. 2 sans avoir joué aux épisodes précédents, ce qui est une excellente nouvelle.
Les joueurs ont néanmoins un rôle actif dans le déroulement du récit grâce à des dialogues à choix multiples qui influencent l’évolution des missions et peuvent conduire à différentes fins. Malheureusement, l’histoire finit par s’embrouiller, peinant à se démarquer, malgré quelques moments narratifs efficaces mais sans grande surprise.
Une carte immense… mais vide
Dans S.T.A.L.K.E.R. 2, vous avez accès à une carte impressionnante composée d’une vingtaine de régions, soit un terrain de jeu de 60 km². Vous y trouverez diverses villes et leurs habitants, tentant de survivre dans cet environnement hostile. Entre bâtiments en ruine, tunnels effondrés et crevasses béantes, la Zone est une terre dévastée et menaçante.
Cependant, malgré sa taille colossale, le monde semble vide. Il existe certes de nombreuses quêtes secondaires, mais elles n’apportent pas grand-chose en dehors d’un gonflement artificiel du temps de jeu. Les endroits explorables sont peu attrayants, et les récompenses sont limitées.
Il y a aussi très peu de loot : vous trouverez toujours les mêmes objets, comme des bandages, des sérums anti-radiation, de la vodka et des boîtes de conserve. Ce manque de diversité dans le butin enlève toute excitation à l’exploration.
De plus, il y a certaines incohérences dans l’univers du jeu : il existe un système de commerce, mais vous ne trouverez jamais d’argent en fouillant les ennemis que vous venez d’abattre, ce qui est assez absurde.
Un monde vaste mais peu interactif, c’est dommage, car les premières heures nous poussent à explorer… pour finalement pas grand-chose.
L’équipement d’un Stalker
Votre équipement repose sur un sac à dos à capacité limitée, avec un poids maximum à ne pas dépasser sous peine de ralentir drastiquement vos déplacements.
Vous pouvez équiper deux armes principales, une arme de poing, une tenue, un casque, ainsi que divers artefacts qui confèrent des résistances. Malheureusement, ces derniers ne sont pas si utiles.
Chaque arme possède ses propres munitions, qu’il faudra gérer avec attention. L’amélioration du matériel se fait de deux manières :
- Via un armurier en ville, qui améliore votre équipement contre de l’argent.
- Via des objets trouvés en exploration, tels que des chargeurs grande capacité, des silencieux ou des lunettes de visée.
Enfin, vous disposez d’un couteau, d’une lampe torche et d’un détecteur d’anomalies pour naviguer dans la Zone.
Une survie pas si exigeante
Survivre dans la Zone est un véritable défi. Vous serez confronté à des mutants, des bandits, et aux anomalies dispersées un peu partout.
Certaines blessures peuvent entraîner des hémorragies, nécessitant l’utilisation de bandages sous peine de voir votre vie s’amenuiser progressivement. De même, un taux élevé de radiation vous affaiblira, et vous devrez vous soigner avec des médicaments adaptés… ou de la vodka (oui, vraiment).
Cependant, certains aspects sont mal exploités. Par exemple, il faut se nourrir dès que l’icône de faim apparaît… mais cela n’a aucun impact réel sur le gameplay.
C’est le plus gros problème du jeu : il introduit beaucoup de mécaniques, mais ne va jamais au bout. Pas de crafting, pas de gestion avancée des ressources, pas de véritable enjeu de survie. C’est un gâchis, car STALKER 2 avait le potentiel de proposer une expérience bien plus immersive.
Ça use les souliers
L’un des plus gros défauts du jeu, c’est que vous passez votre temps à marcher.
La topographie du terrain est un cauchemar :
- Des anomalies,
- Des crevasses,
- Des zones d’eau infranchissables,
Tout est pensé pour ralentir vos déplacements et forcer des détours interminables.
Aucun véhicule n’est disponible, ce qui est aberrant sur une carte aussi immense. Une moto aurait été une solution parfaite.
Seule alternative : payer un passeur, mais cela nécessite de l’argent et d’avoir déjà découvert les destinations. En bref, préparez-vous à marcher… encore et encore.
Une immersion réussie malgré tout
Malgré ses défauts, S.T.A.L.K.E.R. 2 réussit son pari en termes d’ambiance.
- Les créatures sont terrifiantes, surtout la nuit.
- Le sound design est incroyable : bruits de vent, craquements d’arbres, grognements inquiétants…
- Le cycle jour/nuit est très bien géré et influence réellement la tension du jeu.
Un autre détail intéressant : chaque PNJ possède un prénom, ce qui humanise l’univers et impacte nos décisions.
Le jeu est entièrement doublé en ukrainien, ce qui renforce l’immersion et ancre encore plus le récit dans un contexte historique et culturel fort.
S.T.A.L.K.E.R 2 n’est pas un mauvais jeu, mais il lui manque quelques petites améliorations pour que ça en soit un très bon jeu. Le titre est immersif, beau, l’histoire sympathique, mais à côté, il ne va pas au bout de ses idées. C’est dommage, car avec des mécaniques un peu plus poussées, il aurait pu être excellent.
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