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	<title>Arborescentes T1 - Fiche - LaRevueD&#039;Geek</title>
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		<title>Arborescentes : un conte écologique entre beauté végétale et colère verte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lafureurd’Adrit]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jul 2025 10:40:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critique littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[bragelonne]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Dupuy]]></category>
		<category><![CDATA[magie]]></category>
		<category><![CDATA[mars 2025]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En mars dernier est paru le premier tome d’Arborescentes, une œuvre singulière signée Frédéric Dupuy qui nous propose une véritable ode à la nature et à la féminité. Ce roman nous entraîne dans un univers foisonnant de mystères, de beauté et de plantes aux propriétés étonnantes, mêlant habilement réalisme contemporain, science-fiction et fantasy. Suivi de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>En mars dernier est paru le premier tome d’<i>Arborescentes</i>, une œuvre singulière signée Frédéric Dupuy qui nous propose une véritable ode à la nature et à la féminité. Ce roman nous entraîne dans un univers foisonnant de mystères, de beauté et de plantes aux propriétés étonnantes, mêlant habilement réalisme contemporain, science-fiction et fantasy. Suivi de près par un deuxième tome paru en mai, <i>Arborescentes</i> s’annonce comme une saga en quatre volumes, dont les prochains épisodes sont attendus pour août et novembre 2025. Mais pour l’heure, concentrons-nous sur ce premier tome, point de départ d’un voyage aussi étrange que fascinant.</strong></p>
<h2><strong>Aux portes de l’inconnu : quand le réel bascule dans l’étrange</strong></h2>
<blockquote><p><span style="font-weight: 400;">Certaines vérités sont enfouies pour de bonnes raisons.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il est des endroits dans le monde dont on ne saurait dire qu&rsquo;ils accueillent des enfants tant les environs sont lugubres et les lieux austères. Tel est l&rsquo;orphelinat des Soeurs Aniel. Avec ses grandes fenêtres à barreaux et ses portes en métal aux lourds battants, on croit entrer dans une ancienne prison, ou dans un asile de fous. Ou pire encore, dans une banque.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Petite, boulotte et bougonne, avec des yeux cernés jusqu&rsquo;à l&rsquo;os, Hélène y vit dans une minuscule chambre et n&rsquo;en sort que la nuit. Hélène a juré de ne plus dormir, et c&rsquo;est un travail de tous les instants. Elle est atteinte de la Maladie de la Belle au Bois dormant, qui peut frapper à tout moment et l&#8217;emporter dans un sommeil infini, comme sa mère avant elle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il n&rsquo;existe pas de remède, aucun traitement connu à cette forme de narcolepsie, qui demanderait des dispositifs bien trop coûteux pour le nombre de cas connus en France, même pour des laboratoires aux poches profondes. Même pour les laboratoires Varkoda, dirigés par l&rsquo;inflexible héritier de la famille fondatrice, connu pour s&rsquo;arroger des brevets au prix de la destruction de la jungle équatoriale amazonienne, et au mépris de la vie humaine.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Et pourtant, une étrange infirmière entraîne Hélène dans son sillage, vers un hôpital et un monde aux ressources inexplicables, un lieu extraordinaire, enchâssé dans une forêt introuvable tel un bijou brillant dans un écrin vert, qui lui offrira peut-être un avenir, et un rôle à sa mesure dans le combat fantastique qui s&rsquo;annonce.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Car les forces ancestrales bientôt réveillées par Hélène et Arès Varkoda dépassent l&rsquo;entendement, et l&rsquo;équilibre fragile entre nature et humanité est en péril.</span></p></blockquote>
<p><span style="font-weight: 400;">Le premier tome d’</span><b><i>Arborescentes</i></b><span style="font-weight: 400;"> nous plonge dans un </span><b>univers étrange et déroutant</b><span style="font-weight: 400;">. On peine d’abord à se situer : est-ce notre monde ? Un futur lointain ? Le passé ? Finalement, au fil des chapitres, on trouve nos repères, et l’on comprend que </span><a href="https://www.bragelonne.fr/auteurs/frederic-dupuy/"><b>Frédéric Dupuy</b></a><span style="font-weight: 400;"> s’amuse à brouiller les pistes et à </span><b>mélanger les genres avec subtilité</b><span style="font-weight: 400;">. Même si l’immersion peut sembler difficile au début, on se laisse rapidement happer par l’intrigue et les mystères qui entourent la serre et l’entreprise Varkoda. L’auteur impressionne par son sens du secret, par ses </span><b>ani-méchas fascinants</b><span style="font-weight: 400;">, mais aussi par </span><b>la violence</b><span style="font-weight: 400;"> qui traverse tout le récit : une violence faite à la nature, aux femmes, et qui s’incarne aussi dans les actions de l’héroïne vers la fin du premier tome.</span></p>
<p><a href="https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/AVT_Frederic-Dupuy_8030.webp?ssl=1"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-19427" src="https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/AVT_Frederic-Dupuy_8030.webp?resize=520%2C520&#038;ssl=1" alt="" width="520" height="520" srcset="https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/AVT_Frederic-Dupuy_8030.webp?w=520&amp;ssl=1 520w, https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/AVT_Frederic-Dupuy_8030.webp?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/AVT_Frederic-Dupuy_8030.webp?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w" sizes="(max-width: 520px) 100vw, 520px" /></a></p>
<p><span style="font-weight: 400;">On découvre dans </span><b><i>Arborescentes</i></b><span style="font-weight: 400;"> des </span><b>personnages touchants, complexes et profondément humains</b><span style="font-weight: 400;">, chacun mû par une conscience, des doutes et des objectifs plus ou moins louables. Étrangement, on s’identifie un peu à chacun d’eux — même à Arès, qui cherche désespérément à guérir de sa maladie. Et, au fond, </span><b>qui ne tenterait pas le tout pour le tout face à la mort ?</b><span style="font-weight: 400;"> L’évolution d’Hélène est tout aussi marquante : on la sent </span><b>seule, perdue et vulnérable</b><span style="font-weight: 400;"> au début de l’histoire. Mais à mesure qu’elle découvre le monde, les merveilles de la serre, puis les épreuves de la vie — harcèlement, deuil, violence —, son caractère se forge, </span><b>la transformant en une héroïne forte et singulière</b><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
<h2><b>Un monde végétal enchanteur digne d’un Alice sous LSD</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">L’auteur nous plonge avec minutie </span><b>dans l’univers merveilleux de la serre</b><span style="font-weight: 400;">, un passage particulièrement marquant du roman, car nous le découvrons </span><b>à travers les yeux émerveillés d’Hélène</b><span style="font-weight: 400;">. Chaque détail est soigneusement décrit, donnant vie à un écosystème à la fois étrange et féerique. On y croise les </span><b>Ark’lit</b><span style="font-weight: 400;">, ces créatures-soignantes qui bercent les patient·es, les lavent et changent leurs vêtements grâce à des fils de soie. Les repas, eux, sont servis sur une </span><b>table mille-pattes</b><span style="font-weight: 400;"> qui s’anime toute seule aux heures de déjeuner.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le bestiaire végétal et mécanique est tout aussi fascinant : </span><b>des géraniums catapultes</b><span style="font-weight: 400;">, des plantes plus ou moins accueillantes, mais toutes d’une beauté et d’une originalité saisissantes. Sans oublier les </span><b>oiseaux-écureuils mécaniques</b><span style="font-weight: 400;"> et bien d&rsquo;autres bizarreries fantastiques. Ce passage nous transporte dans </span><b>un univers onirique aux allures de conte</b><span style="font-weight: 400;">, un peu comme si </span><b>Alice au pays des merveilles rencontrait la biotechnologie</b><span style="font-weight: 400;">, où l’émerveillement se mêle à l’inquiétante étrangeté. Un moment suspendu, qui marque une pause poétique dans la noirceur ambiante du récit.</span></p>
<h2><b>Une féminité discrète, mais bien enracinée</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Si la quatrième de couverture évoque une </span><i><span style="font-weight: 400;">ode à la féminité</span></i><span style="font-weight: 400;">, cette promesse peut surprendre tant elle se manifeste de manière </span><b>souterraine, subtile, presque organique</b><span style="font-weight: 400;">. On ne trouve pas ici de grandes déclarations féministes ou de personnages caricaturalement « empowerés ». Ce sont plutôt </span><b>des figures de femmes cabossées, marginales, profondément humaines</b><span style="font-weight: 400;">, qui imposent leur présence par leur résilience et leur singularité. Hélène, alias Méline, avec ses cernes, ses silences et son refus de dormir, incarne une forme de résistance passive, un refus de se plier à l’injonction du repos, de l’abandon, du renoncement. </span><b>Elle lutte à sa manière, par la simple volonté de survivre, de ne pas sombrer, là où tant d’autres auraient cédé.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Autour d’elle gravitent d’autres femmes tout aussi fortes à leur façon : </span><b>l’étrange infirmière-guide</b><span style="font-weight: 400;">, la </span><b>scientifique intrépide</b><span style="font-weight: 400;">, la </span><b>gardienne rugueuse au grand cœur</b><span style="font-weight: 400;">. Elles ne sont pas parfaites, ni lisses, ni idéalisées : ce sont </span><b>des femmes complexes, qui portent en elles des histoires, des douleurs et des ambitions</b><span style="font-weight: 400;">. Le féminisme de </span><i><span style="font-weight: 400;">Arborescentes</span></i><span style="font-weight: 400;"> ne passe donc pas par les discours, mais par </span><b>l’attention portée à ces trajectoires de vie féminines</b><span style="font-weight: 400;">, trop souvent invisibles dans les récits d’aventure. En cela, </span><b>Frédéric Dupuy rend hommage à une féminité plurielle</b><span style="font-weight: 400;">, loin des clichés, profondément ancrée dans le réel comme dans l’imaginaire.</span></p>
<p><a href="https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_1984-1-scaled.jpg?ssl=1"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="aligncenter wp-image-19430 size-large" src="https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_1984-1.jpg?resize=768%2C1024&#038;ssl=1" alt="" width="768" height="1024" srcset="https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_1984-1-scaled.jpg?resize=768%2C1024&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_1984-1-scaled.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w, https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_1984-1-scaled.jpg?resize=1152%2C1536&amp;ssl=1 1152w, https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_1984-1-scaled.jpg?resize=1536%2C2048&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_1984-1-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/www.larevuedgeek.fr/wp-content/uploads/2025/07/IMG_1984-1-scaled.jpg?w=1600&amp;ssl=1 1600w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></a></p>
<h2><strong>La plante-grenouille et les cendres de l’Amazonie</strong></h2>
<p><b>Enfin, </b><b><i>Arborescentes</i></b><b> est aussi une ode à l’écologie, mais surtout un cri d’alarme contre la bêtise humaine.</b><span style="font-weight: 400;"> Le roman aborde des thèmes particulièrement durs, à commencer par la </span><b>déforestation</b><span style="font-weight: 400;">, incarnée par l’entreprise fictive </span><b>Varkoda</b><span style="font-weight: 400;">, prête à </span><b>tout détruire pour s’emparer d’une mystérieuse “plante-grenouille”</b><span style="font-weight: 400;"> aux propriétés médicinales révolutionnaires. Forêts, végétation, villages entiers : rien ne résiste à sa quête de profit. Un passage marquant se déroule au cœur de l’Amazonie, où une </span><b>tribu autochtone voit son village ravagé par les flammes</b><span style="font-weight: 400;">, causées par les interventions brutales de l’entreprise. Le feu dévore tout, obligeant les habitant·es à fuir, </span><b>provoquant des morts et une délocalisation forcée</b><span style="font-weight: 400;">, dans une scène aussi poignante que révoltante.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce drame fictif fait </span><b>écho aux réalités bien concrètes</b><span style="font-weight: 400;"> que connaît notre monde : en 2019, par exemple, les feux de forêt en Amazonie ont atteint un </span><b>pic alarmant</b><span style="font-weight: 400;">, liés en grande partie à la déforestation illégale encouragée par des intérêts agricoles ou industriels. Des peuples autochtones comme les </span><b>Yanomami ou les Munduruku</b><span style="font-weight: 400;"> ont été </span><b>chassés de leurs terres ancestrales</b><span style="font-weight: 400;">, leurs modes de vie menacés, leurs ressources pillées. Le parallèle est glaçant.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais </span><i><span style="font-weight: 400;">Arborescentes</span></i><span style="font-weight: 400;"> va plus loin encore : il dénonce aussi </span><b>la voracité d’une industrie pharmaceutique prête à sacrifier la biodiversité pour produire des médicaments ou des cosmétiques à fort rendement</b><span style="font-weight: 400;">. Dans l’univers du roman, Varkoda est responsable de l’éradication de </span><b>plusieurs espèces végétales et animales</b><span style="font-weight: 400;">, dans l’indifférence totale, simplement parce qu’elles ne présentaient pas d’intérêt commercial… une critique à peine voilée de certaines pratiques bien réelles.</span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Avec ce premier tome d’<i>Arborescentes</i>, Frédéric Dupuy signe un récit foisonnant, hybride et profondément engagé, qui brouille les frontières entre les genres tout en posant des questions essentielles sur notre monde. Derrière l’émerveillement suscité par la serre, les créatures étranges et les paysages luxuriants, le roman déploie une critique acérée des dérives capitalistes, de la destruction écologique et de la violence sociale. En donnant la parole à des personnages complexes, souvent abîmés, mais résilients, l’auteur propose une vision du monde à la fois poétique, politique et profondément humaine. Certes, le récit peut parfois désorienter par sa richesse et son foisonnement narratif, mais c’est aussi ce qui en fait sa force singulière et son originalité. À mi-chemin entre conte écologique, roman initiatique et satire sociale, <i>Arborescentes</i> invite à se perdre pour mieux se retrouver, à rêver tout en réfléchissant, et à s’émerveiller tout en prenant conscience de la fragilité de notre monde. Une œuvre déroutante, ambitieuse et nécessaire, dont on attend la suite avec impatience. Vivement août 2025 pour replonger dans cet univers aussi fertile que dangereux.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.larevuedgeek.fr/arborescentes-un-conte-ecologique-entre-beaute-vegetale-et-colere-verte/">Arborescentes : un conte écologique entre beauté végétale et colère verte</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.larevuedgeek.fr">LaRevueD&#039;Geek</a>.</p>
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