Jurassic World Evolution : Un parc, cinq îles, des raptors, la recette d’un jeu à la fois fun et frustrant

Gérer un parc d’attractions rempli de dinosaures ? Ça a toujours été l’un de mes plus grands rêves — et il est devenu réalité grâce à Frontier Developments. Visuellement, le jeu est plutôt réussi, et la campagne principale est assez sympa à suivre. Pourtant, il manque un petit quelque chose pour vraiment nous accrocher sur la durée.

Une gestion de parc qui s’étend sur plusieurs îles

Pour la petite histoire, vous incarnez le ou la nouveau·lle gestionnaire d’un parc de dinosaures, installé sur une des célèbres îles de l’archipel. Vous êtes accueilli·e par le docteur Ian Malcolm, ainsi que d’autres personnages emblématiques de la saga Jurassic Park, qui vous guideront dans vos premiers pas.

Votre mission ? Faire en sorte que le parc fonctionne comme une machine bien huilée. Pour cela, il vous faudra gérer la diversité des dinosaures, mais aussi les attractions, les infrastructures commerciales (restaurants, boutiques, etc.), sans oublier les besoins des trois grandes divisions du parc :

  • Sécurité

  • Divertissement

  • Sciences

Pour progresser, vous devez remplir différents contrats : créer un certain nombre de dinosaures, atteindre un seuil de bénéfices, satisfaire une division spécifique… Chaque mission réussie vous rapporte des points de réputation, qui débloquent de nouvelles améliorations ou bâtiments à construire.

Mais attention, l’aventure ne se limite pas à une seule île. En tout, vous aurez cinq îles à gérer, chacune avec ses propres contraintes environnementales et ses défis spécifiques.
Certaines îles sont vastes et paisibles, idéales pour développer un parc équilibré. D’autres sont étroites, instables et souvent ravagées par des tornades, ce qui demande une gestion bien plus stratégique.

Une fois toutes les missions principales accomplies (trois par île, une par division), vous avez la possibilité de revenir sur vos anciennes îles pour les peaufiner et tenter d’atteindre les cinq étoiles de satisfaction sur chacune d’elles. Une bonne manière d’optimiser votre parc… ou de corriger les erreurs du passé.

La carte de Jurassic World Evolution
Cinq îles, égal pas mal d’heure de contenus.

Gare aux dinos : une gestion fine… sous haute tension

C’est la partie la plus stratégique du jeu, et, disons-le franchement, la seule véritablement poussée en termes de gestion : celle des dinosaures. Et autant dire que vous allez devoir surveiller vos enclos de très près, sous peine de voir votre parc virer au chaos façon Jurassic Park (version « mauvaise journée »).

D’abord, règle de base : ne jamais mélanger herbivores et carnivores. Cela paraît évident, mais on apprend souvent cette leçon à la dure… 🩸 Ensuite, chaque dinosaure a ses propres besoins sociaux et environnementaux.

Par exemple :

  • Certains dinosaures détestent la foule. Un ankylosaure, par exemple, ne tolère qu’une petite population dans son enclos.

  • D’autres, au contraire, ont besoin de compagnons de leur propre espèce pour se sentir bien. Il faut donc gérer le bon nombre d’individus par groupe social.

  • Il faut aussi prendre en compte la taille de l’enclos et y aménager des zones spécifiques : forêts, prairies, parfois même marécages, selon les préférences de vos pensionnaires.

Côté logistique, il ne faut pas oublier la nourriture et l’eau. Il faudra placer stratégiquement des mangeoires adaptées (herbivore/carnivore) et des points d’eau accessibles.

Mais gare à vous si vous négligez un de ces paramètres. Car si un dinosaure n’est pas satisfait, il n’hésitera pas à casser la clôture et s’enfuir dans le parc. Et là, bon courage : panique des visiteurs, morts à la chaîne, réputation en chute libre… et bien sûr, arrivée des avocats pour vous réclamer des dommages et intérêts bien salés.

Moralité : mieux vaut anticiper que courir après un spinosaure en liberté.

Un troupeau d'herbivores
Les herbivores, moins nerveux que les carnivores ils demanderont cependant beaucoup de congénères.

Un peu de personnel… et beaucoup d’improvisation

Dans Jurassic World Evolution, vous avez deux types d’équipes à gérer pour assurer la sécurité et le bon fonctionnement de votre parc : l’équipe de garde et l’équipe d’intervention. Chacune a ses rôles, ses atouts… et ses limites.

🛠️ Les gardes

Ce sont eux qui se chargent des tâches essentielles du quotidien : réparer les bâtiments endommagés, remplir les mangeoires, soigner les dinosaures malades… Bref, les multitâches de l’ombre.

Globalement, l’équipe de garde fait le boulot. Mais il faut bien le dire : elle a parfois des absences. Il arrive qu’un véhicule reste bloqué sans raison, ou que l’IA décide de prendre le chemin le plus long pour réparer une clôture en urgence. Un brin frustrant dans les moments critiques.

🚁 L’équipe d’intervention

Plus impressionnante, l’équipe d’intervention survole le parc en hélicoptère et s’occupe de neutraliser les dinosaures menaçants à l’aide de fléchettes hypodermiques.

Problème : on dirait qu’ils ont mis un stagiaire au fusil tranquillisant. Si vous laissez faire l’IA, la moitié des tirs ratent leur cible. Heureusement, il est possible de prendre le contrôle manuel de l’hélicoptère (et des jeeps de garde), pour viser vous-même. Une option bien plus efficace — et bien plus fun — surtout quand un tyrannosaure commence à se sentir un peu trop libre.

Ces hélicoptères ne sont pas équipés de mitrailleuse, vous ne pourrez pas tirer sur l’Indominus Rex !

Satisfaire les visiteurs : l’autre défi du parc

S’occuper des dinosaures, c’est une chose… mais garder les visiteurs heureux, c’en est une autre. Dans Jurassic World Evolution, vous devez aussi veiller à leur confort, leur sécurité et leur niveau de satisfaction pour espérer atteindre les fameuses cinq étoiles.

La clé, c’est la variété :

  • Variez les types de dinosaures (carnivores, herbivores, petits, grands…)

  • Multipliez les attractions, comme les gyrosphères ou les plateformes d’observation

  • Ajoutez des magasins, restaurants, boutiques de souvenirs et autres activités récréatives

N’oubliez pas non plus les indispensables du quotidien :

  • Des toilettes (oui, même dans un parc de dinos, c’est utile)

  • Des abris à intervalle régulier, pour protéger les visiteurs en cas de tornade ou de dinosaure un peu trop baladeur

Et pour éviter qu’ils marchent pendant des heures (ce qui finit par les rendre grognons), pensez à installer des moyens de transport : monorail, jeep de safari… Parce que oui, marcher, c’est long, et vos visiteurs ont payé pour du frisson, pas pour une randonnée.

Un manque de gestion là où on l’attendait

Malgré une gestion assez poussée des dinosaures et du service aux visiteurs, Jurassic World Evolution souffre d’un manque flagrant sur un aspect pourtant central dans les jeux de gestion : la gestion du personnel.

En effet, vos équipes de garde et d’intervention ne font que répondre aux ordres directs. Impossible de leur assigner des zones de patrouille automatiques, ce qui aurait pourtant été logique. En cas de problème, elles attendent qu’on leur dise quoi faire, au lieu d’intervenir d’elles-mêmes de manière proactive.

Autre déception : on ne choisit pas son personnel. Le jeu aurait gagné en profondeur s’il avait proposé une sélection de profils variés : conducteurs, soigneurs, réparateurs, tireurs d’élite… Un système de notation ou de compétences aurait même pu enrichir l’expérience (par exemple : un agent très compétent coûte plus cher, mais agit plus vite et plus efficacement).

Quant à la gestion des magasins et activités, elle reste superficielle. On peut augmenter le nombre de vendeurs pour accueillir plus de visiteurs, mais là encore, aucune gestion fine n’est possible : pas de planning, pas de profil, pas de stratégie d’optimisation. C’est un peu dommage pour un jeu qui se veut axé sur la simulation.

Des DLC bien pensés pour prolonger l’expérience

Jurassic World Evolution propose plusieurs DLC (contenus téléchargeables) pour enrichir l’expérience de jeu. En dehors des classiques packs de dinosaures, qui ajoutent simplement de nouvelles espèces, trois extensions scénarisées sortent clairement du lot. Chacune d’elles apporte un vrai contenu narratif, de nouveaux défis et des mécaniques inédites.

🌿 Le sanctuaire de Claire

Dans ce scénario, vous incarnez Claire Dearing dans une mission de sauvetage : l’île est sur le point d’exploser, et vous devez évacuer un maximum de dinosaures dans un temps limité. La pression est réelle, surtout que si vous échouez lors d’une mission sur la première île… vous devrez tout recommencer depuis le début. De quoi pimenter l’expérience !

Une fois les créatures mises à l’abri, vous êtes chargé·e de créer un nouveau parc sur une île exclusive. L’originalité de ce DLC repose sur la gestion des mangeoires : cette fois, vous choisissez précisément les plantes préhistoriques à donner à vos herbivores, ce qui ajoute une vraie dimension stratégique.

🦖 Retour à Jurassic Park

Le nom parle de lui-même. Ce DLC vous fait revivre l’ambiance du tout premier film de 1993. L’action se déroule sur l’île d’origine, avec des bâtiments fidèles au long-métrage, des dinosaures au look rétro, et même le retour de personnages emblématiques comme John Hammond, Ian Malcolm ou encore Ellie Sattler.

L’effet nostalgie fonctionne à merveille, et les missions sont agréables à suivre. Le grand atout de ce DLC : l’arrivée des volières, qui permettent enfin d’héberger les ptéranodons. Une belle évolution pour les fans de créatures volantes !

🧪 Les secrets du Dr. Wu

Dans cette extension, vous êtes invité·e sur une île secrète, bien que – paradoxalement – ouverte au public (cherchez l’erreur). Vous collaborez avec le Dr. Henry Wu, célèbre pour avoir conçu l’Indominus Rex dans les films.

Ici, place aux expériences génétiques : vous pouvez mélanger l’ADN de différentes espèces pour créer de nouveaux hybrides. Imaginez un croisement entre un ankylosaure et un diplodocus… Le résultat est à la fois étrange et fascinant, et renouvelle vraiment le gameplay.

Chacun de ces DLC apporte son lot de nouvelles espèces, de mécaniques spécifiques et de bâtiments inédits, que vous pouvez ensuite utiliser dans les îles du jeu principal. Si vous avez aimé l’expérience de base, ces extensions valent clairement le détour – que ce soit pour le challenge, la nostalgie, ou la folie scientifique.

Les dinosaures que vous pouvez créer.
Le Spinoraptor et le Stégocératops, deux spécimens créés exclusivement pour le jeu.

Un bestiaire qui manque (encore) de mordant

Même si le jeu de base propose une belle variété de dinosaures terrestres, et que les DLC viennent enrichir le catalogue avec de nouvelles espèces, il faut bien l’avouer : la diversité reste limitée.

On parle ici de Jurassic World Evolution, un jeu censé faire rêver les fans de la franchise… et pourtant, les dinosaures volants et marins sont quasiment absents. Mis à part l’arrivée des ptéranodons dans le DLC Retour à Jurassic Park, aucune véritable volière n’est intégrée au jeu de base, et les espèces aquatiques iconiques comme le Mosasaure sont totalement absentes.

C’est d’autant plus frustrant que le film Jurassic World (2015) nous montrait clairement une diversité bien plus grande, avec des séquences cultes mettant en scène des reptiles marins et aériens. On aurait aimé retrouver cette richesse dans le gameplay.

Bref, un potentiel inexploité qui laisse un petit goût d’inachevé pour les fans de paléontologie et les collectionneur·euses de dinosaures en tout genre.

Jurassic World Evolution est un bon jeu, mais il donne parfois l’impression de coller un peu trop à son statut de jeu à licence, plutôt que de s’imposer comme un véritable poids lourd de la gestion. Malgré quelques défauts notables — comme le manque de variété d’espèces, une IA parfois capricieuse, et des mécaniques de gestion un peu superficielles — j’ai tout de même passé de très bons moments dans mon parc rempli de créatures préhistoriques. Mais soyons honnête : c’est peut-être aussi parce que je suis (beaucoup) trop fan des films. Si vous aussi vous avez grandi avec Jurassic Park et que vous rêviez de construire votre propre parc à dinos, vous devriez y trouver votre compte. Les autres, en revanche, risquent de rester un peu sur leur faim.

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