Le film d’animation Blue Giant est tiré d’un seinen de Shin’ichi Ishizuka. Ce manga a été publié entre 2013 et 2016 et pour la première fois adapté au cinéma en ce mois de mars 2024. C’est Yuzuru Tachikawa qui s’est chargé de la réalisation, homme que l’on a pu voir plusieurs fois sur divers longs-métrages du Détective Conan. Ce film met en avant la musique et surtout le jazz, c’est Hiromi Uehara, une musicienne pianiste dans le jazz. Plongeons dans ce long-métrage animé qui cherche à nous en mettre plein les oreilles et, visiblement, plein la vue !

Un jour, je serai le meilleur musicien

Dans Blue Giant, on suit l’histoire de Dai Miyamoto, un jeune homme de 18 ans, passionné par le jazz. Au début du film, celui-ci quitte son père et sa petite sœur pour partir à Tokyo afin de vivre de sa passion et de devenir le plus grand musicien du monde.

Dai Miyamoto

Une fois dans la mégalopole japonaise, Dai découvre les joies et les déboires des grandes villes. Bâtiment immense, le monde, les règles du métro, les sans-abris qui dorment à même le sol, la circulation, etc.

Sur place, il crèche chez un vieil ami à lui qu’il a connu au collège. Si la colocation est compliquée au début, les deux compères vont finir par se retrouver grâce à la musique. Entre-temps, Dai parcourt les différents bars de jazz en ville et fait la rencontre de Sawabe, un talentueux pianiste.

À eux trois, ils décident de lancer un groupe de jazz, JASS, très vite, ils vont réussir à se faire connaître.

JASS

La vie d’artiste

Durant tout le film nous allons voir au début Dai, seul, puis plus tard accompagné, vivre les joies et les complications de la vie de musiciens.

Dai au début en solo, joue sous un pont pour s’entraîner, jusqu’à tard dans la nuit. Il enchaîne aussi des boulots très durs physiques afin de gagner sa vie et payer un loyer à son ami. Les entraînements sont durs et on peut voir les séquelles physiques qu’ils laissent sur les mains de notre artiste.

Une fois le groupe formé, les trois amis vont connaître certains plaisirs, mais aussi certaines difficultés. Le plus compliqué au début est de se faire connaître, distribution de flyers, créations de réseaux sociaux, concerts devant une salle vide. Les débuts sont compliqués, mais chaque représentation permet au groupe de se rapprocher et s’améliorer. La joie arrive avec les représentations dans les grandes salles, l’engouement du public et des maisons de disques. Le réalisateur et les comédiens de doublage nous font vraiment ressentir cette magnifique cohésion de groupe.

Mais le groupe va aussi devoir faire face à ses complications en interne avec les émotions et humeurs de chacun.

Blue Giant : Une animation sublime

Blue Giant est vraiment magnifique, l’animation est juste sublime et on s’épanouit à découvrir Tokyo en même temps que Dai. Les dessins regorgent de détails que ce soit dans les paysages ou sur le visage des personnages. 

L’animation nous met une claque aussi pendant les concerts du groupe. On en oublie alors le public pour se concentrer sur la performance des trois artistes et surtout celle de Dai. On nous place alors le héros au centre de l’écran sur un fond noir, où le voit jouer et rythmer ses pas et son corps dans le tempo de sa musique.

Malgré la noirceur du fond, ces scènes sont très colorées, le noir en arrière-plan fait ressortir les autres couleurs. Les habits de Dai, mais surtout son saxophone, couleur or. Le dessinateur s’amuse alors avec les couleurs en les faisant exploser, c’est vraiment magnifique.

Les scènes de concert, une complication pour la production

Environ un quart du film est consacré aux scènes de concert live, ce qui a considérablement compliqué la production. Du fait de la nature même d’une performance de jazz, impossible à reproduire à l’identique en studio, l’enregistrement de la bande originale s’est avéré être un défi majeur.

L’objectif était de créer des séquences de plusieurs minutes entièrement basées sur des performances de jazz en live. Ces séquences devaient être capables de captiver l’attention du spectateur, y compris ceux qui ne sont pas familiers avec ce genre musical. 

L’autre défi consistait à retranscrire fidèlement la performance des musiciens. Pour ce faire, les musiciens ont été filmés pendant leurs sessions d’enregistrement, et la motion capture a été utilisée pour créer des modèles 3D. De plus, les animateurs se sont inspirés de diverses vidéos de concerts de jazz pour parfaire leur travail.

Blue Giant est un chef d’œuvre des films d’animation de ces dernières années. Une patte graphique magnifique, un film qui nous fait voyager aussi bien visuellement que musicalement. Il s’adresse à tout type de public que vous soyez ou non-familier avec la musique jazz.

Articles similaires
Aller au contenu principal